Bonjour monsieur Dion,
Je partage entièrement cette approche d’entente
possible avec le Canada advenant l’indépendance. Il me semble que c’est
aussi une proposition que monsieur Lévesque avait soumise lors d’une
rencontre avec des premiers ministres au Nouveau Brunswick je crois en 1977, je
peu me tromper cependant.
Mais nous sommes loin de la soupe aux lèvres.
Ce qui compte pour le moment, c’est de reprendre le bâton de la route de
l’indépendance. Nous avons si peu de chefs actuellement pour faire cette
bataille, qu’il nous faut toutes ces personnes qui ont l’intelligence
et la parole pour véhiculer les argumentaires indépendantistes. Et Gilles
Rhéaume est une de ces personnes. Je suis aussi surpris de constater que notre
ami Gilles ne fasse pas équipe avec notre autre ami, Patrick Bourgeois pour
mener le combat ensemble. Pourquoi ces personnes prennent-ils des chemins
différents? Est-ce les égos qui les éloignent les uns des autres ou est-ce tout
simplement, une question de perceptions qui sont totalement différentes pour
arriver au même but. Pourtant la bataille pour le pays devrait rassembler tous
ceux qui aspirent à la réalisation de notre grand rêve à tous. Il n’y a
pas de routes différentes à suivre, il y a tout simplement l’engagement
de prendre la route du pays. Plus nous serons solidaires, plus nous serons une
force à considérer.
Je constate que certaines personnes comme
notre ami Gilles pourtant indépendantiste depuis toujours, aient cette
propension pour des actions qui relève plus de la survivance que l’affirmation
de tout un peuple à se prendre en main. Il me semble que nous avons tellement à
faire ici au Québec pour convaincre les québécois de la nécessité du pays, qu’il
ne faille avoir recours à la survivance des franco-canadiens. Nous ne voulons
pas une survivance, nous voulons nous affirmer et cela passe par un pays à
nous. L’intention n’est pas mauvaise, mais elle rate complètement
l’esprit même de la démarche indépendantiste. Faut-il rappeler ce qu’est
cette démarche?
Je vous réfère aux normes du théoricien et
historien, Maurice Séguin, (Les Normes de Maurice Séguin instigateur des normes
sur le néo-nationalisme, Guérin 1999) pour mieux comprendre quelles sont les
démarches à suivre pour que le mouvement indépendantiste mène sont combat par
la compréhension du discours et des moyens pour y arriver. Je vous réfère à la
page 159 (La nation au sens intégral) des Normes pour mieux comprendre, que les
franco-canadiens, n’auront jamais cette possibilité de faire parti d’une
nation qui répond à leur identité comme peuple, alors que cette possibilité
existe pour le Québec. C’est le retour à cette approche que nos amis
comme Gilles, doivent travailler. C’est aussi ce que nos amis les
bloquistes évitent en tenant un discours comme ce député bloquiste sur une
résolution présentée et adoptée à son assemblée annuelle de son comté. Une résolution
qui demande au parlement canadien de modifier la constitution canadienne pour
faire en sorte que la députation québécoise soit toujours représentée à 25 % à
la chambre des communes. Ou encore, une autre résolution qui demande au même
parlement, de faire en sorte que toutes entreprises sous juridiction fédérale,
respecte intégralement la Charte québécoise de la langue française. Où est le
discours indépendantiste dans ces demandes de la part du Bloc? C’est
certainement pour faire comprendre aux québécois qu’ils ne peuvent
retirer rien d’Ottawa, mais pour le moment les québécois se servent du
Bloc pour encore un certain temps, mais cela ne pourra durer longtemps. Les
gens de la région de Québec l’ont compris en votant pour les
conservateurs et l’ADQ.
Ça déraille sérieusement du discours
indépendantiste toutes ces interventions que ce soit de notre ami Gilles ou du
Bloc Québécois. Est-ce un repli pour certains ou une intervention chirurgicale
de dernier recours, ou encore pour le Bloc, de l’opportunisme
électoraliste.
Outaouais
De :
Envoyé : 2 juillet 2008 11:14
À :
Objet : [AGQ-2] Re : Tragédie
de l'Acadien II: Nouvelles...
--- Dans
>
> La
seule façon d'assurer une certaine survie des franco-canadiens , passe
> par l'indépendance du Québec et des négociations de réciprocités quand aux
> droits des anglo-québécois versus les droits des franco-canadiens. Dans
le
> contexte canadien actuel, il n'y a pas de rapport de force entre les deux
> communautés pour établir un équilibre de représentations des parties en
> cause. Les francophones hors Québec, n'ont plus de pouvoir politique pour
se
> faire respecter. Nous savons qu'ici même au Québec, nous sommes dans une
> situation vulnérabilité quand à notre propre avenir.
> Les franco-canadiens sont et resterons toujours minoritaires dans le Canada,
> quelque soit les démarches qui sont entreprises pour conserver leurs
langue
> et culture de francophones. Faire appel aux québécois dans un contexte de
> minoritaire comme celui des francophones dans le reste du Canada, c'est par
> la même occasion conserver notre statut de minoritaire dans le contexte
> canadien. Il me semble que c'est une question de logique et de
bon sens.
> C'est de cette situation que nous voulons quitter la fédération
canadienne,
> n'ont pas utiliser les outils de minoritaires mises à notre disposition
par
> le fédéral en sachant, que nous seront toujours une minorités qui fera
appel
> à lui pour sauvegarder son identité. C'est avoir un comportement de
colonisé
> que d'agir dans un tel contexte.
[JLD]
J'ai traité de cette question de réciprocité dans un article qui
a été publié dans L'Action Nationale
d'avril 1991, soit 4 ans avant le référendum volé...
Voici cet article que j'ai numérisé pour votre information.
J.L. Dion
* * * * *
Les francophones du Canada:
un cas de nécessaire réciprocitéJean-Luc DION, ing.
Université du Québec à Trois-Rivières
L'Action Nationale, vol. 81, numéro 4, avril 1991, p. 549-556