Bonjour Frédéric
Merci beaucoup de la question. C?est une interrogation intéressante, mais à
laquelle il doit cependant être difficile de répondre. À moins que je ne me
trompe, les sources d?information viennent à peu près toute de ceux que vous
nommez les "définisseurs de la nation", donc l?élite. C?est difficile de
savoir ce que les gens ordinaires pensaient. Peut-être que des chansons
populaires peuvent donner un indice, mais je ne sais pas si cette question
des héroines y était abordée. Existait-il à cette époque du théâtre
"populaire" semblable, disons, à celui que fera plus tard Gratien Gélinas?
Je serais portée à croire que non, mais là-encore je ne sais pas. Je ne suis
pas une spécialiste, après tout!
En creusant bien, on finira peut-être par trouver des éléments pertinents
sur cette question, et peut-être même des éléments surprenants!
À nouveau merci de la question et de votre intérêt pour mon travail.
Sincèrement,
Nadia Levac
>From: Frédéric Demers <
frederic.demers@...>
>Reply-To:
herodote@...
>To:
herodote@...
>Subject: Re: [herodote] Un nouveau membre
>Date: Thu, 24 Oct 2002 09:03:45 GMT+1
>
>
>Bonjour Nadia,
>
>J'aimerais revenir --- malgré le délai d'un mois --- sur
>votre présentation personnelle que j'ai lue avec intérêt.
>
>Dans un article que j'ai commis sur la figure de l'héroïne
>au Canada français depuis le XIXe siècle --- prétexte à
>disserter sur cette grande héroïne téléromanesque que fut
>Émilie Bordeleau (paix à son âme virtuelle) ---, j'ai noté
>comme vous le faites la nature infantilisante du code civil
>de 1866 et les assouplissements ultérieurs apportés en (ou
>vers) 1915 à cause du prolongement de la guerre. Notant
>cela, je ne faisais que citer Linteau-Durocher-Robert ou le
>Collectif Clio (je ne sais plus trop), mais je n'ai pas
>poussé plus avant la discussion car tel n'était pas mon
>objet premier. Simplement, je voulais juste mettre en
>contexte le fait que les modèles d'héroïsme féminin proposés
>par les grands paroliers et idéologues tendaient à perpétuer
>pour les femmes un état d'infantilisme et de soumission.
>
>Je précise qu'on ne parle, ici, que des héroïnes dites
>"instituées" par les définisseurs de la nation, c'est-à-dire
>celles qui sont préalablement passées par le filtre
>idéologique que manipulent les dirigeants, les folkloristes,
>les historiens, les littéraires, etc.
>
>Je me suis quand même demandé par après si, quand le regard
>allait de bas en haut et qu'on regardait la situation du
>point de vue des masses, l'image de l'héroïsme féminin (et
>de la femme en général) était la même, ou si, au contraire,
>des différences notables se percevaient. Peut-être avez-vous
>une opinion ?
>
>Frédéric Demers
>Université Laval
>
_________________________________________________________________
MSN Messenger : discutez en direct avec vos amis !
http://www.msn.fr/msger/default.asp