Des déclarations malheureuses éclaboussent Harper
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La campagne réglée au quart de tour du chef conservateur Stephen Harper été à nouveau entachée jeudi par des propos controversés qui ont volé la vedette aux propositions et aux promesses.
Après le ministre de l'Agriculture Gerry Ritz, toujours sur la sellette en raison de ses blagues de mauvais goût sur la listériose, une employée du ministre Lawrence Cannon a en effet été forcée de s'excuser pour ses propos jugés désobligeants envers un autochtone.
L'adjointe en question, Darlene Lannegan a suscité la colère des Algonquins du Lac-Barrière, dans la région de Maniwaki, en acceptant d'organiser une rencontre entre M. Cannon et des membres de la communauté à la condition que le groupe «se comporte bien, soit sobre et ne génère pas de problèmes».
Le jeune homme à qui elle s'est adressé, Norman Matchewan, est enseignant et policier à temps partiel. Il venait d'assister au lancement de la campagne de M. Cannon en compagnie d'une dizaine de manifestants et quittait les lieux de l'événement quand Mme Lannigan l'a abordé.
Ses confrères et lui militent depuis des mois pour faire respecter la démocratie sur leur réserve, où les conditions de vie sont très difficiles. M. Matchewan dit avoir tenté à plusieurs reprises d'obtenir une rencontre avec M. Cannon pour en discuter, mais ses démarches se sont toutes soldées par un échec.
Le groupe reproche à Ottawa d'avoir renié ses engagements et de contribuer à maintenir au pouvoir des leaders dont la population ne veut plus.
Devant le tollé soulevé par la réponse de son employée, que certains n'ont pas hésité à qualifier de raciste, le bureau de Lawrence Cannon s'est rapidement excusé et a assuré que ces paroles ne reflétaient pas l'opinion du gouvernement du Canada.
«Ces commentaires ont été faits dans un contexte difficile. C'est regrettable», a ajouté l'attachée de presse Catherine Loubier.
Cela n'a toutefois pas suffi à apaiser M. Matchewan qui voit dans ce commentaire une autre illustration du «mépris des conservateurs» pour les autochtones.
«Rien ne justifie le racisme», a indiqué le jeune homme de 25 ans, dans un communiqué de presse émis en fin de journée.
Et les déclarations émanant de l'entourage de Stephen Harper ne réussiront sans doute qu'à attiser sa colère.
Dans un courriel transmis à La Presse Canadienne en fin de journée, un porte-parole de M. Harper, Dimitri Soudas, a en effet refusé d'admettre que Mme Lannegan avait prononcé des paroles péjoratives et offensantes. Il a qualifié «d'allégations» le récit qu'a fait M. Matchewan de l'incident.
Pourtant, le réseau de télévision APTN, le réseau de télévision des Premières Nations filmait l'échange et ouvrait même son bulletin de nouvelles de mercredi avec un reportage sur le sujet.