Bonjour à tous,
Voici ma première intervention (officielle) au sein de ce forum qui, comme je le
mentionnais à J.L. Dion, est un modèle de civisme et qui plus est, se démarque
par la qualité des propos tenus.
Ceci dit, je ne peux rester insensible à l'«invitation» de Robert Bertrand à
nous ouvrir davantage aux communautés culturelles.Évidemment, il est de notre
devoir de faire en sorte que cette portion de la population québécoise jouisse
des mêmes privilèges que les Québécois de souche.
Évidemment, nous avons tous à gagner à connaître leur langue, leurs coutumes
bref, à les écouter. Monsieur Bertrand nous rappelle, avec raison, qu'«il faut
défendre leurs droits autant que nous défendons les nôtres.». À cet
impératif,l'intervenant ajoute qu'«ils sont des nôtres.».
Cher Monsieur Bertrand, cessons de verser dans l'angélisme et regardons la
réalité en face:
la majorité des membres des communautés culturelles ne nous suit pas dans notre
projet d'affirmation nationale. Rappelons-nous les efforts déployés par le Père
Couture, Ministre des communautés culturelles sous le Gouvernement Lévesque et
de son successeur, Gérald Godin.
Je m'autorise un tel commentaire pour la simple et bonne raison que j'habite un
quartier à forte concentration ethnique et si je n'ai pas entendu au moins à 500
reprises la «parole» soit-disant malheureuse de Jacques Parizeau lors de la
défaite de '95, je ne l'ai pas entendu une seule fois!
C'est à se demander si cet «énoncé» n'est pas utilisée à des fins de rhétorique
victimaire plutôt que dans sa situation conjoncturelle!
On me signale la gravité de cette assertion en me rappelant que J.Parizeau dut
démissionner.
Ce qui est absolument faux. Toute personne bien informée sait qu'il était prévu,
advenant une victoire du «non», que J.Parizeau démissionnerait. N'avait-il pas
fait cette confidence lors d'une entrevue accordée à Stéphan Bureau et réalisée
le matin-même du 30 octobre?
Je ne voudrais pas faire ici office d'éteignoir et discréditer la bonne volonté
de tous ceux qui s'emploient à s'ouvrir à la différence, à la reconnaissance de
l'autre.
Mais voilà, comment puis-je reconnaître l'autre quand je n'ai pas moi-même
d'identité propre au sens «officiel» du terme?
Pour tous ces «autres» je suis d'abord Canadienne.
Comme le disait avec tant de lucidité notre défunt poète, Gaston Miron:«Y'a
d'quoi à devenir schizophrène!»
Je crois plus nécessaire sinon urgent de faire œuvre de pédagogie auprès des
Québécois d'origine.
Combien de Néo-Québécois ne m'ont-ils pas fait remarquer à quel point nous
étions divisés sur la question nationale.
C'est quand nous serons tous et toutes convaincus que la souveraineté est
indispensable à notre épanouissement que nous serons convaincants et pas
autrement.
Danièle Fortin
Montréal
20 décembre 1998
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