Je reproduis, ici, une intervention de M. Pierre Bouchard, Esc. qu'il a fait paraître sur le site de la souveraineté-info à la page suivante :
M. Bouchard fait suite à deux messages que j'ai transmis, sur ce même fil de discussions. Le premier message de M. Sauvé présentait les douze principes de la stratégie
Et le deuxième message sous le titre de Éducation/action qui a paru sur
Comme il entre au vif de la discussion, il m'apparaît important de faire suivre ici, ce message de M. Bouchard.
J'ai également invité M. Pierre Bouchard à faire partie de notre groupe de discussions de même que Madame Béatrice Nadeau qui vient certainement lire, à l'occasion, les messages qui sont présentés ici.
La parole à M. Bouchard.
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Bonjour, j'interviens ici à l'invitation de Mme Béatrice Nadeau, qui a découvert mon site et qui m'a fait découvrir ce forum. Elle me demande mon avis sur ce qu'est l'Agir, à la suite des propos de M. René-Marcel Sauvé. Bien que je n'aie aucun titre m'autorisant officiellement ces quelques libertés d'opinion, je m'exécute. Pardonnez-moi, c'est un peu long.
L'Agir. Penser l'utile seulement, c'est-à-dire arriver à un point où on cesse d'examiner les alternatives pour enfin procéder. La Pensée sans l'Agir ne vaut pas grand chose, c'est pelleter des nuages, mais le contraire est aussi vrai, Agir sans Penser, c'est faire des niaiseries. Bon, on peut faire beaucoup de rhétorique là-dessus. J'ajoute qu'un Acte peut aussi être une idée exprimée seulement, au bon moment et au bon endroit. Un texte, un discours, une entrevue qui contribue à ce que les choses changent quelque peu, évoluent, participe de l'Agir.
Je connais un petit peu M. Sauvé pour avoir brièvement visité son site et surtout pour l'avoir lu de temps en temps dans le journal Le Devoir et le site Vigile. J'apprécie toujours son point de vue pragmatique et souvent original. Dans le texte présenté par M. Robert Bertrand le 2 juin dernier, il nous dit "Un principe est l'élément de la forme d'un acte. Or, la forme est principe du mouvement". Je comprend en lisant les exemples qui suivent. Il veut dire que nous vivons, pensons et agissons selon ce que nous sommes, c'est-à-dire d'une manière qui nous est propre, personnellement ou collectivement, à cause de notre conditionnement (nous avons tous un conditionnement, différent selon les lieux et les époques) qui nous a façonné toute notre vie. En tout cas c'est ce que je crois, moi. "Nous sommes ce que nous furent, et nous serons ce que nous sommes" ai-je déjà dit quelque part dans mon site. Cela me parait évident. L'Agir n'est pas autrement, nous agissons comme nous pouvons le faire. Notre indifférence à ce qui nous arrive favorise notre propre extinction, c'est-à-dire que si nous ne combattons pas, ça n'empêche pas que sommes tout de même combattus; alors mathématiquement, nous courrons à notre perte.
Cela est évident aux souverainistes mais les autres n'ont pas le même angle de vue. Ils n'ont pas tort ni raison et nous non plus. Il nous faut admettre qu'à cause de leur poids, jamais nos pédagogies ne prendront racines, les pédagogies adverses ont la faveur des médias. Non, notre seule chance est d'agir justement. Poser des gestes concrets, des actes qui font qu'après, ce n'est plus comme avant, jamais plus. C'est ce que je reproche, moi, au PQ. Qu'après eux il ne reste plus rien, (constitutionnellement parlant). Les institutions parlementaires anachroniques sont les mêmes qu'à l'origine, il n'y a pas de Constitution québécoise, la nation n'a jamais eu l'occasion de dire au monde entier qu'elle existe : 2 fois elle a été obligée de dire qu'elle voulait demeurer au Canada, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne se reconnaissait pas comme nation distincte sur cette planète. On me dira que Bernard Landry a au moins le mérite d'avoir mis le mot sur toutes les lèvres et qu'apparemment, "le Québec une nation" est un consensus. Tant mieux mais ça ne vaut plus grand chose maintenant. Les anti-nationalistes sont généralement hargneux et ils s'acharnent. Leurs tribunes qui occupent toute la place ont maintenant comme chef de l'État un homme qui pense comme eux, ces gens des empires médiatiques. Dans le pire des scénarios, avant longtemps, nous serons devenus une "région francophone" du Canada. Nous le sommes depuis toujours dans la tête des gens du ROC, mais cela deviendra un consensus parmi nous aussi. D'ailleurs il y a bien 25-30% des francophones au Québec qui pensent comme ça, qui détestent l'idée que nous puissions être d'abord des gens du Québec avant de se considérer Canadien. Ça les heurte, ça les insulte. Il faut comprendre à quel point ces gens sont sourds à nos prêches indépendantistes, que l'effet recherché est tout à fait contraire chez eux. Et cela, ce n'est pas parce qu'ils sont moins intelligents que nous bien sûr, ni eux ni nous n'avons tort ou raison comme je disais. Seulement comprendre cela devrait aider, c'est important stratégiquement.
Les gens, il faut le voir, sont plutôt des consommateurs, des producteurs et des bénéficiaires, et pas des citoyens de l'État. Les gens vous diront le contraire mais regardez-les aller, prenez des photos de tous ces petits principes qui prennent le bord dès que l'argent et la sécurité financière sont en jeu. Vraiment, c'est un peu carré mais c'est un fait : quand on parle de la population, quand on dit qu'il faut les convaincre, voire les éduquer, en tout cas quand on dit qu'il faut leur faire confiance, et qu'on suggère un référendum demandant s'il faut quitter le Canada, il faut considérer les québécois tels que nous sommes. Dans leurs oreilles, nos oreilles à nous les petits qui n'osons jamais, c'est la révolution, le grand chambardement. Pourtant, à nos yeux hypnotisés, rien ne justifie de tout foutre en l'air, "ça ne va pas si mal que ça", surtout si c'est pour continuer à vivre de la même façon après (vivre en consommateurs/producteurs/bénéficiaires). Les gens du Québec, en général, étant donné leur maigre connaissance de l'histoire et leur faible conscience citoyenne, ne veulent même pas donner priorité à leur avenir collectif. C'est majeur : la collectivité québécoise n'est pas assez solidaire encore pour avoir, naturellement, l'instinct de survie, d'elle-même.
Posez la question "Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?" à tous ces "consommateurs/producteurs/bénéficiaires - et non pas citoyens" que nous sommes, et vous aurez un pointage catastrophique. Pensons à ce que diraient les québécois rapetissés, les québécois qui ne savent pas encore qu'ils ont le droit d'exister véritablement, normalement. Qui attendent encore et toujours l'autorisation. Ils continueront à se défiler comme ils l'ont toujours fait, et on brisera toutes les chances.
Les québécois sont des nord-américains, individualistes bien sûr mais trivialement capitalistes; ils baignent dans le néolibéralisme, ils sont même des acteurs non négligeables. C'est ainsi que nous vivons. Nous sommes soumis à de fortes contraintes, nous sommes sujets à l'arnaque, nous sommes fragiles. Nous sommes influençables, pas par l'idéologie mais par l'argent. Les politiciens, eux, connaissent bien les gens, c'est pourquoi ils les traitent en clients. On nous achète ouvertement, le PLC nous le montre bien, et nous restons impassibles, sans aucune dignité collective (songeons à la loi C-20).
Malgré la forte volonté (et tous les moyens mis en oeuvre) pour nous rentrer dans la tête que nous ne sommes pas différents des anglophones du Canada, nous sommes bel et bien différents, quoiqu'en disent les opposants et tous ceux auxquels la chicane répugne. Je parle et je pense en français, mes réflexes intellectuels sont différents des réflexes intellectuels anglophones. Par la force des choses, nos cultures sont différentes. Personne n'est mieux que l'autre, personne n'a tort ou raison. Mais ce genre de propos n'est pas autorisé dans nos médias.
Lorsque je dis que personne n'a tort, j'en viens à dire qu'en fait, c'est le plus fort qui gagne. C'est la jungle. Personne ne souhaite cela et il faut se battre pour enrayer cette situation, mais pour l'instant nous en sommes là. Il faudrait faire comprendre aux gens que nous sommes assez forts, justement, pour gagner ce combat, que nous avons ce qu'il faut pour y arriver. Il suffit d'un peu de bonne volonté, d'un minimum de sagesse et d'un iota de courage. Nous sommes des adultes qui habitent encore chez leurs parents. Nous avons passé la trentaine. Il est vraiment, vraiment temps de se prendre en main maintenant. Nous commençons à faire pitié, nos horizons commencent à se refermer.
Quand on déclenche les élections, quand on y va d'une campagne électorale de 30 jours, on force les gens à se décider entre l'un et l'autre des partis, des candidats. Les gens sont forcés de se prononcer. Dans le même ordre d'idées, il faudrait forcer les gens à se prononcer quant à notre avenir collectif, à prendre position et non juste se défiler dans le statu quo. Faire qu'après cette prise de position, les choses soient différentes, peu importe le résultat de la consultation. Je développe là-dessus dans mon site, je propose une question référendaire structurée.
Les Québécois ne veulent pas dire oui à l'indépendance, ils rejettent la rupture. Moi je crois qu'il n'y a pas eu beaucoup d'évolution quant à la ferveur des Québécois pour la souveraineté, entre le premier et le deuxième référendum, malgré l'avis général. Même si cela n'est pas viable, même s'il faut d'abord faire l'indépendance pour pouvoir ensuite, éventuellement, négocier d'égal à égal avec le ROC, les gens ne veulent rien savoir : ils veulent affirmer l'existence de la nation québécoise, mais ils veulent l'affirmer sans pour autant "quitter le pays", s'exiler. Ils essuieront toutes les rebuffades des fédéraux, le mépris unanime des médias anglophones, ils encaisseront tous les reculs de leurs droits et de leur culture, ils s'amenuiseront s'il le faut "pour rester à bord". C'est bizarre tout de même cette mentalité. M. Sauvé dit qu'ils ne savent pas qui ils sont. Moi je pense qu'ils sont quelques peu intoxiqués par la propagande canadienne qui dure depuis toujours. Ils ont grandi "canadien français", et maintenant leurs enfants grandissent "citoyens du monde", veulent-ils croire, mais tout à fait "nord américains" en fait. Nous sommes et devenons comme nous avons grandi, avec tout notre bagage culturel.
Cette propagande prend diverses formes et elle n'est pas nécessairement toujours un acte anti-québécois dans la mesure où elle émane naturellement d'une nation qui s'affirme dans le monde. La nation canadian en l'occurrence. Il faudrait revoir plusieurs choses, nos cours d'histoire à l'école par exemple. Pourquoi n'enseigne-t-on pas clairement (et obligatoirement) que ce que nous sommes aujourd'hui provient des combats incessants entre anglophones et francophones depuis 300 ans?
Pierre Bouchard
Questions de société
L'Agir. Penser l'utile seulement, c'est-à-dire arriver à un point où on cesse d'examiner les alternatives pour enfin procéder. La Pensée sans l'Agir ne vaut pas grand chose, c'est pelleter des nuages, mais le contraire est aussi vrai, Agir sans Penser, c'est faire des niaiseries. Bon, on peut faire beaucoup de rhétorique là-dessus. J'ajoute qu'un Acte peut aussi être une idée exprimée seulement, au bon moment et au bon endroit. Un texte, un discours, une entrevue qui contribue à ce que les choses changent quelque peu, évoluent, participe de l'Agir.
Je connais un petit peu M. Sauvé pour avoir brièvement visité son site et surtout pour l'avoir lu de temps en temps dans le journal Le Devoir et le site Vigile. J'apprécie toujours son point de vue pragmatique et souvent original. Dans le texte présenté par M. Robert Bertrand le 2 juin dernier, il nous dit "Un principe est l'élément de la forme d'un acte. Or, la forme est principe du mouvement". Je comprend en lisant les exemples qui suivent. Il veut dire que nous vivons, pensons et agissons selon ce que nous sommes, c'est-à-dire d'une manière qui nous est propre, personnellement ou collectivement, à cause de notre conditionnement (nous avons tous un conditionnement, différent selon les lieux et les époques) qui nous a façonné toute notre vie. En tout cas c'est ce que je crois, moi. "Nous sommes ce que nous furent, et nous serons ce que nous sommes" ai-je déjà dit quelque part dans mon site. Cela me parait évident. L'Agir n'est pas autrement, nous agissons comme nous pouvons le faire. Notre indifférence à ce qui nous arrive favorise notre propre extinction, c'est-à-dire que si nous ne combattons pas, ça n'empêche pas que sommes tout de même combattus; alors mathématiquement, nous courrons à notre perte.
Cela est évident aux souverainistes mais les autres n'ont pas le même angle de vue. Ils n'ont pas tort ni raison et nous non plus. Il nous faut admettre qu'à cause de leur poids, jamais nos pédagogies ne prendront racines, les pédagogies adverses ont la faveur des médias. Non, notre seule chance est d'agir justement. Poser des gestes concrets, des actes qui font qu'après, ce n'est plus comme avant, jamais plus. C'est ce que je reproche, moi, au PQ. Qu'après eux il ne reste plus rien, (constitutionnellement parlant). Les institutions parlementaires anachroniques sont les mêmes qu'à l'origine, il n'y a pas de Constitution québécoise, la nation n'a jamais eu l'occasion de dire au monde entier qu'elle existe : 2 fois elle a été obligée de dire qu'elle voulait demeurer au Canada, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne se reconnaissait pas comme nation distincte sur cette planète. On me dira que Bernard Landry a au moins le mérite d'avoir mis le mot sur toutes les lèvres et qu'apparemment, "le Québec une nation" est un consensus. Tant mieux mais ça ne vaut plus grand chose maintenant. Les anti-nationalistes sont généralement hargneux et ils s'acharnent. Leurs tribunes qui occupent toute la place ont maintenant comme chef de l'État un homme qui pense comme eux, ces gens des empires médiatiques. Dans le pire des scénarios, avant longtemps, nous serons devenus une "région francophone" du Canada. Nous le sommes depuis toujours dans la tête des gens du ROC, mais cela deviendra un consensus parmi nous aussi. D'ailleurs il y a bien 25-30% des francophones au Québec qui pensent comme ça, qui détestent l'idée que nous puissions être d'abord des gens du Québec avant de se considérer Canadien. Ça les heurte, ça les insulte. Il faut comprendre à quel point ces gens sont sourds à nos prêches indépendantistes, que l'effet recherché est tout à fait contraire chez eux. Et cela, ce n'est pas parce qu'ils sont moins intelligents que nous bien sûr, ni eux ni nous n'avons tort ou raison comme je disais. Seulement comprendre cela devrait aider, c'est important stratégiquement.
Les gens, il faut le voir, sont plutôt des consommateurs, des producteurs et des bénéficiaires, et pas des citoyens de l'État. Les gens vous diront le contraire mais regardez-les aller, prenez des photos de tous ces petits principes qui prennent le bord dès que l'argent et la sécurité financière sont en jeu. Vraiment, c'est un peu carré mais c'est un fait : quand on parle de la population, quand on dit qu'il faut les convaincre, voire les éduquer, en tout cas quand on dit qu'il faut leur faire confiance, et qu'on suggère un référendum demandant s'il faut quitter le Canada, il faut considérer les québécois tels que nous sommes. Dans leurs oreilles, nos oreilles à nous les petits qui n'osons jamais, c'est la révolution, le grand chambardement. Pourtant, à nos yeux hypnotisés, rien ne justifie de tout foutre en l'air, "ça ne va pas si mal que ça", surtout si c'est pour continuer à vivre de la même façon après (vivre en consommateurs/producteurs/bénéficiaires). Les gens du Québec, en général, étant donné leur maigre connaissance de l'histoire et leur faible conscience citoyenne, ne veulent même pas donner priorité à leur avenir collectif. C'est majeur : la collectivité québécoise n'est pas assez solidaire encore pour avoir, naturellement, l'instinct de survie, d'elle-même.
Posez la question "Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?" à tous ces "consommateurs/producteurs/bénéficiaires - et non pas citoyens" que nous sommes, et vous aurez un pointage catastrophique. Pensons à ce que diraient les québécois rapetissés, les québécois qui ne savent pas encore qu'ils ont le droit d'exister véritablement, normalement. Qui attendent encore et toujours l'autorisation. Ils continueront à se défiler comme ils l'ont toujours fait, et on brisera toutes les chances.
Les québécois sont des nord-américains, individualistes bien sûr mais trivialement capitalistes; ils baignent dans le néolibéralisme, ils sont même des acteurs non négligeables. C'est ainsi que nous vivons. Nous sommes soumis à de fortes contraintes, nous sommes sujets à l'arnaque, nous sommes fragiles. Nous sommes influençables, pas par l'idéologie mais par l'argent. Les politiciens, eux, connaissent bien les gens, c'est pourquoi ils les traitent en clients. On nous achète ouvertement, le PLC nous le montre bien, et nous restons impassibles, sans aucune dignité collective (songeons à la loi C-20).
Malgré la forte volonté (et tous les moyens mis en oeuvre) pour nous rentrer dans la tête que nous ne sommes pas différents des anglophones du Canada, nous sommes bel et bien différents, quoiqu'en disent les opposants et tous ceux auxquels la chicane répugne. Je parle et je pense en français, mes réflexes intellectuels sont différents des réflexes intellectuels anglophones. Par la force des choses, nos cultures sont différentes. Personne n'est mieux que l'autre, personne n'a tort ou raison. Mais ce genre de propos n'est pas autorisé dans nos médias.
Lorsque je dis que personne n'a tort, j'en viens à dire qu'en fait, c'est le plus fort qui gagne. C'est la jungle. Personne ne souhaite cela et il faut se battre pour enrayer cette situation, mais pour l'instant nous en sommes là. Il faudrait faire comprendre aux gens que nous sommes assez forts, justement, pour gagner ce combat, que nous avons ce qu'il faut pour y arriver. Il suffit d'un peu de bonne volonté, d'un minimum de sagesse et d'un iota de courage. Nous sommes des adultes qui habitent encore chez leurs parents. Nous avons passé la trentaine. Il est vraiment, vraiment temps de se prendre en main maintenant. Nous commençons à faire pitié, nos horizons commencent à se refermer.
Quand on déclenche les élections, quand on y va d'une campagne électorale de 30 jours, on force les gens à se décider entre l'un et l'autre des partis, des candidats. Les gens sont forcés de se prononcer. Dans le même ordre d'idées, il faudrait forcer les gens à se prononcer quant à notre avenir collectif, à prendre position et non juste se défiler dans le statu quo. Faire qu'après cette prise de position, les choses soient différentes, peu importe le résultat de la consultation. Je développe là-dessus dans mon site, je propose une question référendaire structurée.
Les Québécois ne veulent pas dire oui à l'indépendance, ils rejettent la rupture. Moi je crois qu'il n'y a pas eu beaucoup d'évolution quant à la ferveur des Québécois pour la souveraineté, entre le premier et le deuxième référendum, malgré l'avis général. Même si cela n'est pas viable, même s'il faut d'abord faire l'indépendance pour pouvoir ensuite, éventuellement, négocier d'égal à égal avec le ROC, les gens ne veulent rien savoir : ils veulent affirmer l'existence de la nation québécoise, mais ils veulent l'affirmer sans pour autant "quitter le pays", s'exiler. Ils essuieront toutes les rebuffades des fédéraux, le mépris unanime des médias anglophones, ils encaisseront tous les reculs de leurs droits et de leur culture, ils s'amenuiseront s'il le faut "pour rester à bord". C'est bizarre tout de même cette mentalité. M. Sauvé dit qu'ils ne savent pas qui ils sont. Moi je pense qu'ils sont quelques peu intoxiqués par la propagande canadienne qui dure depuis toujours. Ils ont grandi "canadien français", et maintenant leurs enfants grandissent "citoyens du monde", veulent-ils croire, mais tout à fait "nord américains" en fait. Nous sommes et devenons comme nous avons grandi, avec tout notre bagage culturel.
Cette propagande prend diverses formes et elle n'est pas nécessairement toujours un acte anti-québécois dans la mesure où elle émane naturellement d'une nation qui s'affirme dans le monde. La nation canadian en l'occurrence. Il faudrait revoir plusieurs choses, nos cours d'histoire à l'école par exemple. Pourquoi n'enseigne-t-on pas clairement (et obligatoirement) que ce que nous sommes aujourd'hui provient des combats incessants entre anglophones et francophones depuis 300 ans?
Pierre Bouchard
Questions de société
Escoumins, Québec