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[A-g.Qc] Les retours obligatoires.   Liste de messages  
Répondre Message #3192 sur 34604 |
[A-g.Qc] Re: Les retours obligatoires. Ne faut-il pas jugé Trudeau sur ce qu'il a accompli

Dans "Les retours obligatoires" sous la plume de monsieur Durocher, il
nous apprend : " je persiste et je signe : Trudeau avait raison."

Il nous reste à savoir sur quoi ? Sur quoi Trudeau avait-il raison?
On me dit que c'est sur ce qui a été "pré-politique" pour ensuite me
souligner que Trudeau a des faiblesses :

(J-YD) "Voilà la faiblesse de l'homme, être incapable de dénoncer ceux
qui le trahissent car seul ceux-ci disent l'aimer."

(RB) Et ensuite on parle de Trudeau : "Le politique." L'homme élu.

(J-YD) "Trudeau aurait-il (été) capable d'être politique, de
comprendre que le compromis déplaît à certains mais plaît à tous qu'il
aurait pu faire le
Canada. Celui des anglophones et des francophones, donc celui qui
aurait reconnu qu'il n'y avait qu'une seule communauté politique
minoritaire au Canada. Il le pouvait car le peuple canadien lui en
avait donné le mandat, tant les Québécois que les gens des autres
provinces. Il lui avait donné le mandat d'être généreux envers les
francophones, quitte à bousculer ceux qui étaient réfractaires à cette
idée."

Et de poursuivre : "C'est pour cela que je parle de retours
obligatoires. L'élection de 1968 est celle de l'acceptation du fait
français en Amérique du Nord. La vision de Trudeau, celle de l'Abbé
Groulx, de la reconquête du
territoire culturel et social des francophones au Canada ne s'oppose
pas à celle de Stansfield qui est de reconnaître que le Québec doit
avoir une place particulière dans la Confédération. Il s'agit dans
l'ensemble de la même problématique : l'acceptation du fait français au
Canada. Donc du caractère même du pays et du sort qu'il avait, jusque
là, réservé à ses communautés francophones, plurielles car elles sont
nombreuses et disparates. Donc, si 95% des Canadiens et plus, partout
au pays en 1968, votent pour un parti politique ( la position
Néo-démocrate étant encore plus généreuse) qui admet que le temps est
venu de redresser les torts ; on peut croire que Trudeau n'avait pas à
se préoccuper des détails mais bien de passer à l'essentiel. Forcer le
Canada à accorder rapidement l'ensemble des droits essentiels à la
survie et à la promotion de la culture et de la société francophone
partout, ou historiquement, celle-ci fût présente. Et cela dans tous
les domaines et non seulement dans ceux du public."

(RB) Et voilà que nous, Québécois, nous, du Québec, avions également
voté très largement pour ce Trudeau-là. Il avait su nous embrigader
dans cette possibilité de pays qui était à bâtir, à réaliser.


Et votre réponse à cette question est bien éloquente :

(J-YD) Nous savons tous qu'il ne le fit pas. Qu'il n'osa jamais
exprimer sa
vision, qu'il recula devant les premiers obstacles venus, qu'il préféra
la petite politique qui dénonce l'autre (dans ce cas-ci les Deux
Nations) plutôt que la Politique qui exige l'action contre l'adversité,
le courage contre l'outrage, le principe plutôt que la compromission."

(RB) Et comment analyser votre prise de position ?
" je persiste et je signe : Trudeau avait raison."

Il avait raison de vouloir une chose, de la présenter pour se faire
élire à travers tout le Canada y compris par les Québécois. Alors
qu'il est au pouvoir et qu'il a un ensemble de députés pour faire
passer les lois qu'il veut bien, il n'y fait rien. Selon votre
connaissance, qui donc l'a empêché d'aller au bout de tels objectifs ?

Vous ajoutez, pour notre compréhension de cet homme :
(J-YD) "Deux échecs dans la vie d'un homme doivent suffire à en donner
la
mesure. "

(J-Y-D) Mais qui est Trudeau? Voilà une question qui mérite
l'interrogation.
Est-ce la personne, l'individu appelé du nom? Ou est-ce la parole prise
par un individu d'une pensée collective ?

Donc, Trudeau est-il Trudeau ? "

(RB) Et voilà, après avoir failli à la tâche que lui-même s'était
donnée de réaliser et créer un Pays avec deux nations, deux peuples,
vous poursuivez en jetant un regard sur les seuls québécois.

Pourquoi nous faudrait-il apprécier une personne qui n'a pas accompli
ce pourquoi il avait été porté au pouvoir ? Vous venez de nous le dire
ci-haut :

(J-YD) "Nous savons tous qu'il ne le fit pas. Qu'il n'osa jamais
exprimer sa
vision, qu'il recula devant les premiers obstacles venus, qu'il préféra
la petite politique qui dénonce l'autre (dans ce cas-ci les Deux
Nations)"

Je vous lis et je ne vois que la présentation de réflexions en regard
d'une seule des deux Nations, la nôtre :

(J-YD) Dans le Québec où la poubelle est sous le tapis il ne faut
jamais poser ce genre de question. Trudeau est ceci, Lévesque est cela,
Bourassa une chose et les Johnsons une autre. Disons que la palette
d'interprétation
québécoise est parfois binaire et semble ignorer la nuance. Cela
facilite le travail partisan mais obscure profondément le nécessaire
travail de recherche et de réflexions sur ce qu'est le Québec.


(RB) Si Trudeau a déjà vu la question de la Nation Québécoise qu'en
est-il advenue par la suite de cette question ? N'a-t-il pas tout fait
pour la réprimer, la diminuer, la faire disparaître ? Est-ce la faute
de Trudeau et de quel Trudeau pour parler dans ce qui m'apparaît comme
un labyrinthe sans fin ?

J'ai l'impression que vous cherchez à nous faire croire que Trudeau
aurait été manipulé par d'autres intellectuels et que Trudeau ne serait
plus responsable des positions politiques de Trudeau ?

Vraiment, on l'a vu notre vrai Trudeau au cours des années se foutre
pour ainsi dire de nos Premiers Ministres du Québec avec le "mangeur
d'hot-dogs" ou de René Lévesque à la table des rencontres des Premiers
Ministres à Ottawa. L'appréciation des Québécois dûment élus à
l'Assemblée Nationale et les prises de positions officielles de
positions défendues à la quasi unanimité de l'Assemblée Nationale n'a
jamais eu prises sur Trudeau, quel que fut ce Trudeau.

Faudrait-il croire que Trudeau se serait fait manipuler par
quelqu'élite pamphlétaire ou imaginaire qu'on puisse chercher à nous
présenter ?

L'être politique que le Québec a connu n'a pas rempli les promesses
qu'il a lui-même faites : un "NON" voulant dire un "OUI" aux réformes
nécessaires pour la satisfaction des Québécois.

(J-Y D) "J'avance, depuis des années, que Trudeau le pamphlétaire était
la voix et la plume visible de Cité-Libre. Je sais quelle contribution
des
gens, comme Roger Roland, lui aussi indépendant de fortune, ont fait à
la plume de Trudeau. J'ai aussi des souvenirs de conversations
alimentés au scotch dans un club privé qui habite aujourd'hui la
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal où il était question que
Trudeau n'avait pas tout écrit ce qui portait son nom. Voyez-vous, à la
fin des années 60, il fallait parfois justifier les «erreurs » de
jeunesse d'un Libéral qui, pour plusieurs, était un vire capot de la
pire espèce. Donc, je ne puis affirmer que Trudeau n'est pas Trudeau.
Je peux douter que Trudeau ait été Trudeau cependant. Et je ne crois
pas que le principal intéressé croit nécessaire de dire la vérité ;
l'histoire nous aura –en effet- enseigné que sa pensée principale était
de confondre son histoire avec celle de son pays et que pour lui, la
vérité n'avait pas sa place dans sa réalité.

(RB) Comment devons-nous comprendre votre prise de position :
" je persiste et je signe : Trudeau avait raison."

Sur quoi avait-il raison ? De vouloir un Pays qu'il n'a pas su asseoir
sur des assises autres qu'un injuste rapatriement ? Qu'il a rejeté
l'existence de la Nation Québécoise alors qu'il en avait le loisir de
la confirmer ? Qu'il a su jeter les bases de toutes impossibilités de
réformer la Constitution Canadienne sans donner une quelconque
possibilité au Québec d'être lui-même sauf, hors la structure politique
actuelle bien que la Cour Suprême vient d'imposer un juste dialogue sur
les bases d'un référendum gagnant au Québec.


Pour les Québécois, Trudeau a été et demeure un Premier Ministre qui a
favorisé l'émergence de la réalité Canadienne en foulant aux pieds la
seule Nation Française de l'Amérique dont le berceau se trouve au
Québec.

Il est douleureux de se faire démolir par l'un des nôtres qu'on a porté
au pouvoir. Et la situation demeure présente pour ceux qui sont élus à
Ottawa et qui n'ont de respect que pour l'autre majorité.

Au cours de cette moitié de fin de siècle, on a su reconnaître des
droits de toutes sortes : droit de vote aux femmes, droit d'égalité
des sexes, de religions, de couleurs, droit des enfants, droits des
homosexuels et lesbiennes, droits des handicapés et combien d'autres.
Et comment peut-on croire qu'on est pas capable de reconnaître les
droits d'un peuple, d'une nation ?

Oui, les hommes sont grands pour ce qu'ils peuvent accomplir, pour ce
qu'ils peuvent reconnaître. Et ils sont petits pour ce qu'ils n'ont
pas voulu ou accepté de faire le travail qui était commandé.

Ne faut-il pas jugé Trudeau sur ce qu'il a accompli et non sur ce qu'il
aurait voulu accomplir ?

La grandeur de cet homme n'a-t-elle pas été de pouvoir tromper tout le
monde avec finesse ? L'Histoire saura reconnaître la juste mesure de
cet homme.

Robert Bertrand, rédacteur.
Québec un Pays.
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
http://QUEBECUNPAYS.iquebec.com
1999-11-23




MER 24. NOV 1999  3:15

qcunpays@...
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Message #3192 sur 34604 |
Montrer le contenu des messages Nom/Courriel Date

Les retours obligatoires. Il suffit, pour créer des crises d’hypertensions aiguës chez certains nationalistes de prononcer le mot Trudeau. Dès lors,...
durocher@... Envoyer un message 23. NOV 1999
20:28

Dans "Les retours obligatoires" sous la plume de monsieur Durocher, il nous apprend : " je persiste et je signe : Trudeau avait raison." Il nous reste à...
quebecunpays
qcunpays@... Envoyer un message
24. NOV 1999
3:12
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