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Le PQMarois fait fausse route - Pourquoi le plan Marois sur la souve   Liste de thèmes   < Thème préc.  |  Thème suivant >
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Le Plan Marois sur la souveraineté est mauvais parce qu'il démobilise et
divise les forces souverainistes au lieu de les stimuler et de les unir.

Le premier défaut du plan Marois c'est son échéancier. L'urgence n'est
pas de "réaliser la souveraineté" le plus tôt possible, mais de "faire
progresser le Québec en attendant son accession au statut de
pays".L'urgence n'est pas de créer un nouveau pays le plus rapidement
possible, mais de se débarrasser des libéraux. L'accession au statut de
pays devient un objectif secondaire, imprécis et à durée
indéterminée.L'enjeu est strictement électoraliste et sera perçu comme
tel par la population.Le débat se fera non pas sur un projet de pays
mais sur la bonne ou mauvaise performance provincial du gouvernement
libéral.

À mon avis, elle est précisément là la faille la plus importante de ce
plan. C'est un plan qui refuse le combat direct, franc, loyal,clair et
transparent. C'est un plan qui refuse d'assumer les rapports de force.
En fait c'est un plan d'hypocrites. Même si Mme Marois annonce
officiellement qu'elle renonce à tenir un référendum à court terme sur
la souveraineté, personne ne la croira et tous auront l'impression
qu'elle ment et qu'elle cache quelque chose pour se faire élire à tout
prix. Cela ne pardonne pas. On l'a vu lors du premier référendum de
1980. La question était tellement tordue et conditionnelle à
l'association volontaire du gouvernement fédéral qu'elle fut rapidement
discartée et le peuple n'y a pas cru.

En plus, c'est un plan dont la prémisse est fausse. Cette prémisse
suppose que le PQ est incapable de se faire élire en mettant son projet
de pays sur la table lors d'une élection. Alors comment expliquer que ce
projet de pays (la souveraineté) est encore plus populaire que le PQ?
Comment convaincre les souverainistes plus radicaux de se mobiliser si
le débat ne se fait pas sur le projet de pays mais sur des objectifs
secondaires? Pourquoi le PQ refuse-t-il d'utiliser toute cette énergie
militante qui bouillonne d'impatience et d'énergie actuellement
dispersée ou carrément démobilisée?

L'urgence n'est pas de se débarrasser d'un gouvernement provincial mais
de créer le plus rapidement possible un État optimal pour faire non
seulement face à la crise économique à court et moyen terme, mais aussi
assurer l'avenir de la nation québécoise en lui donnant tous les leviers
pour le faire. Pas dans 10 ans. Pas dans 15 ans. Pas dans 20 ans. Ici et
maintenant, à la première occasion raisonnable, c'est-à-dire lors des
rendez-vous électoraux.

Il reste 4 ans avant les prochaines élections générales. Il reste
amplement de temps au mouvement souverainiste pour s'unir et proposer
par une coalition des forces un projet d'État optimal lors des
prochaines élections en ayant comme objectif d'aller chercher non
seulement une majorité des sièges mais également une majorité des voix.
Autrement dit, nous avons le devoir et l'impérieuse obligation de placer
la barre haute au lieu de camoufler l'objectif premier en le mettant
dans le placard comme des hypocrites.

Nous devons avoir le courage minimal de dire tout haut à la population
que le véritable changement n'est pas un changement de gouvernement
provincial mais un projet d'État optimal, un projet de pays, seul
porteur d'avenir. Nous devons avoir le courage minimal d'en faire le
thème principal de la prochaine élection.

Donc il faut se battre pour l'État optimal le plus vite possible et cet
objectif doit être prioritaire et transcender toutes considérations
électoralistes à court terme et de courte vue. Ce qui n'empêche
nullement d'adopter aussi une plate-forme électorale provinciale pour
assurer le suivi des dossiers gouvernementaux.

En se faisant élire sur un projet d'État optimal, un gouvernement
souverainiste aura devant lui plusieurs options intéressantes, dépendant
des résultats.

1 - S'il remporte la majorité des sièges et des voix - cela devrait être
notre objectif no 1 - le gouvernement souverainiste pourra alors faire
une proclamation d'indépendance et négocier son accession au statut de
pays avec le Canada et obtenir l'appui de la communauté internationale.

2 - Le gouvernement pourra aussi tenir une consultation populaire le
plus tôt possible si le résultat démontre qu'il est possible de gagner.

3 - Le gouvernement pourrait aussi déclencher une autre élection
décisionnelle sur un projet de constitution, comme Jean Lesage l'a fait
pour la nationalisation de l'électricité en 1962.

4 - Enfin, en dernier lieu, si les résultats de l'élection sont
décevants, le gouvernement pourra alors se lancer dans un projet de
gouvernance dite souverainiste, comme le propose le plan Marois. En fait
le plan Marois devrait être la _dernière solution_ à être envisagée et
non pas la première comme il le propose.

Actuellement ce plan divise les forces, car il ne constitue en rien un
projet concret et emballant pour unir les forces et leur remonter le moral.

Il faut traiter ce plan comme le dernier choix qu'il nous reste une fois
qu'on aura tout essayé.

Pierre Cloutier





DIM 21. JUN 2009  14:14

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Le Plan Marois sur la souveraineté est mauvais parce qu'il démobilise et divise les forces souverainistes au lieu de les stimuler et de les unir. Le premier...
Pierre Cloutier
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21. JUN 2009
14:14
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