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Pour-le-Pays-du-Quebec · Pour le Pays du Québec
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Re : Un manque de héros !   Liste de messages  
Répondre Message #1232 sur 40868 |
Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Re : Un manque de héros !

La souveraineté n'est pas une théorie mais un ACTE qui marque un terme à l'intérieur d'une  progression, à la fois en acte et en puissance, car l'acte précède la puissance. 
 Avant de faire l'objet de considérations juridiques et constitutionnelles, la souveraineté est ONTOLOGIQUE.
 
Elle appartient à l'ordre de l'existence et de l'Être comme finalité et de l'avoir comme moyen d'y arriver.
Dans l'ordre de la connaissance, l'acte et la puissance ne sont pas théoriques mais réels, comprenant des éléments tangibles et intangibles. Il est faux, sous prétexte de se croire "pratico-pratique" d'ignorer les principes qui gouvernent l'existence et l'essence.
Autrement, il n'y a que de l'agitation, pas d'action.
 
Comme dans la chanson, "il y en a bien,  de ces gens de rien qui s'trémoussent et qui s'trémoussent. Il y en a bien de ces gens de rien qui s'trémoussent et qui ne font rien". Comme il y a des foules de gens qui se sont agités toute leur vie et n'ont rien accompli, parce qu'ils ne connaissaient ni le sens ni les principes qui gouvernent l'action, les classant souvent dédaigneusement comme des "théories".
 
 
Nous n'en sommes pas encore sortis, au Québec, de cette dichotomie simpliste entre la théorie et la pratique. Nous nous croyons faits ou pour l'un ou pour l'autre et c'est faux. Les commérages de la corde à linge à ce sujet nous ont fait beaucoup de tort et nous en font encore.
 
De gros efforts ont été fournis pour remédier à cette grave lacune pourtant. J'ai connu des dominicains, savants profs de philo grecque, qui étaient menuisiers et contracteurs en bâtiments et ils ne voyaient nulle contradiction entre leur philo et les principes de la construction. Un autre était conducteur de tramway dans les rues de Montréal. Un autre musicien. Un autre électricien.
 
En Allemagne, mes anciens profs, tous Privatdozent,
archi-savants et cultivés, étaient, l'un mécanicien de diesel, l'autre menuisier en bâtiments,  l'autre constructeur de bateaux à voiles, l'autre tailleur de pierres et constructeur de murs extérieurs. un autre père de famille et éducateur d'enfants, qui changeait les couches, bercaient les enfants, leur chantaient des berceuses, lavaient leur linge, les promenaient. Nulle contradiction entre le fait d'être devenu savant et se préoccuper des choses simples comme on en rencontre tous les jours.
Klauzewitz(Vom Kriege(de la Guerre), a écrit que les grandes oeuvres de l'État s'accomplissent par des gens ordinaires comme ceux qu'on rencontre tous les jours.
 Pour les Allemands, les mains et le cerveau ne font qu'UN SEUL ET MÊME CORPS ET QU'UN SEUL ET MÊME ESPRIT. De même pour les Danois, techniquement très habiles, même lorsqu'ils ont fait des études supérieures en littérature, philo ou autre sujet.  
L'existence et la vie sont multiples et une, non une ou multiples. L'organique est multiple à l'infini mais l'Esprit est UN. Il est important pour nous de combattre nos procédés réductifs hérités des commérages de la corde à linge, et cesser de penser que nous sommes théoriques ou pratiques, alors que la réalité se tient d'une seule pièce.
L'État est ontologique. Il relève de l'ordre de l'existence et de l'Être. Donc, demandons-nous d'abord ce qu'est l'existence et l'Être.
 
L'existence est relation en acte et en puissance.
Pour le comprendre, prenons l'acte de voir. C'est très simple, voir n'est-ce pas et pourtant, c'est une merveille de chaque instant que peu de gens apprécient.
 
Voir est la relation en acte et en puissance entre ma faculté de voir(yeux, faculté de se déplacer pour mieux voir, cerveau), d'une part, et de l'autre, comme deuxième élément, l'infinité des sujets, objets et choses visibles qui m'entourent, que je ne verrais pas sans un jeu de lumières, naturelles d'abord, qui mettent en relation directe ma faculté de voir avec le monde visible.
En effet, dès qu'on se donne la peine de contempler l'univers sidéral, on constate que la lumière qui nous entoure offre une infinie variété de tons et de nuances, que ne peut gère remplacer la lumière articifielle. Tout celà pour nous permettre de mieux voir et de voir plus complètement. Vous prenez celà pour acquis?  Pas moi. C'est une merveille de chaque instant et je ne trouve pas les mots pour témoigner de mon appréciation au Créateur qui nous accorde tant de faveurs.
 
L'acte de voir conjugue donc trois éléments distincts: ma faculté de voir, le monde visible et la lumière qui met en relation l'un avec l'autre.
Trois éléments dont chacun est multiple à l'infini, par ses manifestations(en acte)  et ses possibilités(en puissance).
Or, ces trois infinis multiples ne font qu'UN SEUL ACTE DE VOIR, LE MIEN ET CELUI DE PERSONNE D'AUTRE CAR L'AUTRE OCCUPANT UNE POSITION AUTRE DANS L'ESPACE, NE FAIT PAS LE MÊME ACTE,  ni les mêmes inférences puisque chacun peut avoir vu différemment auparavant, mais il est possible de s'entendre et se comprendre néanmoins.
 
Les trois éléments qui entrent dans l'acte de voir sont donc infiniment multiples alors que l'acte est un. N'est-ce pas une merveille de chaque instant.
Nous verrons plus loin ce que veut dire cette merveille pour la géopolitique et l'État, en tant qu'instrument obligé de notre agir collectif.
 
Transposons l'acte de voir à d'autres actes de l'existence, dont celui d'entendre, de sentir, de toucher, de marcher, de communiquer, bref, d'agir.
Ces actes simples et naturels sont aussi des relations en acte et en puissance,  des merveilles de chaque instant, mais nos rationalismes nous interdisent de les apprécier, car pour les apprécier, il faudrait en reconnaître l'INTENTIONALITÉ.
 
Or, le fait d'avoir osé parler d'intentionalité m'a valu des objections de la part de mes derniers profs à l'U de M, férus de scientifisme et de positivisme à la Auguste Comte. Non, il n'y a ni universaux ni intentionalité ni finalité dans l'univers. Tout est sujet à scientifisme.
 
Si, en partant, nous rejetons le réalisme du principe de finalité et celui du principe d'intentionalité, comment pouvons-nous reconnaître et apprécier notre propre État, lequel existe déjà en acte et en puissance?
 
Je vous laisse sur cette réflexion car je dois aller coucher à Rigaud ce soir et ventiler la maison de notre fils et sa femme, absents pour quelque temps et qui nous ont demandé ce service, en même temps que prendre soin des chats.
 
Bonne soirée
 
René Marcel Sauvé----- Original Message -----
Sent: Tuesday, June 10, 2003 12:25 PM
Subject: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Re : Un manque de héros !

Monsieur Sauvé, votre géopolitique 101 est "bien conçue, s'énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent sans aucun doute aisément". On peut apprécier dans vos propos la réflexion mûrie qui les supportent. Et je comprends que de si solides thèses exigent avec fermeté une floraison d'actions susceptibles d'infléchir significativement le mouvement des masses. Le théorique doit déboucher sur le pratique, sinon il n'est que verbalisme. Je comprends aussi que l'exposé ou la "révélation" (au sens photographique) du théorique est l'interface, le point de jonction  théorique au pratique et que, ici, en tant que de groupe de discussion, c'est à ce stade que nous en sommes.
 
Vous êtes engagé dans le pratique, M. Sauvé, nous le savons; moi, personnellement, j'en suis au stade "interface" de l'exposé de la théorie que j'assume. Mon agir, mis à part mes actes intérieurs qui tendent à tout embrasser, ne dépasse guère la cellule familiale, mais je serai très bientôt prêt pour l'agir collectif, et de vous lire me conforte dans cette conviction.
 
Je suis absolument convaincu que nos défaites référendaires étaient principalement dus à des lacunes graves de la "théorie souverainiste" proposée aux Québécois. Et je considère que vous remédiez en grande partie à ces lacunes. C'est à cause des erreurs théoriques des souverainistes que les Québécois n'ont pas consentis à suivre le mouvement qu'impliquait leur exposé en période référendaire. Je ne prendrai jamais les Québécois pour des pâtes molles qu'on façonne à sa guise ou des idiots qui ne comprennent pas ce qu'on leur propose. J'ai la plus haute estime pour tous les Québécois "normalement constitués".
 
Les erreurs théoriques dont je parle sont manifestées dans la phrase de ce cher René Lévesque prononcée à la suite de la victoire péquiste de 1976, si ma mémoire est bonne: "Quelque chose comme un grand peuple".
 
Expliquons (petite épistémologie 101): Le mot chose est un "être de raison" qui n'est pas un concept indéteminé et vide, loin de là. Il vient de causa en latin, et donc il est étymologiquement relié à "cause" et, par là, épistémologiquement relié à la saisie par l'intelligence de la causalité impliquée dans l'existentialité d'un être. Pour nous, dans l'immédiateté de la perception intellectuelle, opérée par la médiation de la connaissance sensible ou pas, absolument tout être est une chose. À cet égard, de toute évidence, la "chose-en-soi"  est parfaitement inaccessible à l'être humain. Il ne faut pas confondre l'être-chose saisi avec l'être en tant qu'être. Kant fait cette confusion par ignorance des premìers principes métaphysiques et l'ntellectualité contemporaine est toute entière prise dans ce canular dévastateur qui rend imperméable au discours de vérité sur l'être naturel, ce n'est pas un détail dans l'histoire de la pensée. Il s'agit d'un sophisme, il implique une confusion et, comme je l'ai dit, c'est lui le Barbare envahissant par excellence. D'autre part, avant de revenir au célèbre aphorisme de Lévesque, l'acte de connaître n'est pas le résultat d'une construction de l'esprit qui serait renfermé dans la "chose" fabriquée à partir d'un quelconque "truc posé dans l'être, insaisissable en lui-même". Non, en vérité, l'acte de connaître est un agir merveilleusement communicationnel (contre Habermas qui ne voit que la dimension d'extériorité de l'agir communicationnel), connaître résulte de l'actuation de l'intelligence par la présence en acte de l'être. C'est véritablement une rencontre que de connaître vraiment, une rencontre de deux présences qui forme un lien de communion, connaître est un acte d'amour. Sans cet acte d'amour-connaissance, l'autre connu n'est pas saisi dans sa présence, l'Autre est un néant... car, c'est librement que j'aime-connais, et c'est librement que je m'extirpe de l'être-présence. Quand on ne comprend pas cela, on échaffaude des erreurs de théorie, comme l'indigeste construction de Sartre.
 
Pour l'instant, je ne peux pas me contraindre de ne pas tenir ces propos qui confinent lamentablement au soliloque philosophique, quand on aime la vérité, on est diffusif de soi. Donc et par conséquent... Si le Canada est un "machin impossible", selon René Lévesque encore,  ce Québec "quelque chose comme un grand peuple" est un néant secrété par de pauvre petits esprits qui ont perdus la lumière. Croyons-nous que Jeanne d'Arc, cette minable invincible, s'est battue pour "quelque chose comme une grande couronne héréditaire", "quelque chose comme un grand royaume"? Croyons-nous aussi que les Québécois qui ont voté NON aux référendums n'avaient pas l'heur de savoir qui ils étaient et que c'est pour cela qu'il n'ont pas dit OUI à ceux qui leur proposaient de devenir souverainement ce qu'ils sont?
 
"Nous ne sommes pas quelque chose comme, nous ne sommes pas des choses comme, nous ne sommes pas des choses, nous ne correspondons pas à la chose que vous imaginez. Nous ne serons pas réduits à quelque chose comme vos grandes idées. Nous sommes des personnes que vous ne rencontrez pas et notre preuve la voilà: NON". C'est mon autopsie des référendums.
 
Nous avons tous entendu Claude Morin dire "avec la stratégie référendaire de 1980, nous ne pouvions pas perdre". Les Non ont très bien vu que lorsqu'on emploie de tels raffinements stratégiques, c'est qu'on agit pour des fins qui sont les nôtres, et pas celles du peuple, cela, les vieux l'ont "tous" compris, j'en suis certain. Les uns ont dit "non pas, vos "choses" mettez-les ou je pense", les autres ont dit "oui, de toute manière, il faut passer par là".
 
Pour la suite, une élection référendaire? Oui, si, dans le "moment de vérité" que constitue l'interface théorique-pratique, M. Sauvé prend l'espace publique requise à l'exposé clair de ce à quoi nous faisons face.  C'est pour moi nécessaire avant le "moment de décision". C'est à dire qu'il est nécessaire que la "théorie souverainiste"comble ses lacunes et,  je ne vois pas qui pourrait remplacer René-Marcel Sauvé, qui doit être complété par d'autres et très légèrement corrigé à certaines rares occasions, mais ce gars de chez nous dit des choses absolument indispensables.Ce n'est pas sur la mort et l'âme que M. Sauvé a à écrire dans le Devoir. Pour moi, il est certain que le PQ doit faire l'objet d'une implosion théorique et pratique, je n'ai jamais été péquiste pour cinq cennes, j'aime les péquistes, mais pas pour leurs lacunes. Je prédis que le PQ ne reussira pas à faire la souveraineté sans imploser, il n'y aura que des péquistes pour avaler le pettage de broue péquiste. Je ne serai jamais derrière le PQ s'il n'implose pas.
 
De toute manière, je ne veux être pour l'instant derrière rien, je ne suis pas prêt, mais je me tiens dans le lieu qui permet de sortir pour le vrai et le bien au moment opportun.
 
Daniel Couture
 
 
 

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Poursuivons Géopolitique 101 et les principes universels de l'action. Position épistémologique La géopolitique a pour objet l'État comme tel, non les...
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Monsieur Sauvé, votre géopolitique 101 est "bien conçue, s'énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent sans aucun doute aisément". On peut...
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La souveraineté n'est pas une théorie mais un ACTE qui marque un terme à l'intérieur d'une progression, à la fois en acte et en puissance, car l'acte...
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... From: Shirley To: Pour-le-Pays-du-Quebec@... Cc: Michel Faubert Sent: Tuesday, June 10, 2003 9:38 PM Subject: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Re :...
Daniel Couture
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11. JUN 2003
15:06

Désolé, le dernier message a été envoyé par erreur, je prépare un commentaire à M. Sauvé... Daniel Couture Désolé, le dernier message a été envoyé...
Daniel Couture
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15:07

J'aurais dû souligné que ce texte provenait de : Normand Calvé ... From: Robert Bertrand To: Pour-le-Pays-du-Quebec@... Sent: Thursday, June...
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