Intéressantes, les différentes idées émises sur ce forum, cette dernière
semaine.
Les communautés culturelles: elles sont très sensibles et réagissent mal à des
propos qui pourraient ressembler, avec beaucoup d'imagination, à l'ombre d'un
début d'une critique à leur endroit. Il est vrai que les fédéralistes exploitent
au max ce phénomène et continueront à le faire.
Il est probablement vrai, également, de dire que la fermeture de ces communautés
à l'idée de l'indépendance du Québec est plus grande que le manque d'ouverture
de certains souverainistes à l'égard de ces mêmes communautés. Cependant, la
réalité est une chose, la perception de la réalité en est une autre. Et dans le
combat de boxe qui nous oppose aux fédéralistes, c'est la perception qui compte.
Le modèle de rôle est capital. Si nous pouvions avoir quelques députés, voir
même quelque ministres, issus de ces communautés et quelques autochtones
épousant notre cause, ce ne serait pas à dédaigner. Alors oui, changeons nos
attitudes, même si elles n'étaient pas, généralement, répréhensibles, et que
nous n'avons pas à nous culpabiliser. Ce qui compte, c'est de gagner.
Parizeau avait raison (sauf pour l'argent, à mon avis), mais quelle erreur de sa
part.
Les FHQ: Ici, je vais en irriter plusieurs. C'est tout à fait vrai, les
législations de différentes provinces sur la langue d'enseignement, étaient
odieuses, mais n'ont eu, à mon avis, qu'un effet minime sur l'assimilation des
communautés françaises, hors Québec. Ce qui a joué c'est LE NOMBRE. Exemple, le
Nouveau-Brunwick, seule province bilingue. Il y a 3 NB, le NB anglais
(Fredericton, Saint-John): pas de français, le NB bilingue (région de Moncton,
avec sa forte minorité acadienne, son université etc...): prédominance de
l'anglais. Le NB français (la péninsule acadienne et la région d'Edmonston):
aussi français que le Saguenay/Lac St Jean.
Autre exemple: les communautés anglaises du Québec hors Montréal. Communautés
hyper protégées. Au Lac St Jean: disparues, assimilées. Dans la ville de Québec:
en voie avancée d'assimilation. Dans l'Estrie (ma région): agonie lente et
progressive. Savez-vous que le "Sherbrooke Record", quotidien anglophone de la
région, où Conrad Black a fait ses premières armes journalistiques, a déjà eu
des correspondants à l'étranger? Actuellement, c'est à peine plus qu'un bulletin
paroissial. Les jeunes anglo-estriens, ont, ou bien quitté le Québec ou bien se
laissent assimiler.
À Sherbrooke, on a fermé le Sherbrooke Hospital, seul institution hospitalière
anglaise (ou plutôt bilingue) de la région. En tant que médecin, j'ai vécu
toutes les phases de la fusion hospitalière à Sherbrooke. Cette fermeture se
justifiait dans le contexte de la réforme de la santé dont l'ami Jean à tant
parlé, et ce d'autant plus que la clientèle de cet hôpital (ainsi que le
personnel) était majoritairement francophone, donc aucune sentiment de
culpabilité de ma part, mais voici donc l'exemple de la minorité la mieux
protégée au monde, les dispositions législatives n'ont eu que peu d'effet, seul
LE NOMBRE a décidé de son sort. L'avenir des FHQ, hors NB, désespéré. Quant à
leur attitude anti-souverainiste, comment l'expliquer? Je ne sais pas, s'agit-il
d'une relation love-hate avec le Québec?
J'oubliais, j'espère que l'intervenant, qui pense que seul les personnes nées au
Québec devraient avoir le droit de voter dans un référendum sur la souveraineté
du Québec, est prêt à reconsidérer son opinion. Ce genre d'affirmation, vous
vous en doutez bien, serait de nature à nous discréditer totalement auprès des
néo-québecois. En tant que "Québecois francophone non de souche" (quelle
expression boiteuse!), je n'aurais pas pu, ainsi que mon épouse, voter oui.
Imaginez ma frustration!
Christian Sinave
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