Le président de la Commission sur les pensionnats autochtones démissionne
TORONTO — Le président de la Commission de vérité et de réconciliation des pensionnats pour autochtones a remis sa démission, lundi, en raison d'un conflit interne.
Le juge Harry LaForme, de la Cour d'appel de l'Ontario, avait été nommé président de la commission en avril.
Dans une lettre envoyée lundi au ministre des Affaires autochtones, Chuck Strahl, M. LaForme affirme que la commission est "au bord de la paralysie" parce que ses commissaires ne reconnaissent pas son autorité.
La commission, mise sur pied dans le cadre d'un accord d'indemnisation de 1,9 milliard $ avec les anciens élèves des pensionnats fédéraux, a été mise en place le 1er juin. Elle vise à recueillir, pendant environ cinq ans, les témoignages d'anciens élèves.
Pendant une bonne partie du siècle dernier, environ 150 000 enfants autochtones à travers le pays ont été envoyés dans des pensionnats fédéraux, où plusieurs d'entre eux ont été victimes de sévices et d'agressions sexuelles. On estime qu'environ 80 000 anciens pensionnaires sont toujours vivants.
Le juge LaForme avait déjà critiqué publiquement le fonctionnement de la commission. En juillet, il disait craindre que l'ingérence politique ou bureaucratique puisse compromettre les travaux. Il soutenait que la commission ne pouvait se permettre d'être freinée par des contraintes bureaucratiques, et que les commissaires, et non le gouvernement, devaient pouvoir décider de la façon de dépenser leur budget de 58 millions $.
Un porte-parole a indiqué que M. LaForme n'accorderait pas d'entrevues aux médias. Aucun représentant de la commission n'a pu être joint lundi.