«Le problème, ce n'est pas la mort, le problème c'est mourir.
Comment fait-on pour mourir ? La grande question concerne le
passage, la glissade, le saut, la pente, la déboulade, le mur, la
seconde qui fait la différence entre deux états, entre l'état de vie
et l'état de mort. »
et plus loin:
«Sur son lit de mort, plus rien ne compte mais tout est important.
La mort nous lie, elle nous rameute et nous rappelle à l'ordre de
nos liens et attaches, elle donne un sens aux expressions les siens,
les miens. Une affaire de famille, dirions-nous. Il faut une bande
qui veille à tous les chevets. La société existe justement pour
entourer l'individu, pour lui donner cette garde rapprochée, le
consoler et lui tenir la main. Chassez la vie, elle revient au galop
danser autour de l'être qui s'en va. »
Extraits de:
IL Y A CENT MILLE ANS QUE L'ON MEURT
Serge Bouchard
Édition du mardi 27 mai 2003
http://www.ledevoir.com/2003/05/27/28480.html
COMMENTAIRE:
Je me demande si parmi ceux qui se donnent la mort il n'y en aurait
pas beaucoup qui, aussi paradoxal que cela puisse paraître à
première vue, n'avaient pas encore appris à accepter la mort.
C'est le texte de Serge Bouchard qui m' a fait penser à cela.( Voir
plus haut.)
C'est que pour vivre vraiment, il semblerait bien qu'il faille
accepter que la mort fait en quelque sorte partie de la vie.
Personne ni rien n'est éternel.
Ne devrions-nous pas alors essayer de faire accepter la mort aux
gens dès qu'ils sont jeunes, au lieu de les surprotéger trop
souvent, sous prétexte que ce serait trop dur pour eux de découvrir
une telle réalité ?
On dit vouloir protéger les jeunes mais est-ce que parfois, en leur
taisant un certain nombre de choses ou en les privant de vivre un
certain nombre d'expériences, on ne les prive pas de quelque chose
qui pourrait leur permettre de mieux apprendre à vivre ?
J'espère que vous voyez ce que j'essaye de dire.
Je me demande aussi alors si, pour certaines personnes, la croyance
en Dieu ne serait pas le signe qu'elles seraient incapables de voir
la mort en face. Je n' affirme rien . Je dis que je me pose la
question.
lapointe