Bonsoir Monsieur Bertrand,
Je vais maintenant tenter de vous donner des réponses aux questions que vous me posez au sujet des photographies.
La photo à l'extérieur de la salle des rapports, avec votre père sur la rangée arrière, a dû avoir été prise en été. N'ayant pas d'uniforme d'été proprement dit, les militaires enlevaient simplement leur tunique et montraient les obligatoires grosses bretelles. On dit que le port des bretelles est préférable à la ceinture et que les hommes qui font tenir leurs pantalons par des bretelles ont rarement une bedaine. Celà reste à vérifier bien sûr. Moi j'en ai porté pendant 28 ans et je n'ai toujours pas de bedaine malgré mes 215 livres.
Les bretelles reviennent à la mode, mais c'est là une autre question.
Photo en uniforme complet avec le lieutenant Lebeau au centre. On le reconnaît par son insigne du 22e régiment sur sa casquette, un castor en cuivre qu'il faut astiquer chaque matin.
J'ai gardé le mien et c'est d'ailleurs tout ce qui me reste en fait d'uniforme.
J'examine un peu plus la photo qui montre votre père tout souriant en compagnie de miss Kathleen Brady et sa famille. Du second coup d'oeil, je vois qu'elle devait avoir un superbe teint de pêche, comme une foule de jeunes filles dans le nord de l'Angleterre. Les Anglaises de ces régions ont les traits du visage simples sur un fond de teint naturel extraordinaire qui ne requiert à peu près aucun cosmétique.
Elles sont généralement bien éduquées et ont de belles manières qui rendent leur compagnie particulièrement charmante. On peut les sortir, les promener, les emmener au cinéma et au restaurant et toujours, elles font montre d'un savoir vivre qui fait honneur à l'homme qu'elles accompagnent.
Elles savent vous saisir par le coeur et savent se faire aimer.Votre père a dû un peu souffrir de devoir la quitter pour revenir à Québec.
Regardez encore cette photo et le charmant sourire de miss Brady en face de la maison de pierres calcaires du Crétacé, taillées et recouvertes de suie de charbon.
Son sourire vous prend droit au coeur.
De plus, comme les femmes sont plus nombreuses que les hommes, en Angleterre, à cause de l'Empire et des guerres, alors les jeunes femmes sont disponibles pour les étrangers qui vivent en Angleterre pendant quelque temps. Les idylles sont nombreuses et il y a beaucoup de mariages, même avec les prisonniers de guerre car les Anglais les font travailler et les laissent libres de se promener. Attention, cependant, on ne sort pas facilement une Anglaise de son milieu, sa famille, ses cousins et les amis de son enfance et sa jeunesse. Elle passera sa vie à regretter l'Angleterre.
À moins bien entendu que, pour une raison ou une
autre, elle ait déjà décidé de partir. Ce sont les Irlandaises et les Écossaises qu'on trouve en plus grand nombre au Canada et on les confond pour des Anglaises. Par contre, les Anglaises émigrent volontiers en France et apprennent le Français. Surprenant n'est-ce pas?
Il y en a aussi qui émigrent en Allemagne, surtout en Saxe dans le nord, le pays de leurs ancêtres lointains.
Sur la carte d'enrôlement, à la ligne "Particulars of recruit", il est écrit que votre père est un "clerk" un commis, donc un lettré et c'est pourquoi on l'a employé dans la salle des rapports. Il devait être capable d'écrire à la dactylo, surtout en anglais, puisqu'il a gardé son emploi.
Photo de A. Gagnon et l'ami américain devant le
Fort Bridge.
Je crois qu'il s'agirait plutôt du ForthBridge, le pont sur la Firth of Forth, un pont cantilever comme le pont de Québec. Un firth écossais est comme un fjord norvégien ou encore comme le Saguenay. Forth est le nom de la rivière qui coule au fond du fjord(firth).
Le lieu de la photo s'appelle Queensferry, ce qui veut dire qu'il y a ou il y avait un traversier à cet endroit, avant la construction du pont sans doute et comme le traversier en question devait être important, alors la reine(Victoria je pense) aurait permis que le traversier porte le nom de Queensferry.
Photogaphie de la cérémonie militaire sur le lieu inconnu:
Je ne crois pas que ce soit l'Écosse, à cause des maisons construites trop récemment et colorées en teintes blanches et pastel. Je vois cependant le clocher de l'église dans l'arrière-plan et je constate que son architecture est en forme d'aiguille, comme les églises protestantes presbytériennes. Donc, si on n'est pas en Écosse, on pourrait être en Nouvelle Écosse, à proximité du port de Halifax.
La seconde photo de la cérémonie militaire montre le même endroit. Voyez les maisons plus proches et le clocher en aiguille. Ce sont des maisons d'ouvriers ou d'employés d'usines ou de services de transports qui gagnent des revenus suffisants pour vivre confortablement mais sans richesse ostentatoire.
Parade extérieure des zouaves.
Je crois reconnaître l'estrade et les constructions du site de l'Exposition agricole de Québec, près du quartier Limoilou. Les constructions à l'arrière-plan servent à garder les animaux et les exhibits agricoles pendant la grande exposition annuelle. Il y en a de semblables à Saint Hyacinthe.
À l'arrière de la photo de la cérémonie des zouaves, je crois reconnaître les maisons à trois étages d'un quartier ouvrier, qui, dans ce cas, ne peut être que Limoilou. Cette constatation s'accorde avec le fait que, la majorité des zouaves appartenant à un milieu modeste, il n'aurait pas été possible de conduire la cérémonie dans un endroit plus huppé.
Les uniformes des zouaves me semblent dater de
1860 et ont probablement été passés d'un soldat à un autre de génération en génération. Le tissu devait être assez résistnt et un simple nettoyage devait remettre
l'uniforme en état d'être porté par un nouveau soldat.
Les armées font la même chose et au début de mon service, en 1947, j'ai porté un uniforme de la guerre
1914-18, remplacé quelque temps plus tard par un autre plus "récent". Les administrations militaires sont gratte-sous à l'extrême, sauf en temps de guerre, mais alors, les armes et l'équipement sont complètement désuets. Je pourrai vous conter des tas d'histoires d'horreur à ce sujet, qui ont impliqué toutes les armées du monde. Toutes.
Je remarque cependant que les musiciens portent un autre uniforme, qui ne devait pas être trop récent non plus.
Nous parlerons plus tard des zouaves et je constate que Valérien Lachance vous a fait parvenir un bon site à ce sujet.
Bonne soirée
René Marcel Sauvé
----- Original Message -----From: Robert BertrandSent: Saturday, December 13, 2003 4:45 PMSubject: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Médias au pilori / suiteBonjour monsieur Sauvé,Tout ce que j'ai pu trouver du numéro matricule, c'est le formulaire qu'il a complété lors de son recrutement. Il est présent sur la page avec quelques autres photos que j'ai ajoutées.Remarquez bien, à la ligne de son adresse, ce qu'il a ajouté : P.Q. à la main, au dessus de Canada écrit à la dactylo. Pour un jeune homme, à l'époque, 20 ans, j'en conclue qu'il était assez québécois ! J'ai de quoi à retenir ! Je viens de découvrir ce fait, en analysant bien ce "Particulars of Recruit, Drafted under military service Act, 1917". Ils étaient bien respectueux de la diversité culturelle à l'époque : tout est en anglais !J'ai quelques autres photos non publiées avec cette Kathleen, qui portait fièrement un grand chapeau. Je comprends pourquoi mon père a toujours aimé les grandes dames avec de très grands chapeaux ! ;-)Ma mère avec laquelle il a vécu 57 années de mariage était plutôt grassouillette, toujours pleine d'entrain et souriante toute sa vie. Une famille de 10 enfants, très actifs, engagés; plusieurs hommes d'affaires avec toutes les difficultés que cela comporte.J'ai placé des photos, également, de ses débuts chez les Zouaves Pontificaux de Québec. Il n'a pas fait la carrière militaire mais, sans doute, aura-t-il aimé la discipline pour faire partie des zouaves plus de 60 ans.C'était sacré, les sorties officielles. À un certain moment, il y avait quatre zouaves, chez nous :-) . La préparation des habits, des "gaites", (je ne sais comment l'écrire) tout l'attirail des boutons qu'il fallait astiquer avec du "brasso", le grand et très large ceinturon rouge qu'ils tournaient autour de la taille 5, 6 ou 7 mètres de long. Les culottes grises, bouffantes qui pouvaient contenir deux personnes plutôt qu'une. C'était, pour les jeunes que nous étions, plutôt impressionnant. Quatre dans la maison, les matins de préparation, c'était l'événement, c'était marquant.Ce rôle de gardiens de la paix, d'encadrement d'activités religieuses, dans les églises et/ou à la basilique de Ste-Anne-de-Beaupré et/ou lors des défilés de la Fête-Dieu, de la Fête du Sacré-Coeur, et/ou de la parade de la St-Jean, c'était valorisant pour l'époque et cela était plus une activité sociale, une partie de plaisir qu'un devoir de contraintes.Mon père n'était pas l'homme aux grades, il avait une famille et il devait travailler pour faire vivre sa famille. On allait, à chaque année, aux pique-niques des zouaves. Généralement, c'était au Lac St-Augustin, près de Québec.Il était "voyageur de commerce" comme on disait à l'époque. Il vendait des outils pour les garagistes dans la région de Québec et tout l'Est du Québec. Les outils "Snap-on". On avait une affiche qui présentait les outils : "Snap-on tools", rien en français. Encore jeunes, dans la cour d'école, on se faisait appeler "les snap on". On était dans les années 43-44-45... On a tous participé à l'excavation de la cave de notre future maison, à la pelle. C'était toute une corvée. On a monté la maison. Les clous dont on se servait, c'était des clous ayant servi pour le reposoir de la Fête du Sacré-Coeur, dans le Parc Victoria de Québec. Il fallait les décrochir. Le plus incroyable, c'est qu'il avait ouvert une quincaillerie... pas de clous neufs pour nous autres ! C'était pendant la guerre et tout était rationné. Les clous aussi comme le beurre, le lait etc... Je ne me souviens pas parfaitement ce qui était rationné. Cela prenait des timbres pour aller à notre épicerie du coin de la rue.Il y aurait toute une histoire à raconter concernant les liens entretenus avec cette Compagnie Snap-on et ses employés. Est-ce le bon terme que de dire qu'ils étaient leurs employés ! Il devait envoyer l'argent en même temps que la commande. Et eux, les gens de la Compagnie, envoyaient ce qu'ils avaient en "stock" pour l'argent reçu, même si cela n'était pas ce qui avait été commandé. Ce qui mettait mon père sans dessus-dessous pusqu'il servait ses clients, les garagistes qui attendaient les meilleurs outils pour bien travailler plus facilement. Il a quand même travaillé plus de 25 ans pour cette compagnie et finalement, ce qui devait arrivé arriva : un patron des États-Unis était venu le voir comme il faisait une fois à tous les deux ou trois ans... et je l'ai vu se faire mettre à la porte de chez nous, le chez nous qui était la quincaillerie que mon père avait ouvert pour changer d'activités. Mon père lui parlait en français, il le comprenait mais n'était pas capable de répondre en français. Donc, lui parlait à mon père en anglais et mon père en français, pour bien le mettre à la porte et lui signifier que son argent il pouvait le mettre à d'autres endroits pour les produits qu'il achèterait et qu'il aurait, non pas des produits de débarras, comme il recevait trop souvent, de sa Compagnie. Non pas que mon père ne parlait pas anglais, bien au contraire.Dans l'armée, il était enseignant. Et pour l'anglais et pour la mécanique puisqu'il était technicien en mécanique de l'École Technique de Québec et diplômé de l'école Bart.Il nous parlait avec fierté d'avoir été le "chauffeur" de monsieur P.T. Légaré, à Québec, celui qui aurait possédé une des premières voitures à Québec.Toute la famille dépendait du salaire et du fruit des activités commerciales de mon père. Et un moment donné, 7 enfants allaient à l'école. Il fallait acheter et couvrir les livres, habillés tout ce beau monde, faire manger tout ce beau monde, voir aux devoirs, le lavage, étendre le linge sur les cordes à linge, le repassage. Tout ça était exigeant. Il y avait un partage des tâches. Certains enfants travaillaient qui à l'épicerie, à la boucherie et d'autres emplois pour amener un peu d'argent à la maison.Des années de 40 à 55 pas tellement faciles pour personne mais nous étions ensemble, nous étions heureux.Et le commerce a prospéré et les plus vieux ont quitté la maison pour fonder leurs foyers.Robert Bertrand====================----- Original Message -----From: JRMSauvéSent: Thursday, December 11, 2003 8:40 PMSubject: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Médias au piloriMerci de vos commentaires monsieur Bertrand.J'ai pris le temps d'examiner toutes les photos prises de votre père et votre mère et celles de son séjour dans l'armée pendant la guerre 1914-18. Vos parents me semblent très dignes et je vois que vous en êtes fier à juste titre.Voici mes observations à l'examen de vos photos.La première est celle de ce qu'on appelle un "orderly room", sorte de petit quartier général pour une compagnie d'une centaine d'hommes. Il est probable que votre père y a travaillé, surtout s'il était lettré, ce qui était rare pendant cette époque. Le nombre de commis et estafettes présents est le même partout dans l'Empire britannique et l'armée canadienne a été et demeure une copie de l'armée britannique. Les règlements, dans le fond de la salle, en haut à gauche, sont exactement les mêmes. On y reconnaît leKR(King's Regulations and Orders) qui contiennent les lois militaires(MML: Manual of Military Law, que j'ai eu à apprendre par coeur), les règlements administratifs pour le personnel et le matériel, y compris le transport. Tout est règlementé dans l'armée et il faut toujours être "couvert", protégé par un quelconque règlement pour justifier le moindre de ses actes.Autrement, c'est la cour martiale. En somme, rien n'est spontané et même une compagnie de 130 ou 140 hommes est réglée au poil par les Military Laws, Rules and Regulations.Je constate qu'il n'y a pas d'électricité dans la pièce. On est probablement en Angleterre. Le petit poêle à bois ou à charbon(le charbon vient de la Pennine Chain) suffit pour enlever l'humidité et le froid de l'hiver du sud de l'Angleterre mais ne suffirait pas pour le Québec. Les Anglais y placent toujours une bouilloire pour le "cup of tea" mais comme il n'y a pas de bouilloire, alors je conclus que tous les soldats présents dans cette salle sont des Québécois ou des Canadians.Les uniformes sont ceux de la guerre 1914-18, y compris les bottines de mauvaise qualité et les bandes molletières qui bloquent la circulation du sang.Sur les autres photos, le constate que les grades se portent aux manches des uniformes, mais qu'ils sont plus réduits en dimensions qu'au commencement de cette guerre. Sur la photo avec l'officier du 22e, je constate que les grades d'officiers se portent sur l'épaule, ce qui veut dire qu'on est passé 1918.Ces insignes de corps et de grade sont les mêmes que ceux de l'armée britannique, dont l'armée canadienne faisait partie.De même tous les manuels et pamphlets d'instruction sur les exercices, le maniement des armes, les ordonnances de manoeuvres, etc.Dans le petit quartier général, le constate que les chaises sont de bonne qualité, ce qui veut dire qu'elles sont anglaises. Au Canada, les contrats donnés aux entreprises pour fournir des chaises de bureau aboutissent toujours avec des produits "cheap" et de très mauvaise qualité, qu'on reconnaît facilement. Mais je n'en vois pas dans ces photos.Donc, le petit quartier général est en Angleterre, probablement dans un des camps d'entraînement, dont Salisbury Plains, le gros camp d'exercice pour la préparation des grosses formations à la guerre.Très intéressante la carte d'embarquement pour le bateau qui a ramené votre père de Liverpool probablement vers Québec. Le SS Caronia n'était pas un gros navire mais pouvait faire le trajet avec suffisamemment de confort par beau temps.Je constate que le numéro matricule de votre père était: 3281584 et je me demande ce que veulent dire ces chiffres, car je soupçonne que son numéro propre devait être composé des quatre derniers chiffres:1584.Que veulent dire les trois premiers chiffres, je me le demande?Par exemple, mon numéro matricule est ZD 6434Z veut dire officier régulier commissionné à plein temps.D veut dire originaire de Montréal et enrôlé à Montréal.Le premier chiffre, le 6, désigne la fournée, celle qui a débuté à partir de 1950. De cette manière, les autorités savent à peu près quelle formation j'ai reçue.Le dernier chiffre, le mien, signifie que je suis le434e officier devenu régulier dans la fournée des officiers formés entre 1950 et 1955, à partir de Montréal.C'est à partir de la signification de mon propre numéro matricule que je me demande ce qu'a signifié le numéro de votre père.Le 10th Canadian Reserve Bataillion, comme son nom l'indique, était une unité de réserve qui devait former des soldats pour être ensuite transférés dans les autres unités qui en avaient besoin. Au retour des combats, les soldats passaient de nouveau dans les bataillions de réserves, pour décider de les acheminer ailleurs, dont le retour à la maison.Dans l'armée allemande, ce sont les membres de l'unité de combat qui doivent eux-mêmes recrûter et trouver de nouveaux membres.Les nouveaux soldats sont pris en charge par l'unité qui se charge de les former sommairement. Ils sont ensuite enregistrés aux quartiers généraux qui se chargent à leur tour de les acheminer vers des camps et des écoles où ils recoivent une formation plus détaillée.En somme, chaque armée prend les moyens du bord pour recrûter et former ses soldats et il en manque toujours beaucoup, surtout des soldats, sous-officiers(caporaux et sergents) officiers(lieutenants et capitaines) des armes de combat: infanterie, artillerie, chars, sappeurs et signaleurs. Personne ne veut faire ce travail.Croyez-moi, jeune officier de 20 ans seulement, je commandais seul 67 soldats, dont la majorité sortaient de prison, et je devais diriger des exercices de tir aux armes vives avec ces soldats, comprenant carabine.303, mitrailleuse Bren, grenades 36, bazooka, mortiers, y compris exercices de nuit.Soyez sûr que personne n'est jamais venu m'enlever mon emploi. Sécurité d'emploi totale.Il est vrai que je ne connaissais pas le danger et que je n'avais pas peur, non par bravoure mais par inconscience. J'ai toujours eu le respect et la considération de mes soldats. Je n'ai eu à me battre contre un seul d'entre eux, un caporal, qui voulait savoir qui était "boss" et il l'a su.Il est devenu mon meilleur caporal.Je suis sûr que votre père n'a pas raconté tout ce qui lui est arrivé. Par crainte de ne pas être compris ou mal interprété. Par ses photos, j'ai l'impression qu'il devait être un homme sans problème, capable de faire la part des choses et de trouver sa place partout où il a été impliqué. Il devait être très apprécié de tout le monde car chacun est important dans une troupe et on s'attend à ce que chacun fasse son boulot et le fasse bien car tous dépendent de tous.Je constate que votre père, Adrien Bertrand, s'est lié d'amitié avec miss Kathleen Brady de Harrogate.C'est une petite ville industrielle au nord de l'Angleterre et qui fait penser au quartier Saint Henri à Montréal, immortalisé par Gabrielle Roy. Les maisons devaient être noires de suie de charbon, avec les usines partout alentour, mais les gens sont sympathiques et chaleureux. Les habitants de ces régions sont presque tous travailleurs dans les usines de l'acier et de la laine, ou pratiquent l'élevage du mouton sur les "moors", ces immenses étendues lugubres sur les montagnes dénuées d'arbres qui constituent le gros de la chaîne Pennine. Ce sont des régions sombres et lugubres, comme je dis, parce qu'il pleut et vente beaucoup et les arbres ne poussent que dans les bas-fonds. Le bruit des grands vents froids de ces régions donne des frissons.Votre père a certainement été très heureux de rencontrer cette famille d'ouvriers du nord de l'Angleterre. Harrogate est dans le Yorkshire, qui fait face à la mer du Nord et à la Norvège, une ancienne colonie norvégienne comme la Normandie en France.L'acteur James Mason(maintenant décédé) est originaire de Harrogate.Voilà donc les commentaires que m'inspirent vos photos. Bonne soiréeRené Marcel Sauvé
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