Signature réclamée
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2008/09/13/002-manif-autochtones.shtml
Une centaine de membres de communautés autochtones du Québec et du Labrador ont profité de la campagne électorale fédérale pour réclamer une reconnaissance de leurs droits fondamentaux.
L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a en effet organisé, samedi à Montréal, une manifestation visant à rappeler l'adoption par l'ONU, le 13 septembre 2007, de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.
Pas moins de 144 pays ont signé cette déclaration, mais pas le Canada, ni les États-Unis, la Nouvelle-Zélande ou l'Australie.
Les manifestants, notamment des Atikameks de Wemotachi, en Mauricie, des Innus et des membres de groupes comme Femmes autochtones du Québec, dénoncent le refus du gouvernement conservateur sortant d'apposer sa signature, il y a un an.
Fruit de 20 ans de travail, la déclaration porte notamment sur une plus grande autodétermination et un plus grand accès au territoire et aux ressources pour les peuples autochtones. Le gouvernement du Canada a refusé de signer le document, craignant qu'il confère trop de pouvoirs aux Autochtones en matière territoriale.
Du même coup, l'APNQL a rappelé ses revendications aux différents partis politiques prenant part à la présente campagne électorale. La reconnaissance des Premières Nations, la conclusion d'accords territoriaux, fiscaux et financiers, ainsi que le remplacement de la Loi fédérale sur les Indiens par une Charte des Premières Nations.
Au classement des pays en fonction de l'Indice de développement humain, le Canada figure dans les cinq premiers rangs. Le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, soutient que la situation est très différente lorsqu'on tient compte des conditions de vie dans les communautés autochtones. « Si on regarde la situation des Premières Nations de façon plus spécifique, le Canada prend un recul et se classe, je pense, près du 70e rang. Je pense que c'est une démonstration que le respect des droits des peuples autochtones au Canada n'est pas là », martèle M. Picard.
L'APNQL interpelle donc les principaux partis politiques pour qu'ils prennent position au sujet de la déclaration de l'ONU. Jusqu'à présent, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, s'est engagé à signer la déclaration.