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Bonjour monsieur Sauvé,
  C'est avec un intérêt grandissant à chaque ligne que je viens de lire votre dernièr message et j'ai vraiment hâte de lire la suite.
  L'histoire de votre découverte de l'utilité de la géographie dans la marche du Québec vers son indépendance est également passionnante et démontre, comme je vous l'écrivais dans un message antérieure, que tout ouvrage, même le plus savant (voir Einstein), est oeuvre de création, c'est-à-dire, fondamentalement, résultat d'une intuition, d'une recherche et d'une mise en forme. J'ajoute, indissocialement. C'est cependant la mise en forme qui définit le genre de l'oeuvre,  savante ou littéraire, entre autres.
  Je profite de l'occasion pour dissiper un des malentendus qui s'est glissé entre nous, lors de nos échanges, portant sur la compréhension des mots ouvrage et oeuvre.
  Je crois que dans tous les domaines d'expression écrite, hormis les manuels scolaires,  il est dans l'usage de qualifier d'ouvrage, un titre spécifique d'un auteur et d'oeuvre l'ensemble de ses ouvrages. Ainsi, la critique littéraire sérieuse qualifiera toujours d'ouvrage le dernier titre de l'auteur dont il parle et d'oeuvre l'ensemble de ses ouvrages. C'est aussi de la réussite de la mise en forme que dépend essentiellement le fait qu'un ouvrage sera éventuellement qualifié d'oeuvre, et cela, parfois, indépendamment du nombre d'ouvrages qu'aura publié un auteur. Pour donner deux exemples et non les moindres, je me référerai à l'oeuvre de Gaston Miron et à celle de Rimbaud qui tiennent, dans les deux cas, que dans un seul recueil de poèmes.
  Je vous redis en toute sincérité que c'est selon cette conception que je distingue toujours entre ouvrage et oeuvre, lorsque je parle d'un écrit. Bien sûr, sont en nombre infiniment plus considérables les oeuvres philosophiques littéraires, musicales et d'art plastique qui franchissent les siècles que les oeuvres savantes.  Parce que celles-ci jusqu'au milieu du XXe siècle ont été réellement moins nombreuses et que, souvent, elles deviennent vite dépassées, leurs objets d'étude et de réflexion étant sans cesse susceptibles de nouvelles découvertes qui en changent notre compréhension, tandis que les oeuvres philosophiques, littéraires, musicales et d'art plastique ont pour objet unique l'  "âme" humaine qui, elle, ne change pas, dont les manières fondamentales d'appréhender le monde sont universellement les mêmes dans le temps et dans l'espace et donc universellement accessibles, quelles que soient, selon les époques et les cultures, les formes spécifiques d'expression de chacune.
  Bref, je vous en prie, cher monsieur Sauvé, ne prenez pas mal et, dixit Claude Poirier, si vite, ce que l'un ou l'autre d'entre nous écrivons sur les sujets que vous soumettez à notre réflexion, que nous apprécions - il me semble que c'est clair- même quand nous ne partageons pas entièrement votre manière de voir, de comprendre et d'expliquer les phénomènes relatifs à notre marche collective vers un État québécois souverain. Aussi précise et rigoureuse que soit votre méthode scientifique d'analyse, son objet est un phénomène humain, donc susceptible de multiples approches, de nécessaires approches pour être entièrement cernées. Mais, pour ne parler que pour moi, je vous assure que j'apprécie de plus en plus la vôtre, au fur et à mesure que je la connais.
  J'ai lu, hier soir, tous les textes de vous qui paraissent sur Vigile, tous plus instructifs et éclairants les uns que les autres, en plus d'être écrits dans une langue belle et vivante, à mille lieues des  langues de bois qui caractérisent trop souvent les ouvrages savants. Je tiendrai certainement compte de votre savoir dans mes prochains écrits politiques et dans mes recherches communes avec les groupes avec qui je milite en vue de l'élaboration d'une stratégie et de tactiques d'action et je vous en remercie. Toutefois, je me permets de vous dire, avec l'espoir de ne pas vous blesser et celui de ne pas essuyer vos foudres, que le plaisir de vous lire serait augmenté si vous ne présentiez pas trop souvent vos arguments comme des arguments ex cathedra.
  Avec l'expression de ma profonde estime,
Andrée Ferretti.
 
P.S. je ne suis pas arrivé à naviguer sur  votre site. Je l'ai bien ouvert, mais je n'ai pas trouvé la "barre" qui monte et qui descend et qui, habituellement, permet de voir une page complète. En fait, je n'ai pas trouvé le moyen de sortir de la page d'accueil. Qu'est-ce que je ne fais pas correctement? 
     


JEU 1. MAI 2003  12:12

ferretti@...
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Bonjour monsieur Sauvé, C'est avec un intérêt grandissant à chaque ligne que je viens de lire votre dernièr message et j'ai vraiment hâte de lire la...
Andrée Ferretti
ferretti@...
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1. MAI 2003
12:17
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