Bonsoir Frédéric,
Merci beaucoup pour ta présentation!
Ne se serait-on pas croisé (de loin!) lors du colloque Médias et Patrimoine qui
avait lieu à Québec la semaine dernière?
Christine
Christine Simard
Coordonnatrice du site des archives de Radio-Canada
http://www.radio-canada.ca/archives
tél.: 597-5377
cell.: 514-895-0395
>>> frederic.demers@... 17/10/02 0:49 >>>
Bonjour à tous.
Comme le veut la pratique, je m'identifie sans tarder. Je
me nomme Frédéric Demers et je planche depuis trop
longtemps déjà sur une thèse de doctorat en histoire à
l'Université Laval. Seul bénéfice concret de cette thèse
jusqu'à maintenant, je possède le statut de membre-étudiant
du Centre d'études sur les lettres, les arts et les
traditions (le CÉLAT), sans contredit l'un des plus
dynamiques centres québécois de recherche dans le domaine
des sciences sociales et humaines.
Mon travail consiste en une analyse, dans une perspective
historienne, de la télésérie "Les Filles de Caleb", une
*uvre au succès populaire monstre et connue au moins
nominalement de chaque Québécois qui n'a pas passé les
douze dernières années en hibernation.
À travers une déconstruction assez systématique de la
série, j'espère parvenir à montrer comment elle recyclait
et réactivait à la sauce du jour les principaux archétypes
identitaires structurant les représentations de soi et de
l'autre de son public-cible, à savoir les Québécois
francophones d'héritage mémoriel canadien-français. Je me
suis aussi rendu compte que l'*uvre faisait appel à ce que
je nommerai ici une « temporalité identitaire »
particulière, réunissant à la fois 1) un temps linéaire
propre au récit classique du gagnant qui agit et accomplit,
et 2) un temps cyclique de l'empêchement et de la
refondation.
Cette temporalité, je la dis « identitaire » parce que le
premier de ces deux temps fait écho au discours sur soi qui
balayait l'espace québécois de la parole publique au moment
de diffusion de la télésérie (1990-91), tandis que le
second évoque la permanence de la refondation - avortée! -
dans l'imaginaire canadien-français, une permanence
entretenue depuis deux siècles par aussi bien les
insurrections de 1837-1838 que les référendums de 1980 et
1995, aussi bien l'utopie de l'Amérique française
continentale que la colonisation du Nord québécois.
Mon travail est novateur, ne serait-ce que parce que les
historiens québécois ne s'intéressent pas à la télévision
ni à ses divers contenus. La fiction sérielle n'interpelle
que les littéraires et les spécialistes des communications.
Or, la dimension historique fait généralement défaut à
leurs travaux.
Ceci m'amène au deuxième volet de mes recherches. Depuis un
an, j'ai commencé à me pencher sur l'histoire et la mémoire
de la télévision naissante au Québec (en gros, les années
cinquante). Je n'en suis encore qu'à travailler
l'historiographie, c'est-à-dire le discours construit sur
l'objet télévision, mais j'aimerais disposer des moyens
d'approfondir la question dans les années à venir.
J'ai déjà donné une première conférence au sujet de la
télévision. Une autre est prévue au programme du prochain
congrès de l'IHAF, fin octobre à Sherbrooke.
Merci, enfin, à P. Paradis d'avoir porté à ma connaissance
l'existence de cette liste.
Au plaisir,
Frédéric Demers
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