Les autres partisans du "oui" sont encore sur la réserve. Le président (PRG) du conseil général de Haute-Corse, Paul Giacobbi, attend que soit connu, vers le 10 juin, le mode de scrutin de l'élection de la collectivité unique, pour entrer en campagne. Mais des élus UMP, officiellement pour le "oui", sont soupçonnés d'agir en sous-main pour le "non". La raison en est simple. Comme l'a dit un membre de l'Assemblée de Corse à ses collègues, la suppression des départements et la parité entre les hommes et les femmes va provoquer la mise à l'écart de plus de 60 % des élus actuels. Récemment, une note des Renseignements généraux d'Ajaccio pointait ce faible engagement des partisans du "oui" au point d'en faire un sujet d'inquiétude.
Pascal Ceaux
(Robert : Dans le cas de la Corse, on se rend compte que la France joue toutes ses cartes. Elle est présente, trop ? Que faut-il y voir ? )
Robert Bertrand
----- Original Message -----From: ShirleyCc: Michel FaubertSent: Friday, May 30, 2003 9:36 AMSubject: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] La France n'y était pasLa France craint la montée du régionalisme dans l'Hexagone. Ce régionalisme est présent en Bretagne, laquelle tend à se rapprocher de l'Angleterre, sa voisine d'en face, afin d'acquérir davantage de poids politique et de crédibilité. Les Bretons sont descendants des Celtes qui occupaient l'Angleterre avant d'en être chassés par les Saxons et considèrent encore les îles Britanniques comme leur fief. Les Normands aussi considèrent l'Angleterre comme leur fief, sauf que leurs ancêtres s'étaient auparvant soumis au roi de France, lors du traité de Saint Clair sur Epte, en 911, je crois, entre Hrolfe et Charles Trois dit le Simple. Par la suite, les Normands ont conquis l'Angleterre, avec leur victoire à Hastings en 1066 et sont allés chercher les Bordelais pour leur aider à gérer le nouveau royaume. Ces événements se sont produits hier et qu'on se le dise. Car ce qui est arrivé dans le passé est actuel par rapport au présent, puisque le passé, le présent et l'avenir ne font qu'une seule et même existence. Les contextes et les situations changent, afin d'imposer à chaque génération des défis de taille à relever, mais les principes sont toujours les mêmes. Ce sont des certitudes opératives et des universaux.Dans les conditions actuelles, avec la prise de conscience des Aquitains de la nécessité d'acquérir le statut reconnu d'État, le gouvernement de Paris a été obligé, de bonne ou de mauvaise grâce, à reconnaître à l'Aquitaine une quasi souveraineté, du moins, un gouvernement régional doté de pouvoirs économiques suffisants pour gérer les affaires de l'ancien duché, dont personne n'a oublié l'histoire.Encore une fois, l'Angleterre est présente en Aquitaine.Après tout, plus de mille ans de relations commerciales, et d'échanges de vins et produits de la terre contre les tweeds(tissus de Calédonie en français) importés d'Angleterre, ont profondément influencé les habitants de la région, en particulier Bordeaux, où vivent plus de 22,000 Anglais à l'heure actuelle, comme me l'affirmait ma fille Pauline, qui vit en France depuis plusieurs années. Elle est spécialiste en logiciels et travaille partout où on lui donne des contrats.Elle passe beaucoup de temps dans le Sud-Ouest, où elle a donné des cours de logiciels à des Écossais venus pour apprendre ce qui se fait ailleurs que chez eux. Elle habite près de Granville en Normandie et ses voisins sont des Anglais qui ont acheté des propriétés normandes et quivont chaque jour travailler en Angleterre. Ils parlent tous français. Comme quoi la réalité n'est pas aussi idéale qu'on est porté à le penser.Il ne faut pas oublier que la dynastie des Plantagenets, originaires de Bordeaux, a donné une série de rois à l'Angleterre, en commençant par Henri de Plantagenet, qui devint Henry The Second, King of England, avec sa femme, Éléonore d'Aquitaine, en 1122 si ma mémoire est bonne.Je pense aussi à la Corse dont je ne sais trop à quelles conclusions je dois en arriver.Tous ces indices me semblent suffisants pour expliquer pourquoi le gouvernement de Paris ne se risquerait pas à reconnaître même implicitement, une souveraineté nationale comme celle du Québec, par un geste done la dimension politique est indéniable. D'autre part, il ne peut nier ni renier le Québec non plus. Il est pris entre plusieurs feux, si j'ose le dire. Celà explique, mais ne justifie pas, le comportement ambigu de la France envers le fils de madame Ferretti.Je vois que le jour où nous aurons gagné notre élection référendaire, dans quatre ans ou moins, la France aura à se prononcer. Et il est possible qu'elle le fasse avec des mots réservés et mesurés. La politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité, en tout temps et en tous lieux. Cet axiome géopolitique a été prouvé à de multiples reprises.À cet égard, je vais vous raconter une petite histoire que je cite de mémoire, non vérifiée, mais que j'ai lue quelque part au sujet de Camillien Houde, sans doute dans le livre biographique écrit il y a plus de 40 ans par Hertel LaRocque, son organisateur politique, huguenot de surcroît.L'incident serait arrivé dans les années trente. Camillien Houde s'est rendu en Angleterre pour se plaindre des abus et mauvais traitements infligés aux Canadiens français par les Anglais du Canada et a trouvé moyen de rencontrer Winston Churchill. Après l'avoir écouté un certain temps, Churchill a ouvert un petit cabinet, en a sorti deux verres et une bouteille de Vermouth et a dit à Camillien Houde:"Do you like vermouth?"Camillien Houde en est sorti vexé et pourtant, il n'avait nulle raison de l'être. Le geste de Churchill était politique et voulait dire: "Vous n'êtes absolument pas en position de force et en conséquence, je ne puis rien faire pour vous.Veuillez donc accepter cette courtoisie de ma part."La position du Québec n'était pas même suffisante pourpermettre une représentation de poids auprès d'un organisme tel que le gouvernement impérial britannique.Rien ne sert de s'émouvoir. Il faut connaître le jeu impitoyable de la politique et savoir en jouer, autrement, on va rester dans notre coin et pleurer comme des enfants.À la prochaine élection générale au Québec, il faut que cette élection soit référendaire et qu'elle place le gouvernenent élu du Québec en position de force, sans équivoque, dans le Québec d'abord, en face des autres provinces ensuite, et dans la communauté internationale par après. Partant, le Québec doit inciter les autres provinces à reconnaître le Québec comme un État, quittes pour nous à en faire autant ensuite, non seulement avec les provinces anglaises mais aussi avec les états américains en passe de devenir États avec la majuscule et qui vont demander d'être reconnus. C'est celà le grand jeu politique de Machiavel. C'est un jeu impitoyable. Ce n'est pas un jeu d'enfant ni d'adolescents.La leçon de cette expérience est claire: nous devons travailler de toutes nos forces sur l'argumentaire de l'État du Québec, cesser nos revendications et parler pouvoirs, seulement pouvoirs et pas autre chose que pouvoirs et principes d'effectivité liés à la conduite des États.C'est celà et rien d'autre, où ce sera encore des échecs qui vont nous faire bien plus mal que les menaces des sbires d'Ottawa, qui ont cessé de me faire peur depuis longtemps.Je recommande à toutes celles et tous ceux qui ont accès à l'Internet et l'instrument de recherches Google de taper simplement: Aquitaine et de constater sommairement qu'il existe bel et bien un gouvernement régional sous la direction de Bordeaux dans ce coin de l'Hexagone. Nous avons tous de précieuses leçons de choses à en tirer.Les Aquitains ont l'expérience de l'État, avec majuscule, puisqu'ils ont été impliqués à fond de train dans l'État français et dans l'État anglais en même temps. Comme nous l'avons été nous-mêmes. Leurs ancêtres Wisigoths ont fondé le premier État espagnol. Sans doute, les Aquitains se sont instruits chez les Romains.Ce genre de grand jeu est taillé à notre mesure, Québécois(es) et qu'on s'y embarque à notre tour.René Marcel Sauvé