Merci à vous Monsieur Sauvé de ces réflexions que vous nous livrées sans détour.
C'est bien vrai qu'il est plutôt rare voir les militaires écrire, se confier. Il y a ceux qui écrivent leurs mémoires. Il y en a un célèbre. Le Général Charles De Gaulle. Il avait de l'envergure, une vision, une bonne étoile.
Sur les champs d'activités, très peu s'aventurent. D'où notre reconnaissance pour nous faire découvrir et voir de plus près les réflexes et les agirs. Ce ne sont que des parcelles de vie, des moments privilégiés qui nous parviennent sous votre plume.
On ne se fatigue pas de vous lire et de chercher à comprendre.
Qui ne vit pas des situations particulières qui, si elles devaient se rendre jusqu'à un journaliste, genre Allo Police ou Nouvelles et Potins que sont devenus pratiquement tous nos médias de nos jours, plus au service de la finance que de servir l'ensemble de la population, pourraient engendrer des conflits plus importants.
Le journaliste, il n'est plus le "rapporteur des nouvelles"; il veut être "la" nouvelle. Le "pupitre" qu'ils occupent n'est jamais assez grand pour leurs bras, leurs rires, leurs déformations et leurs propres personnes !
Ils ont besoin de la nouvelle _nouvelle_; la nouvelle de la minute qui fera le tour de tous les bulletins 24 hres d'affilées.
Pris dans cette engrenage, quel citoyen ordinaire, quel employé qui oeuvre dans des endroits difficiles, quel infirmier ou infirmières, quel médecin ou spécialiste, quel professeur ou directeur, quel prêtre ou évêque ou cardinal est à l'abri des discoureurs et maîtres des ondes de la radio ou des moyens électroniques comme la télévision ?
L'évolution des techniques auraient dû permettre un certain équilibre des forces.
Au contraire, ils se servent les uns et les autres dans les médias, ils font venir un autre journaliste, un autre de leurs spécialistes, à eux, bien payés pour aller dans leurs directions.
Monter des dossiers n'est pas chose facile. Qui a le temps ? Qui peut se le permettre ?
250 ans plus tard, on avoue qu'on a mal agi en regard des Acadiens. N'est-ce pas plus ou moins facile quand les terres ont été redistribuées pour servir les intérêts de ceux qui ont donné des ordres, à l'époque. Les profiteurs ne sont pas appelés à remettre le "butin".
Vous nous dites, monsieur Sauvé :
" Je le répète: si l'humanité avait appris à retenir ses petits jugements, il n'y aurait jamais eu de guerres dans le monde, mais très peu de gens en sont convaincus. On veut bien avoir la "liberté de parole" mais on oublie que la liberté est indissociable de la responsabilité personnelle et indissociable de la vérité que nous ne connaissons toujours que partiellement."
La recherche de la vérité devient impérative dans l'ensemble de nos responsabilités personnelles et collectives.
Permettez-moi de vous signaler une page que j'ai complétée et placée sur la toile pour présenter quelques photographies et une médaille. Si vous avez le goût de commenter.
Merci encore de nous permettre de vous lire.
Robert Bertrand
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----- Original Message -----From: JRMSauvéCc: Nicole MacDuffSent: Wednesday, December 10, 2003 5:19 PMSubject: QRe: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Médias au piloriJe suis d'accord avec la décision du tribunal international pénal pour le Rwanda.Les guerres ne sont pas causées par les conflits d'intérêts entre États mais par les jugements qui sont passés autour de ces conflits et qui les aggravent et enveniment au point de provoquer la violence et la destruction. Si l'humanité avait appris à se taire autant qu'à parler, il n'y aurais jamais eu de guerres, foi de militaire de carrière et homme de guerre.Ce n'est pas pour rien que dans notre langue québécoise, nous avons une expression rude et sans équivoque:"Farme ta crisse de gueule ou ch't'la casse".Les mots et le langage ne sont pas innocents.Quant à la liberté, elle dépend entièrement de la vérité et la vérité est dépendante de la conscience et non de l'inconscience.Si j'avais été impliqué directement dans le Rwanda comme ce pauvre général Dallaire, je sais que je ne me serais pas gêné pour planter une balle dans la tête à chacun de ces journalistes et par ce moyen, à tuer la guerre dans l'oeuf. Trois vies contre deux millions de vies, le choix n'est pas difficile à faire.Personne n'est libre de dire n'importe quoi n'importe comment.Quant à la "liberté de presse", elle signifie la liberté de dire la vérité qui n'est jamais évidente et qui est toujours extrêmement exigeante.Dire la vérité et dire n'importe quoi jusqu'à juger et condamner sans avoir tous les faits en sa possession et sans prévoir les conséquences de sa condamnation est déjà une injustice grave qui provoque la violence extrême.Voyez ce qui est arrivé à l'hôpital Saint Charles Borromée, alors qu'un incident déplaisant est devenu une tragédie dont l'institution se remettra difficilement.Certes, les "méchants employés" se conduisent mieux, mais ils le feront d'une manière froide et détachée, correcte, mais le coeur fermé à double tour devant la misère et la souffrance de leurs patients.La cérébralisation du comportement devient alors la seule solution à un problème de relations humaines envenimées par le jugement de gens qui ont "tout vu" de l'extérieur seulement et qui en ont conclu tout savoir avec certitude.Certitude et opinion sont les premiers problèmes de l'épitémologie classique, première partie de la philosophie et qui traite du problème de la connaissance et du savoir. En partant, il faut savoir que la certitude est la forme la plus élevée et la plus exigeante de la connaissance et l'opinion la forme la plus basse, en fait, l'opinion n'est pas une connaissance mais une pré-connaissance.Or, manquant de discipline philosophique, une foule de gens, même "lettrés" prennent leurs opinions pour des certitudes et les imposent comme telles. Il en résulte d'indescriptibles injustices. Car opinion rime avec opiniâtreté et ignorance, mais l'orgueil empêche le jugement critique de s'exercer et prendre bien soin de faire attention à ce qu'on dit avant de parler, au point de réaliser qu'une opinion n'a aucune valeur sur le plan de la connaissance.Je le répète: si l'humanité avait appris à retenir ses petits jugements, il n'y aurait jamais eu de guerres dans le monde, mais très peu de gens en sont convaincus. On veut bien avoir la "liberté de parole" mais on oublie que la liberté est indissociable de la responsabilité personnelle et indissociable de la véritéque nous ne connaissons toujours que partiellement.Je connais les horreurs des champs de bataille et je hais d'avance quiconque se permet de porter des jugements qui vont envenimer les relations jusqu'au point de rupture et aux confrontations armées.Ce qui arme le bras du combattant, c'est davantage ses jugements que son fusil, qui n'est qu'un instrument neutre après tout. La preuve militaire: au combat, pendant la seconde guerre mondiale, on a constaté que plus de 70,000 à 200,000 balles de fusil ont arrosé les champs de bataille pour chaque victime qui a été attrapée. Les autres projectiles se sont perdus dans le décor. Les soldats ne voulaient tuer personne et c'est la cas de la majorité d'entre eux. Par contre, j'ai rencontré des "bonnes gens" dont les jugements portés sur les autres, dont l'adversaire,étaient autrement plus meurtriers que les balles et les obus.Personne ne me croira évidemment, parce qu'en matière de guerre, le militaire n'a aucune crédibilité. C'est le profane, le cuistre et le savantasse qu'on préfère croire en matière de guerre. Ces gens-là n'ont qu'à "penser" à une chose et ils la connaissent tout de suite d'emblée. Jamais ils n'ont besoin d'être confrontés au réel, étant trop intelligents pour celà.Pour finir:Je vais vous confier un secret militaire que je garde depuis longtemps et si je le fais, c'est parce que j'ai confiance en l'impartialité de vos jugements.À Chypre, 1968-69, j'étais impliqué avec le Troisième Bataillon Royal 22e Régiment, comme capitaine de compagnie et responsable du rétablissement des relations politiques et économiques entre les communautés turque et grecque du nord de l'île.Il n'y a pas eu de meurtres pendant notre séjour sur place parce que les deux communautés faisaient confiance en notre impartialité. Chaque incident faisait l'objet de soigneuses investigations sur le terrain et nous nous gardions de sauter aux conclusions. Par contre, nous proposions aux parties en litige de présenter des réclamations en dommages et nous faisions le nécessaire pour les acheminer et les régler le plus rapidement possible à la satisfaction de toutes les parties en cause.Or, un de ces beaux jours, une bande de journalistes du Québec et du Canada nous arrivent comme un cheveu sur la soupe. Ils "savaient tout" évidemment et n'avaient rien à apprendre des militaires sur place.Pour éviter qu'ils écrivent des monstruosités et provoquent de nouvelles guerres, je les ai envoyés dans un bordel situé en arrière du théâtre d'opérations, avec du vin, du whiskey et de l'argent pour payer les filles afin qu'elles s'occupent d'eux et les gardent en état de "bonheur" jusqu'au moment de repartir.Au moment de les rembarquer dans l'avion, je leur ai remis un texte de mon cru, avec un exposé détaillé mais circonstancié de la situation, sans provoquer personne. Ils avaient tous ma permission de mettre leurs noms à la fin du texte publié dans leurs journaux et magazines. Ce que je voulais, c'était la paix et ma bonne renommée n'avait aucune importance.Au moment de partir, je les ai félicités pour un excellent travail et j'en ai même informé les autorités, qui ne savaient évidemment pas et qui ne sauront jamais ce qui s'est passé.Plus tard, j'ai relu mon texte dans leurs journaux.Plusieurs d'entre eux ont reçu des prix pour un travail bien fait. Tant mieux pour eux.Voilà, je vous ai révélé un secret bien gardé mais qu'il est maintenant temps de savoir.René Marcel Sauvé