Trois-Rivières, le 13 mars 2003
« Reportage » à LCN
Il y a quelques semaines, aux nouvelles de LCN, on a assisté à un « reportage ».
Il s’agissait d’une femme, mécanicienne automobile de son métier, qui avait subi
une blessure à la jambe sur son lieu de travail. La pauvre femme, en pleurs,
racontait combien la liste d’attente était longue pour l’opération qu’elle
devait subir. Elle risquait de perdre la jambe.
Il y avait une entrevue d’un médecin exerçant en médecine privée, qui se vantait
de pouvoir faire l’intervention en moins d’une semaine pour un certain montant.
Cependant, la patiente nous disait qu’elle ne pouvait avoir recours à cette
solution, car la CSST menaçait de lui couper ses indemnités si elle allait en
clinique privée. À la fin du « reportage », on nous annonçait qu’un donateur
anonyme acceptait de défrayer les coûts de l’opération en clinique privée.
Déjà, ce « reportage » suscitait des questions :
· Pourquoi ne pas obtenir le point de vue de la CSST? Est-ce vrai qu’elle
couperait les indemnités à une personne qui irait en clinique privée? Si oui,
pourquoi?
· Pourquoi la dame préférerait-elle perdre une jambe, plutôt que de
perdre des indemnités?
· Qui est le mystérieux donateur? La question est pertinente. Ce «
reportage » n’est peut-être qu’un montage défrayé par un groupe de pression.
Hier (03-03-12), le « reportage » était présenté en reprise, avec quelques
enjolivements. La personne aurait subi ses blessures en travaillant sur la
limousine du premier ministre. Elle aurait demandé l’aide du premier ministre,
qui ne lui aurait pas donné une réponse satisfaisante. Deux autres médecins
exerçant en clinique privée témoignent que rien ne pourra diminuer les temps
d’attente dans le système public. La patiente fait écho à ces propos : pénurie
de médecins, de personnel infirmier, impossibilité de s’en sortie avec le
système public.
On doit se poser des questions additionnelles :
· En quoi est-ce pertinent que la dame se soit blessée en travaillant sur
la limousine du premier ministre? Cela confère-t-il une responsabilité
particulière à ce dernier? Le « reportage » laisse entendre que oui.
· La personne ne craint plus de perdre ses indemnités de la CCST. Que
s’est-il passé?
· Encore une fois, qui a offert de payer pour l’intervention en clinique
privée? Il est important de savoir si un groupe de pression a payé pour ce «
reportage » à sens unique.
· Pourquoi était-il nécessaire de présenter ce « reportage » en reprise?
Parce que c’est une publicité?
Claude Boulay
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul on été
supprimées]