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#339 De: "Sylvain Dufault" <dufauls@...>
Date: VEN 11. JUL 2003  20:26
Sujet: Re: Hérodote se retire
dufauls@...
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Merci Christine d'avoir investi de ton temps dans ce merveilleux projet.

Sylvain

>From: "Christine Simard"
>Reply-To: herodote@...
>To: herodote@...
>Subject: [herodote] Hérodote se retire
>Date: Fri, 11 Jul 2003 02:21:11 -0000
>
>Bonjour à toutes et à tous,
>
>C'est avec regret que je vous annonce la fermeture du site
>Hérodote. Le manque de ressources et le manque de temps m'obligent
>à mettre fin aux activités du site.
>
>Créé en 1999, Hérodote avait pour objectif de permettre aux
>étudiants des études avancées de faire connaître leurs travaux de
>maîtrise ou de doctorat par Internet. Depuis, de nombreuses
>universités québécoises ont pris la décision de mettre les résumés
>de mémoires et de thèse sur leur propre site. Également, des projets
>tels que Cyberthèse ( http://www.cybertheses.org), contribuent au
>rayonnement des thèses sur Internet.
>
>Je vous remercie sincèrement de votre participation. Je conserverai
>les archives de la liste Hérodote et si vous souhaitez les
>consulter, il me fera plaisir de vous les rendre accessible.
>
>Cordialement,
>Christine Simard
>
>
>


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#338 De: "pernin christine" <pernin.chris@...>
Date: VEN 11. JUL 2003  15:53
Sujet: Re: Hérodote se retire
chrisjura
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comme c'est domage !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
peurt etre serrez vous de retour bientot ?j'espere
amitie chris
----- Original Message -----
Sent: Friday, July 11, 2003 4:21 AM
Subject: [herodote] Hérodote se retire

Bonjour à toutes et à tous,

C'est avec regret que je vous annonce la fermeture du site
Hérodote.  Le manque de ressources et le manque de temps m'obligent
à mettre fin aux activités du site.

Créé en 1999, Hérodote avait pour objectif de permettre aux
étudiants des études avancées de faire connaître leurs travaux de
maîtrise ou de doctorat par Internet.  Depuis, de nombreuses
universités québécoises ont pris la décision de mettre les résumés
de mémoires et de thèse sur leur propre site. Également, des projets
tels que Cyberthèse ( http://www.cybertheses.org), contribuent au
rayonnement des thèses sur Internet.

Je vous remercie sincèrement de votre participation.  Je conserverai
les archives de la liste Hérodote et si vous souhaitez les
consulter, il me fera plaisir de vous les rendre accessible.

Cordialement,
Christine Simard




http://www.iquebec.com/herodote
Modératrice: Christine Simard |
csimard@...

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#337 De: "Christine Simard" <simardc@...>
Date: VEN 11. JUL 2003  2:21
Sujet: Hérodote se retire
formation_1999
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Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour à toutes et à tous,

C'est avec regret que je vous annonce la fermeture du site
Hérodote.  Le manque de ressources et le manque de temps m'obligent
à mettre fin aux activités du site.

Créé en 1999, Hérodote avait pour objectif de permettre aux
étudiants des études avancées de faire connaître leurs travaux de
maîtrise ou de doctorat par Internet.  Depuis, de nombreuses
universités québécoises ont pris la décision de mettre les résumés
de mémoires et de thèse sur leur propre site. Également, des projets
tels que Cyberthèse ( http://www.cybertheses.org), contribuent au
rayonnement des thèses sur Internet.

Je vous remercie sincèrement de votre participation.  Je conserverai
les archives de la liste Hérodote et si vous souhaitez les
consulter, il me fera plaisir de vous les rendre accessible.

Cordialement,
Christine Simard

#336 De: "elaouene <elaouene@...>" <elaouene@...>
Date: VEN 4. AVR 2003  14:46
Sujet: La sculpture du lion d'Ifrane (Maroc)
elaouene
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Publié dans le « MATIN » du dimanche 16 mars 2003(Maroc : Le Matin du
Sahara et du Maghreb)

Chronique sur la recherche du lion d&#8217;Ifrane

Par  Mohammed   EL AOUENE



La rencontre est stupéfiante. Retiré dans un îlot de verdure de ce
parc naturel, taillé à même la roche, un lion se repose, méditatif,
semblant plongé dans une profonde introspection. Il ne cesse
d&#8217;intriguer les visiteurs depuis de longues décennies. Puissant,
impassible, aux dimensions impressionnantes : 7 m. de long, 2 m. de
haut et 1,50 m.

Inscrites dans la légende, les rumeurs les plus diverses courent
depuis très longtemps selon lesquelles il serait l&#8217;&#339;uvre de
prisonniers, de légionnaires, d&#8217;individus aux nationalités diverses&#=
8230;
Depuis quand est-il là, qui en est le sculpteur ? Une énigme
intéressante à résoudre.

L&#8217;histoire du Moyen Atlas sujet de nombreuses discussions amicales
avec d&#8217;autres personnes comme moi natives d&#8217;Ifrane, amenait de =

résurgentes interrogations sur cette sculpture. Par ailleurs, mes
fonctions administratives au Ministère des Affaires Culturelles de la
région m&#8217;avaient permis de recueillir des anecdotes intéressantes
mais rien de tangible. A la suite d&#8217;articles parus dans la presse
nationales sur «  la recherche sur le lion d&#8217;Ifrane » puis sur
Internet, j&#8217;ai pu constater, l&#8217;intérêt suscité, par les réponse=
s des
lecteurs. Une excellente équipe, hétérogène, dispersée à tous les
horizons s&#8217;est naturellement constituée, afin de remonter à la genèse=

de notre fauve en retrouvant son auteur. Ce récit en est la synthèse
de nos échanges quasi-journaliers.

Tahar BENJELLOUN écrit « on définit la culture d&#8217;une société à ses
monuments,  à sa relation avec le passé par son ancrage dans
l&#8217;histoire » ou plus prosaïquement : le présent est le fils du passé.=

L&#8217;islam interdit la représentation figurative, aussi, un musulman
s&#8217;étonnera de la présence de cette statue, s&#8217;il fait abstractio=
n de
l&#8217;histoire de la religion et de celle du pays au cours des siècles
précédents, omettant les communautés diverses qui y ont vécu et
laissé leur empreinte.

CE LION

Symbolise-t-il le Maroc pacifié ou pérennise-t-il le souvenir de ces
fauves qui le peuplaient jusqu&#8217;au début du siècle dernier ? Rien
d&#8217;avéré. Difficile a posteriori de définir les intentions de
l&#8217;artiste ou de son commanditaire. Pourquoi ne pas simplement
accréditer la thèse de ceux qui prétendent que le rocher suggérait
l&#8217;animal ? Les professeurs de littérature arabe enseignent que le
poète, par extension l&#8217;artiste subit l&#8217;influence conjoncturelle=
  de
son environnement.

Populaire et familier, présent aux armoiries de la ville ; qui évoque
IFRANE l&#8217;associe immédiatement au paysage et à ses propres souvenirs.=

Notre première rencontre, a sublimé longtemps mon imaginaire. Mon ami
d&#8217;enfance, Henri GIORGI, français, qui a vécu ces mêmes frayeurs dans=

des circonstances analogues, invite les touristes en villégiature
dans la région, à lui donner de « ses nouvelles ». Tout comme on
s&#8217;inquiète d&#8217;un ami lointain.

LA SCULPTURE

Le style fait-il allusion, ou s&#8217;inspire-t-il des lions de l&#8217;Alh=
ambra
de Grenade (Espagne) ? Pas vraiment, la facture en est différente.
Ils sont douze debout taillés dans le marbre. De pierre tendre, il
est seul, couché. Points communs : la sobriété du trait et la
civilisation arabe.

Un premier courrier du Conservateur du Patrimoine des archives
diplomatiques de Nantes (France) confirme « qu&#8217;aucune date, ni
indication sur l&#8217;auteur n&#8217;apparaît. Une certitude : la statue f=
igure
sur le plan d&#8217;Ifrane daté du 12 août 1932. »

Remonter aux prémisses de la ville ? Facile, en somme pas si loin que
ça ! Laissons à Larbi AÏSSA le soin de réaliser son projet d&#8217;en
écrire l&#8217;histoire. Soulignons simplement le fait que l&#8217;idée de =
la
station en revient à Eirik LABONNE, Secrétaire Général du Protectorat
Français au Maroc puis Résident Général, et que la mise en chantier
débute en 1929.

Dans son livre  «  Les cytises de Jaba : Retour en mon pays
berbère », Josette HENRY-GIORGI, ex-institutrice, fille du premier
receveur des postes, évoquant la création de la station, précise
qu&#8217;elle l&#8217;a vu naître sous le ciseau d&#8217;un professeur de d=
essin du
lycée GOURAUD (Lycée Hassan II) de Rabat dans les années 1930 : Henri
MOREAU. Elément retenu.

LE SCULPTEUR

Retour sur Internet !  Le livre d&#8217;or du lycée GOURAUD montre la
photographie de l&#8217;inauguration, le 7 avril 1946, du monument aux
morts, &#339;uvre du professeur de dessin Henri MOREAU, en fonction de
1928 à 1944. A noter que le Bénézit, dictionnaire des peintres,
sculpteurs, dessinateurs, graveurs, ne le mentionne pas. Par
ailleurs, ce patronyme français est courant dans de nombreuses
régions et dans ces mêmes professions. D&#8217;où notre circonspection,
s&#8217;agit-il de la même personne ou d&#8217;un homonyme ?

Une mince biographie d&#8217;Eric LABAYLE, élude le professorat à  GOURAUD =

mais nous confirme les prénoms de l&#8217;artiste et certains &#339;uvres c=
réées
au Maroc : La vierge aux Cèdres d&#8217;Ifrane, le buste de Mohammed V, des=

portraits&#8230;pas de lion ! Liste attestée par courriel de Bruno THET,
neveu de MOREAU. Renseignements intéressants corroborés par les
documents recueillis par Mireille MUSSEAU auprès des Beaux-arts de
Libourne qui, avec une extrême amabilité nous ont remis :

Ø  Une plaquette d&#8217;une exposition au musée de Carmel en 1988 ;
Ø Une liste manuscrite de MOREAU, des pièces faites à Rabat ;
Ø Lettre de remerciement au Général AMADE pour son emploi au
Maroc ;
Ø Des artistes du journal Sud-ouest où Jean François HARRIBEY
fait l&#8217;apologie de l&#8217;&#339;uvre, une interview de Madame MOREAU=
  citant le
lion d&#8217;IFRANE, enfin !

Une opportunité m&#8217;offre un début du fil d&#8217;Ariane à la Bibliothè=
que
Générale et Archives de Rabat. Dans le N° 14 de la revue « Maroc » du
15 août 1930, MOREAU pose devant sa statue. Légende : « Le lion
d&#8217;Ifrane sculpté entièrement dans le roc. M. Moreau, de Rabat que la =

photo nous montre placé devant son &#339;uvre a eu le mérite de
l&#8217;exécution de cette sculpture à la fois originale et imposante. »
L&#8217;article est intitulé : «  IFRANE, la perle de l&#8217;Atlas. » Il e=
st
signé par J. CARRE. Rimeur en manque d&#8217;inspiration l&#8217;auteur n&#=
8217;a-t-il
trouvé que « crâne »&#8230; pour « Ifrane » ? Alors que notre jolie ville
où la nature généreuse et luxuriante offre si joliment « ourtane »,
nom berbère évocateur de jardin fruitier.



RETOUR A L&#8217;HISTOIRE

La situation géographique d&#8217;Ifrane, la topographie et son climat
privilégié, déterminent le choix du Gouvernement marocain à
l&#8217;édification d&#8217;une station estivale dans un espace vierge de t=
oute
construction. Une partie de la main d&#8217;&#339;uvre sera constituée de
prisonniers. Le 9 juillet 1929 arrive le premier camion de matériaux.
Le 15 août 1929  voit l&#8217;inauguration des hôtels, du Casino, de
chalets, ainsi que le Centre d&#8217;estivage et de la place du lion&#8230;=


E. LABONNE, Le Secrétaire Général du Protectorat avise M. TOURNAN,
Chef du Centre d&#8217;Ifrane «  de l&#8217;arrivée du sculpteur pour trava=
iller
au rocher du lion par une note de service N° 63 du 2 mars 1930 &#8211;
Objet : Ifrane, place du lion &#8211; travaux exécutés par M. MOREAU.
L&#8217;&#339;uvre devra être terminée le 20 avril prochain, 2 ou 3 prisonn=
iers
seront mis à sa disposition pour accomplir ce travail ». Selon les
relevés du Budget dressé le 15 juillet 1930, la réalisation du projet
ne prendra que 15 jours.

Henri Jean MOREAU est né à LIBOURNE (France) où la municipalité lui
commande le monument aux morts de la guerre 1914/1918. Il n&#8217;obtient
qu&#8217;un succès d&#8217;estime. Sur la recommandation du Général D&#8217=
;AMADE, il
s&#8217;installe à Rabat au poste d&#8217;inspecteur aux Monuments Historiq=
ues et
celui de professeur de dessin au lycée GOURAUD, tout en continuant sa
carrière de sculpteur. Malade, il rentrera définitivement en France,
en 1954 pour mourir dans l&#8217;indifférence, oublié, en 1956, dans la
propriété de BARROUIL à BOSSUGAN - Commune de St-EMILION, à 5 Km de
LIBOURNE, Département de la GIRONDE &#8211; Pourquoi donc avoir laissé
s&#8217;instaurer l&#8217;incognito sur le lion alors qu&#8217;il est encor=
e à IFRANE ?

Le sculpteur et son &#339;uvre restent ignorés des Libournais, tant il est =

vrai que nul n&#8217;est prophète en son pays. A longueur de jour de
nombreuses personnes passent devant le monument aux morts du lycée
Hassan II à RABAT, celui de LIBOURNE et la statue d&#8217;IFRANE en
méconnaissant le nom de l&#8217;artiste.

Ironie du sort, depuis plus de soixante-dix ans, sous le beau soleil
du Maroc et dans le plus grand anonymat, la notoriété de la sculpture
d&#8217;IFRANE continue à se tailler la part du lion.

Mohammed  EL AOUENE
Rabat, le 28 février 2003

#335 De: "elaouene <elaouene@...>" <elaouene@...>
Date: VEN 4. AVR 2003  11:22
Sujet: Ifrane (Maroc) : La sculpture du lion
elaouene
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Publié dans le « MATIN » du dimanche 16 mars 2003(Maroc : Le Matin du
Sahara et du Maghreb)

Chronique sur la recherche du lion d&#8217;Ifrane

Par  Mohammed   EL AOUENE



La rencontre est stupéfiante. Retiré dans un îlot de verdure de ce
parc naturel, taillé à même la roche, un lion se repose, méditatif,
semblant plongé dans une profonde introspection. Il ne cesse
d&#8217;intriguer les visiteurs depuis de longues décennies. Puissant,
impassible, aux dimensions impressionnantes : 7 m. de long, 2 m. de
haut et 1,50 m.

Inscrites dans la légende, les rumeurs les plus diverses courent
depuis très longtemps selon lesquelles il serait l&#8217;&#339;uvre de
prisonniers, de légionnaires, d&#8217;individus aux nationalités diverses&#=
8230;
Depuis quand est-il là, qui en est le sculpteur ? Une énigme
intéressante à résoudre.

L&#8217;histoire du Moyen Atlas sujet de nombreuses discussions amicales
avec d&#8217;autres personnes comme moi natives d&#8217;Ifrane, amenait de =

résurgentes interrogations sur cette sculpture. Par ailleurs, mes
fonctions administratives au Ministère des Affaires Culturelles de la
région m&#8217;avaient permis de recueillir des anecdotes intéressantes
mais rien de tangible. A la suite d&#8217;articles parus dans la presse
nationales sur «  la recherche sur le lion d&#8217;Ifrane » puis sur
Internet, j&#8217;ai pu constater, l&#8217;intérêt suscité, par les réponse=
s des
lecteurs. Une excellente équipe, hétérogène, dispersée à tous les
horizons s&#8217;est naturellement constituée, afin de remonter à la genèse=

de notre fauve en retrouvant son auteur. Ce récit en est la synthèse
de nos échanges quasi-journaliers.

Tahar BENJELLOUN écrit « on définit la culture d&#8217;une société à ses
monuments,  à sa relation avec le passé par son ancrage dans
l&#8217;histoire » ou plus prosaïquement : le présent est le fils du passé.=

L&#8217;islam interdit la représentation figurative, aussi, un musulman
s&#8217;étonnera de la présence de cette statue, s&#8217;il fait abstractio=
n de
l&#8217;histoire de la religion et de celle du pays au cours des siècles
précédents, omettant les communautés diverses qui y ont vécu et
laissé leur empreinte.

CE LION

Symbolise-t-il le Maroc pacifié ou pérennise-t-il le souvenir de ces
fauves qui le peuplaient jusqu&#8217;au début du siècle dernier ? Rien
d&#8217;avéré. Difficile a posteriori de définir les intentions de
l&#8217;artiste ou de son commanditaire. Pourquoi ne pas simplement
accréditer la thèse de ceux qui prétendent que le rocher suggérait
l&#8217;animal ? Les professeurs de littérature arabe enseignent que le
poète, par extension l&#8217;artiste subit l&#8217;influence conjoncturelle=
  de
son environnement.

Populaire et familier, présent aux armoiries de la ville ; qui évoque
IFRANE l&#8217;associe immédiatement au paysage et à ses propres souvenirs.=

Notre première rencontre, a sublimé longtemps mon imaginaire. Mon ami
d&#8217;enfance, Henri GIORGI, français, qui a vécu ces mêmes frayeurs dans=

des circonstances analogues, invite les touristes en villégiature
dans la région, à lui donner de « ses nouvelles ». Tout comme on
s&#8217;inquiète d&#8217;un ami lointain.

LA SCULPTURE

Le style fait-il allusion, ou s&#8217;inspire-t-il des lions de l&#8217;Alh=
ambra
de Grenade (Espagne) ? Pas vraiment, la facture en est différente.
Ils sont douze debout taillés dans le marbre. De pierre tendre, il
est seul, couché. Points communs : la sobriété du trait et la
civilisation arabe.

Un premier courrier du Conservateur du Patrimoine des archives
diplomatiques de Nantes (France) confirme « qu&#8217;aucune date, ni
indication sur l&#8217;auteur n&#8217;apparaît. Une certitude : la statue f=
igure
sur le plan d&#8217;Ifrane daté du 12 août 1932. »

Remonter aux prémisses de la ville ? Facile, en somme pas si loin que
ça ! Laissons à Larbi AÏSSA le soin de réaliser son projet d&#8217;en
écrire l&#8217;histoire. Soulignons simplement le fait que l&#8217;idée de =
la
station en revient à Eirik LABONNE, Secrétaire Général du Protectorat
Français au Maroc puis Résident Général, et que la mise en chantier
débute en 1929.

Dans son livre  «  Les cytises de Jaba : Retour en mon pays
berbère », Josette HENRY-GIORGI, ex-institutrice, fille du premier
receveur des postes, évoquant la création de la station, précise
qu&#8217;elle l&#8217;a vu naître sous le ciseau d&#8217;un professeur de d=
essin du
lycée GOURAUD (Lycée Hassan II) de Rabat dans les années 1930 : Henri
MOREAU. Elément retenu.

LE SCULPTEUR

Retour sur Internet !  Le livre d&#8217;or du lycée GOURAUD montre la
photographie de l&#8217;inauguration, le 7 avril 1946, du monument aux
morts, &#339;uvre du professeur de dessin Henri MOREAU, en fonction de
1928 à 1944. A noter que le Bénézit, dictionnaire des peintres,
sculpteurs, dessinateurs, graveurs, ne le mentionne pas. Par
ailleurs, ce patronyme français est courant dans de nombreuses
régions et dans ces mêmes professions. D&#8217;où notre circonspection,
s&#8217;agit-il de la même personne ou d&#8217;un homonyme ?

Une mince biographie d&#8217;Eric LABAYLE, élude le professorat à  GOURAUD =

mais nous confirme les prénoms de l&#8217;artiste et certains &#339;uvres c=
réées
au Maroc : La vierge aux Cèdres d&#8217;Ifrane, le buste de Mohammed V, des=

portraits&#8230;pas de lion ! Liste attestée par courriel de Bruno THET,
neveu de MOREAU. Renseignements intéressants corroborés par les
documents recueillis par Mireille MUSSEAU auprès des Beaux-arts de
Libourne qui, avec une extrême amabilité nous ont remis :

Ø  Une plaquette d&#8217;une exposition au musée de Carmel en 1988 ;
Ø Une liste manuscrite de MOREAU, des pièces faites à Rabat ;
Ø Lettre de remerciement au Général AMADE pour son emploi au
Maroc ;
Ø Des artistes du journal Sud-ouest où Jean François HARRIBEY
fait l&#8217;apologie de l&#8217;&#339;uvre, une interview de Madame MOREAU=
  citant le
lion d&#8217;IFRANE, enfin !

Une opportunité m&#8217;offre un début du fil d&#8217;Ariane à la Bibliothè=
que
Générale et Archives de Rabat. Dans le N° 14 de la revue « Maroc » du
15 août 1930, MOREAU pose devant sa statue. Légende : « Le lion
d&#8217;Ifrane sculpté entièrement dans le roc. M. Moreau, de Rabat que la =

photo nous montre placé devant son &#339;uvre a eu le mérite de
l&#8217;exécution de cette sculpture à la fois originale et imposante. »
L&#8217;article est intitulé : «  IFRANE, la perle de l&#8217;Atlas. » Il e=
st
signé par J. CARRE. Rimeur en manque d&#8217;inspiration l&#8217;auteur n&#=
8217;a-t-il
trouvé que « crâne »&#8230; pour « Ifrane » ? Alors que notre jolie ville
où la nature généreuse et luxuriante offre si joliment « ourtane »,
nom berbère évocateur de jardin fruitier.



RETOUR A L&#8217;HISTOIRE

La situation géographique d&#8217;Ifrane, la topographie et son climat
privilégié, déterminent le choix du Gouvernement marocain à
l&#8217;édification d&#8217;une station estivale dans un espace vierge de t=
oute
construction. Une partie de la main d&#8217;&#339;uvre sera constituée de
prisonniers. Le 9 juillet 1929 arrive le premier camion de matériaux.
Le 15 août 1929  voit l&#8217;inauguration des hôtels, du Casino, de
chalets, ainsi que le Centre d&#8217;estivage et de la place du lion&#8230;=


E. LABONNE, Le Secrétaire Général du Protectorat avise M. TOURNAN,
Chef du Centre d&#8217;Ifrane «  de l&#8217;arrivée du sculpteur pour trava=
iller
au rocher du lion par une note de service N° 63 du 2 mars 1930 &#8211;
Objet : Ifrane, place du lion &#8211; travaux exécutés par M. MOREAU.
L&#8217;&#339;uvre devra être terminée le 20 avril prochain, 2 ou 3 prisonn=
iers
seront mis à sa disposition pour accomplir ce travail ». Selon les
relevés du Budget dressé le 15 juillet 1930, la réalisation du projet
ne prendra que 15 jours.

Henri Jean MOREAU est né à LIBOURNE (France) où la municipalité lui
commande le monument aux morts de la guerre 1914/1918. Il n&#8217;obtient
qu&#8217;un succès d&#8217;estime. Sur la recommandation du Général D&#8217=
;AMADE, il
s&#8217;installe à Rabat au poste d&#8217;inspecteur aux Monuments Historiq=
ues et
celui de professeur de dessin au lycée GOURAUD, tout en continuant sa
carrière de sculpteur. Malade, il rentrera définitivement en France,
en 1954 pour mourir dans l&#8217;indifférence, oublié, en 1956, dans la
propriété de BARROUIL à BOSSUGAN - Commune de St-EMILION, à 5 Km de
LIBOURNE, Département de la GIRONDE &#8211; Pourquoi donc avoir laissé
s&#8217;instaurer l&#8217;incognito sur le lion alors qu&#8217;il est encor=
e à IFRANE ?

Le sculpteur et son &#339;uvre restent ignorés des Libournais, tant il est =

vrai que nul n&#8217;est prophète en son pays. A longueur de jour de
nombreuses personnes passent devant le monument aux morts du lycée
Hassan II à RABAT, celui de LIBOURNE et la statue d&#8217;IFRANE en
méconnaissant le nom de l&#8217;artiste.

Ironie du sort, depuis plus de soixante-dix ans, sous le beau soleil
du Maroc et dans le plus grand anonymat, la notoriété de la sculpture
d&#8217;IFRANE continue à se tailler la part du lion.

Mohammed  EL AOUENE
Rabat, le 28 février 2003

#334 De: Frédéric Demers <frederic.demers@...>
Date: MAR 11. FÉV 2003  2:19
Sujet: Symposium d'histoire intellectuelle
frederic.demers@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour Christine,

Je profite de la tribune que m'offre Hérodote pour
diffuser l'invitation suivante.

Frédéric Demers

***

Symposium d'histoire intellectuelle

L'Institut d'études canadiennes de McGill invite le public
à assister au symposium bilingue d'un jour intitulé "Les
nouvelles orientations en histoire intellectuelle du
Canada". L'événement multidisciplinaire aura lieu le 13
mars 2003 à l'Université McGill dans la salle de bal de
Thomson House (3650, rue McTavish, Montréal). Le programme
complet du symposium se trouve ci-dessous. Pour de plus
amples renseignements, contactez M. Michel Ducharme
(michel.ducharme@...) au 514-398-2974 ou
visitez le

www.misc-iecm.mcgill.ca/FR/evenements/symposium.html


LES NOUVELLES ORIENTATIONS EN HISTOIRE INTELLECTUELLE DU
CANADA

PROGRAMME

8h55 - Mot de bienvenue / Welcome
Antonia Maioni (Director, McGill Institute for the Study
of Canada)

9h00 - Discours inaugural / Opening Address
Ramsay Cook (General Editor, Dictionary of Canadian
Biography) : "Canadian Intellectual History: What Has Been
Done?"

9h20 - La fin du paradigme national ? / The End of the
National Paradigm ?

Présidente / Chair: Gretta Chambers (Chancellor Emerita,
McGill University)

Allan Smith (Department of History, UBC) : "Organizing
Ideas and How They Work: The National-International
Binary, the Rise of Transnationalism, and the Imagining of
the Canadian Community"

Joseph Yvon Thériault (Département de sociologie,
Université d'Ottawa) : "Peut-on encore penser des
traditions politiques nationales?"

Jocelyn Létourneau (Département d'histoire, Université
Laval) : "Paradigme national et mise en sens de
l'expérience historique canadienne."

11h00 - Histoire intellectuelle et multidisciplinarité /
Intellectual History and Multidisciplinarity

Président / Chair: Éric Bédard (Département d'histoire,
Université McGill)

Sylvie Lacombe (Département de sociologie, Université
Laval) : "Les ponts reliant la sociologie comparative et
l'histoire des idées"

Manon Brunet (Département de français, UQTR) : "Sources,
objets et objectifs de l'histoire des réseaux littéraires
au XIXe siècle"

Heather Murray (Department of English, University of
Toronto) : "Working on the Middle Ground: Intellectual
Circles and Cultural Associations as Sources for
Intellectual History"

12h30 - Dîner / Lunch

13h30 - Histoire intellectuelle et sphère publique /
Intellectual History and the Public Sphere

Président / Chair: Guy Laperrière (Département d'histoire
et de sciences politiques, Université de Sherbrooke)

A.B. McKillop (Department of History, Carleton
University) : "Intellectual History and the Public
Intellectual."

Cecilia Morgan (Department of History, University of
Toronto) : "Gender, Commemoration, and the Creation of
Public Spheres in Late-Nineteenth and Twentieth Century
Southern Ontario"

Pierre Hébert (Département des lettres et communications,
Université de Sherbrooke) : "Une littérature et ses
péchés : dialogue entre l'histoire de la censure et
l'histoire des idées"

Pierre Trépanier (Département d'histoire, Université de
Montréal) : "Nécessité épistémologique et pertinence
sociale de l'histoire du traditionalisme canadien-
français"

15h30 - Histoire intellectuelle et histoire culturelle /
Intellectual and Cultural History

Président / Chair: Carman Miller (Dean, Faculty of Arts,
McGill University)

Fernande Roy (Département d'histoire, UQAM) : "Histoire
culturelle et histoire intellectuelle"

Jeffrey McNairn (Department of History, Queen's
University) : "Culture or Ideas?: Travellers' Texts,
Economic Culture, and Intellectual History"

Yvan Lamonde (Département de langue et littérature
françaises, Université McGill) : "L'histoire de l'imprimé
et les grandes trames de l'histoire culturelle du Canada
(18e-19e siècles)"

17h00 - Discours de clôture / Closing Address
Brian Young (Department of History, McGill University)


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#333 De: "Christine Simard" <christine_simard@...>
Date: LUN 10. FÉV 2003  23:09
Sujet: Abonnez vous à la Cyberlettre des archives de Radio-Canada
christine_simard@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour!
 
Comme vous le savez peut-être déjà, le site des archives de Radio-Canada est en ligne depuis le mois de juillet 2002 (http://www.radio-canada.ca/archives ).  Il vise à rendre accessible au grand public une partie de la vaste collection d'archives radiophoniques et télévisuelles de Radio-Canada et de la CBC.
 
Il y a quelques semaines, nous avons lancé notre cyberlettre. En vous y abonnant, vous recevrez chaque vendredi des nouvelles du site des Archives de Radio-Canada. Vous y découvrirez les nouveaux dossiers mis en ligne au cours de la semaine, les coups de cœur de l’équipe, la question de la semaine ou encore des concours.

Je vous invite donc à vous y abonner en suivant le lien ci-dessous :

http://archives.radio-canada.ca/cyberlettre.asp?IDLan=0&IDMenu=-8&NC=1

Merci et à très bientôt,

Christine

 

 

Christine Simard
Chef de secteur, Archives numérisées
Radio-Canada
http://www.radio-canada.ca/archives
tél.: 514-597-5377
cell.: 514-895-0395


#332 De: "Christine Simard" <simardc@...>
Date: VEN 15. NOV 2002  13:39
Sujet: Re: Un intéressant site pour l'histoire sociale
formation_1999
Messenger Messenger
Envoyer un message Envoyer un message
 
Merci beaucoup Nadia!

C'est en effet une bonne ressource.  J'ai bien aimé la liste des nouveaux
sites
Web en histoire http://barthes.ens.fr/clio/outils/pointeurs/nouveau.html

On fait du progrès ;-)

Christine

----- Original Message -----
From: "Nadia Levac" <saskja47@...>
To: <herodote@...>
Sent: Friday, November 15, 2002 1:44 AM
Subject: [herodote] Un intéressant site pour l'histoire sociale


> Bonjour à tous,
> Bonjour Christine,
>
> Je voudrais simplement partager avec les membres de la liste l'information
> suivante. J'ai trouvé récemment un outil bibliographique pour la recherche
> en histoire sociale. Il s'agit du site Clio (tout simplement!). Il suffit
> d'aller à l'adresse :
>
> http://barthes.ens.fr/clio/note_clio.html
>
> En cliquant sur l'onglet "Outils pour historiens", on a acces à des
> bibliographies diverses, notament reliées au travail dans les archives, à
> l'histoire de l'histoire, et à l'immigration.
>
> Malgré son caractère assez franco-français, à ce que je peux voir, je
pense
> qu'il peut être potentiellement utile à beaucoup de gens.
>
> Bonnes recherches à tous !
>
> Nadia Levac
>
> _________________________________________________________________
> MSN Search, le moteur de recherche qui pense comme vous !
> http://search.msn.fr/worldwide.asp
>
>
>
> http://www.iquebec.com/herodote
> Modératrice: Christine Simard |
> csimard@...
>
> Il est strictement interdit de reproduire les textes publiés dans Hérodote
sans l'approbation des auteurs. Merci.
>
>
>
> L'utilisation du service Yahoo! Groupes est sujette à l'acceptation
> des Conditions d'utilisation disponible à cette adresse URL
> http://cf.docs.yahoo.com/info/utos.html
>
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>
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>

#331 De: "Nadia Levac" <saskja47@...>
Date: VEN 15. NOV 2002  6:44
Sujet: Un intéressant site pour l'histoire sociale
saskja47@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour à tous,
Bonjour Christine,

Je voudrais simplement partager avec les membres de la liste l'information
suivante. J'ai trouvé récemment un outil bibliographique pour la recherche
en histoire sociale. Il s'agit du site Clio (tout simplement!). Il suffit
d'aller à l'adresse :

http://barthes.ens.fr/clio/note_clio.html

En cliquant sur l'onglet "Outils pour historiens", on a acces à des
bibliographies diverses, notament reliées au travail dans les archives, à
l'histoire de l'histoire, et à l'immigration.

Malgré son caractère assez franco-français, à ce que je peux voir, je pense
qu'il peut être potentiellement utile à beaucoup de gens.

Bonnes recherches à tous !

Nadia Levac

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http://search.msn.fr/worldwide.asp

#330 De: "Nadia Levac" <saskja47@...>
Date: DIM 27. OCT 2002  23:17
Sujet: Re: Un nouveau membre
saskja47@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour Frédéric

Merci beaucoup de la question. C?est une interrogation intéressante, mais à
laquelle il doit cependant être difficile de répondre. À moins que je ne me
trompe, les sources d?information viennent à peu près toute de ceux que vous
nommez les "définisseurs de la nation", donc l?élite. C?est difficile de
savoir ce que les gens ordinaires pensaient. Peut-être que des chansons
populaires peuvent donner un indice, mais je ne sais pas si cette question
des héroines y était abordée. Existait-il à cette époque du théâtre
"populaire" semblable, disons, à celui que fera plus tard Gratien Gélinas?
Je serais portée à croire que non, mais là-encore je ne sais pas. Je ne suis
pas une spécialiste, après tout!

En creusant bien, on finira peut-être par trouver des éléments pertinents
sur cette question, et peut-être même des éléments surprenants!

À nouveau merci de la question et de votre intérêt pour mon travail.

Sincèrement,

Nadia Levac





>From: Frédéric Demers <frederic.demers@...>
>Reply-To: herodote@...
>To: herodote@...
>Subject: Re: [herodote] Un nouveau membre
>Date: Thu, 24 Oct 2002 09:03:45 GMT+1
>
>
>Bonjour Nadia,
>
>J'aimerais revenir --- malgré le délai d'un mois --- sur
>votre présentation personnelle que j'ai lue avec intérêt.
>
>Dans un article que j'ai commis sur la figure de l'héroïne
>au Canada français depuis le XIXe siècle --- prétexte à
>disserter sur cette grande héroïne téléromanesque que fut
>Émilie Bordeleau (paix à son âme virtuelle) ---, j'ai noté
>comme vous le faites la nature infantilisante du code civil
>de 1866 et les assouplissements ultérieurs apportés en (ou
>vers) 1915 à cause du prolongement de la guerre. Notant
>cela, je ne faisais que citer Linteau-Durocher-Robert ou le
>Collectif Clio (je ne sais plus trop), mais je n'ai pas
>poussé plus avant la discussion car tel n'était pas mon
>objet premier. Simplement, je voulais juste mettre en
>contexte le fait que les modèles d'héroïsme féminin proposés
>par les grands paroliers et idéologues tendaient à perpétuer
>pour les femmes un état d'infantilisme et de soumission.
>
>Je précise qu'on ne parle, ici, que des héroïnes dites
>"instituées" par les définisseurs de la nation, c'est-à-dire
>celles qui sont préalablement passées par le filtre
>idéologique que manipulent les dirigeants, les folkloristes,
>les historiens, les littéraires, etc.
>
>Je me suis quand même demandé par après si, quand le regard
>allait de bas en haut et qu'on regardait la situation du
>point de vue des masses, l'image de l'héroïsme féminin (et
>de la femme en général) était la même, ou si, au contraire,
>des différences notables se percevaient. Peut-être avez-vous
>une opinion ?
>
>Frédéric Demers
>Université Laval
>




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#329 De: Frédéric Demers <frederic.demers@...>
Date: JEU 24. OCT 2002  9:03
Sujet: Re: Un nouveau membre
frederic.demers@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonjour Nadia,

J'aimerais revenir --- malgré le délai d'un mois --- sur
votre présentation personnelle que j'ai lue avec intérêt.

Dans un article que j'ai commis sur la figure de l'héroïne
au Canada français depuis le XIXe siècle --- prétexte à
disserter sur cette grande héroïne téléromanesque que fut
Émilie Bordeleau (paix à son âme virtuelle) ---, j'ai noté
comme vous le faites la nature infantilisante du code civil
de 1866 et les assouplissements ultérieurs apportés en (ou
vers) 1915 à cause du prolongement de la guerre. Notant
cela, je ne faisais que citer Linteau-Durocher-Robert ou le
Collectif Clio (je ne sais plus trop), mais je n'ai pas
poussé plus avant la discussion car tel n'était pas mon
objet premier. Simplement, je voulais juste mettre en
contexte le fait que les modèles d'héroïsme féminin proposés
par les grands paroliers et idéologues tendaient à perpétuer
pour les femmes un état d'infantilisme et de soumission.

Je précise qu'on ne parle, ici, que des héroïnes dites
"instituées" par les définisseurs de la nation, c'est-à-dire
celles qui sont préalablement passées par le filtre
idéologique que manipulent les dirigeants, les folkloristes,
les historiens, les littéraires, etc.

Je me suis quand même demandé par après si, quand le regard
allait de bas en haut et qu'on regardait la situation du
point de vue des masses, l'image de l'héroïsme féminin (et
de la femme en général) était la même, ou si, au contraire,
des différences notables se percevaient. Peut-être avez-vous
une opinion ?

Frédéric Demers
Université Laval



>From: "Nadia Levac" <saskja47@...>
>Reply-To: herodote@...
>To: herodote@...
>Subject: [herodote] Un nouveau membre
>Date: Sun, 22 Sep 2002 18:00:59 -0400
>
>
>
Bonjour,

Je m?appelle Nadia Levac, j'ai une formation en histoire et
j?espère bien pouvoir commencer une maîtrise dans la même
discipline l?an prochain.

J?ai comme projet une maîtrise en histoire du Québec. Je
voudrais me pencher sur l?image de la femme et de la mère,
autant mariée que célibataire, entre la promulgation du
nouveau code civil en 1866, un code qui avait pour effet
concret d?infantiliser la femme, et les modifications qu?on
fut forcé d?apporter vers 1915 en raison de l?absence de
plusieurs hommes partis pour la guerre (et parfois jamais
revenus). Dans ce demi-siècle, l?ordre social établi se voit
contesté de part et d?autre non seulement au Québec, mais à
l?échelle occidentale. En plus du féminisme qui croît en
importance et en influence, le syndicalisme, le socialisme
et le scientisme (en Europe à tout le moins) sont aussi des
forces en expansion.

C?est connu : la peur des changements et le sentiment
concomitant de menace amènent parfois les gens à se
radicaliser dans leurs croyances et leurs pratiques. Or les
cinq ou six premières décennies de la Confédération, au
Québec, sont très marquées par le conservatisme, et parfois
même l?ultramontanisme. Conséquemment, l?objectif de ma
recherche serait de réfléchir, par une analyse de discours,
à l?image de la femme et de la mère dans ce contexte où le
conservatisme se voit bruyamment contesté par les forces
sociales que j?ai nommées plus haut. Ultimement, mon projet
se trouverait à inscrire les revendications des femmes dans
le contexte socio-politique large d?un bouillonnement
idéologique.

Idéalement, je voudrais parvenir à saisir toute la
complexité discursive, donc regarder au-delà de la
production écrite et considérer aussi, par exemple, la
caricature dans la presse à grand tirage, le théâtre, etc.

Il reste encore beaucoup de travail à faire avant de
commencer. Mon projet doit être mieux défini, et peut-être
davantage circonscrit. Je dois de plus me situer plus
précisément par rapport aux travaux déjà existants sur ce
thème. Enfin, je dois aussi décider si je vais m?inscrire à
Québec ou à Montréal !

Nadia Levac

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#328 De: "Christine Simard" <simardc@...>
Date: JEU 17. OCT 2002  22:08
Sujet: Quand l'histoire est racontée: l'art de la vulgarisation historique
formation_1999
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Bonjour,

Le 16 novembre prochain, le réseau histoire de l'Université du Québec
à Montréal organisera une autre journée carrière à l'intention des
étudiants et des diplômés en histoire.

Cette année, le thème central de la journée carrière est "Quand
l'histoire est racontée: l'art de la vulgarisation historique".

Pour obtenir toutes les informations, consultez le site du Réseau
Histoire :

http://www.reseauhistoire.uqam.ca/activites.html#1_2

À bientôt,

Christine

#327 De: "Christine Simard" <christine_simard@...>
Date: JEU 17. OCT 2002  21:52
Sujet: Rép. : Nouveau membre
christine_simard@...
Envoyer un message Envoyer un message
 
Bonsoir Frédéric,

Merci beaucoup pour ta présentation!

Ne se serait-on pas croisé (de loin!) lors du colloque Médias et Patrimoine qui
avait lieu à Québec la semaine dernière?

Christine


Christine Simard
Coordonnatrice du site des archives de Radio-Canada
http://www.radio-canada.ca/archives
tél.: 597-5377
cell.: 514-895-0395

>>> frederic.demers@... 17/10/02  0:49 >>>
Bonjour à tous.

Comme le veut la pratique, je m'identifie sans tarder. Je
me nomme Frédéric Demers et je planche depuis trop
longtemps déjà sur une thèse de doctorat en histoire à
l'Université Laval. Seul bénéfice concret de cette thèse
jusqu'à maintenant, je possède le statut de membre-étudiant
du Centre d'études sur les lettres, les arts et les
traditions (le CÉLAT), sans contredit l'un des plus
dynamiques centres québécois de recherche dans le domaine
des sciences sociales et humaines.

Mon travail consiste en une analyse, dans une perspective
historienne, de la télésérie "Les Filles de Caleb", une
*uvre au succès populaire monstre et connue au moins
nominalement de chaque Québécois qui n'a pas passé les
douze dernières années en hibernation.

À travers une déconstruction assez systématique de la
série, j'espère parvenir à montrer comment elle recyclait
et réactivait à la sauce du jour les principaux archétypes
identitaires structurant les représentations de soi et de
l'autre de son public-cible, à savoir les Québécois
francophones d'héritage mémoriel canadien-français. Je me
suis aussi rendu compte que l'*uvre faisait appel à ce que
je nommerai ici une « temporalité identitaire »
particulière, réunissant à la fois 1) un temps linéaire
propre au récit classique du gagnant qui agit et accomplit,
et 2) un temps cyclique de l'empêchement et de la
refondation.

Cette temporalité, je la dis « identitaire » parce que le
premier de ces deux temps fait écho au discours sur soi qui
balayait l'espace québécois de la parole publique au moment
de diffusion de la télésérie (1990-91), tandis que le
second évoque la permanence de la refondation - avortée! -
dans l'imaginaire canadien-français, une permanence
entretenue depuis deux siècles par aussi bien les
insurrections de 1837-1838 que les référendums de 1980 et
1995, aussi bien l'utopie de l'Amérique française
continentale que la colonisation du Nord québécois.

Mon travail est novateur, ne serait-ce que parce que les
historiens québécois ne s'intéressent pas à la télévision
ni à ses divers contenus. La fiction sérielle n'interpelle
que les littéraires et les spécialistes des communications.
Or, la dimension historique fait généralement défaut à
leurs travaux.

Ceci m'amène au deuxième volet de mes recherches. Depuis un
an, j'ai commencé à me pencher sur l'histoire et la mémoire
de la télévision naissante au Québec (en gros, les années
cinquante). Je n'en suis encore qu'à travailler
l'historiographie, c'est-à-dire le discours construit sur
l'objet télévision, mais j'aimerais disposer des moyens
d'approfondir la question dans les années à venir.

J'ai déjà donné une première conférence au sujet de la
télévision. Une autre est prévue au programme du prochain
congrès de l'IHAF, fin octobre à Sherbrooke.

Merci, enfin, à P. Paradis d'avoir porté à ma connaissance
l'existence de cette liste.

Au plaisir,

Frédéric Demers
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#326 De: Frédéric Demers <frederic.demers@...>
Date: MER 16. OCT 2002  21:07
Sujet: Nouveau membre
frederic.demers@...
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Bonjour à tous.

Comme le veut la pratique, je m’identifie sans tarder. Je
me nomme Frédéric Demers et je planche depuis trop
longtemps déjà sur une thèse de doctorat en histoire à
l’Université Laval. Seul bénéfice concret de cette thèse
jusqu’à maintenant, je possède le statut de membre-étudiant
du Centre d’études sur les lettres, les arts et les
traditions (le CÉLAT), sans contredit l’un des plus
dynamiques centres québécois de recherche dans le domaine
des sciences sociales et humaines.

Mon travail consiste en une analyse, dans une perspective
historienne, de la télésérie "Les Filles de Caleb", une
œuvre au succès populaire monstre et connue au moins
nominalement de chaque Québécois qui n’a pas passé les
douze dernières années en hibernation.

À travers une déconstruction assez systématique de la
série, j’espère parvenir à montrer comment elle recyclait
et réactivait à la sauce du jour les principaux archétypes
identitaires structurant les représentations de soi et de
l’autre de son public-cible, à savoir les Québécois
francophones d’héritage mémoriel canadien-français. Je me
suis aussi rendu compte que l’œuvre faisait appel à ce que
je nommerai ici une « temporalité identitaire »
particulière, réunissant à la fois 1) un temps linéaire
propre au récit classique du gagnant qui agit et accomplit,
et 2) un temps cyclique de l’empêchement et de la
refondation.

Cette temporalité, je la dis « identitaire » parce que le
premier de ces deux temps fait écho au discours sur soi qui
balayait l’espace québécois de la parole publique au moment
de diffusion de la télésérie (1990-91), tandis que le
second évoque la permanence de la refondation — avortée! —
dans l’imaginaire canadien-français, une permanence
entretenue depuis deux siècles par aussi bien les
insurrections de 1837-1838 que les référendums de 1980 et
1995, aussi bien l’utopie de l’Amérique française
continentale que la colonisation du Nord québécois.

Mon travail est novateur, ne serait-ce que parce que les
historiens québécois ne s’intéressent pas à la télévision
ni à ses divers contenus. La fiction sérielle n’interpelle
que les littéraires et les spécialistes des communications.
Or, la dimension historique fait généralement défaut à
leurs travaux.

Ceci m’amène au deuxième volet de mes recherches. Depuis un
an, j’ai commencé à me pencher sur l’histoire et la mémoire
de la télévision naissante au Québec (en gros, les années
cinquante). Je n'en suis encore qu'à travailler
l’historiographie, c’est-à-dire le discours construit sur
l’objet télévision, mais j’aimerais disposer des moyens
d’approfondir la question dans les années à venir.

J’ai déjà donné une première conférence au sujet de la
télévision. Une autre est prévue au programme du prochain
congrès de l’IHAF, fin octobre à Sherbrooke.

Merci, enfin, à P. Paradis d’avoir porté à ma connaissance
l’existence de cette liste.

Au plaisir,

Frédéric Demers
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#325 De: "elaouene" <elaouene@...>
Date: LUN 14. OCT 2002  10:35
Sujet: La sculpture du lion d'Ifrane (Maroc).
elaouene
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Madame,
       Je ne vous serai que reconnaissant si vous m'envoyiez votre
avis et si possible celui collecté auprès de votre entourage. Bien
sûr que ceux des membres du fort interressant groupe Hérodote
seraient les bienvenus. Vos critiques me seraient d'un grand secours
car j'ai entamé, il y a presque deux ans mon autobiographie, une
autobiographie très aux évènements qui ont marqué l'histoire de la
petite ville d'Ifrane(Maroc)
                           Haute considération.

#324 De: "formation_1999" <simardc@...>
Date: VEN 11. OCT 2002  2:19
Sujet: La sculpture du lion d'Ifrane
formation_1999
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Bonsoir

Il y a quelques jours, Mohammed El Aouene nous a fait parvenir un
texte fort intéressant, mais certain d'entre vous auraient eu de la
difficulté à le lire en raison des nombreux codes informatiques qui
s'y sont malencontreusement glissés.  Je vous renvoie le texte en
question en espérant que cette fois,il sera plus facile à lire.

Christine Simard
Modératrice de la liste Hérodote

Publié dans "AL BAYANE" N° 8464 et 8465 respectivement des 23 et 24
avril 2002




Histoire d'une recherche : La sculpture du lion d'Ifrane.

         Par
     Mohammed   EL AOUENE



"On ne revit jamais le même instant
et les paysages les plus familiers,
malgré leur apparente stabilité,
n'échappent jamais à la morsure
du vieillissement.. "
Maurice De GANDILLAC.


Pensées candides1

Cela se passait quand je venais à peine d'avoir cinq ans et vous
imaginez bien la mémoire d'un enfant de cet âge. Mon père décida de
m'emmener en promenade en ville et découvrir ainsi pour la première
fois des coins merveilleux qui étaient jusque-là et en grande partie
réservés aux Européens.

Nous traversâmes à bicyclette de marque " gauloise " et de taille "
750 ", si je ne me trompe, que mon père venait juste d'acheter à la
vente aux enchères lors du dernier souk. Protégé par les puissants
bras de mon père et installé en amazone sur le cadre du " ôud er-
rih "2, je mémorisai les noms de  rues à travers les arbres qui les
bordaient. Erables, platanes, tilleuls, acacias, ormes, tous bien
taillés, défilaient devant mes yeux comme des soldats en faction.
Soudain le grincement des freins me fit signal de la fin de parcours.
Mon père dressa son vélo contre un poteau d'électricité, juste au
coin de la seule et unique patinoire du  village.

Du plus loin que je me souvienne,  je m'accrochais fièrement  à la
main de mon père. Et la sensation de cette  main franchement endurcie
par le travail de plongeur de cuisine me fait encore tressaillir
chaque fois que j'y pense alors qu'aujourd'hui j'ai dépassé, il y a
belle lurette, la cinquantaine.

  C'était au lendemain d'un Maroc fraîchement indépendant que nous
allions en promenade dans le val d'Ifrane communément désigné par "la
prairie " ou "  la piscine ". Sillonnée par la rivière aux multiples
méandres du nom de l'oued " Tizguit ", cette prairie était le lieu le
plus prisé des mordus du pique-nique.

  A travers une fierté mêlée surtout de nationalisme, mon père tenait
absolument à ce que je garde mes habits traditionnels : Un tchamir
blanc qui prenait fin au niveau des genoux, un saroual qandrissa bleu
et des sandales à semelles de pneu légèrement retroussées au niveau
de l'orteil. Ma petite tête, soigneusement rasée la veille, était
généreusement  garnie d'une belle et surtout longue tresse qui
pendait majestueusement du pariétal droit et qui allait se briser sur
une épaule hautaine à côté d'un père d'un grand gabarit qui s'était,
toujours, fait respecté. A ce moment là exactement, cette attitude
répondait parfaitement à Ernest RENAN qui écrivait : " Une nation ne
prend d'ordinaire la parfaite connaissance d'elle-même que sous la
pression de l'étranger. ".

Nous arrivions au val, et longions progressivement la rivière au
courant tantôt tumultueux tantôt paresseux, que Jules BORELY a si
bien décrit à la fin de la décennie quarante du siècle dernier : " Un
ruisseau fait de creux tranquilles et de petites cascades en forme de
franges prises entre deux pierres moussues, coulait devant nous,
claire et transparente. [...] Penchés sur le bord, nous nous mîmes à
regarder curieusement les truites qui allaient et venaient dans une
eau pleine de jour. Ces jolis poissons, enjoués, agiles, les
nageoires pétillantes de lumière et d'esprit, vivaient là aussi
tranquille que des poissons rouges dans un bocal. "3

Et je me trouvai subitement devant un spectacle extraordinaire. A
cette heure de l'après midi d'un samedi, je crois que nous étions,
mon père et moi, les seuls " indigènes " à " rôder " autour  de ces "
gens-là "4. Les uns décontractés  et parfois vautrés sur de l'herbe
sauvage nous scrutaient avec des yeux exorbités sous de larges
chapeaux de paille ou de casquettes de diverses couleurs. Bien que
les yeux soient fixés sur le bouchon, les autres ne pouvaient
s'empêcher de jeter de temps à autre des regards furtifs vers ces
deux intrus que nous étions. Et comme si notre présence les empêchait
de s'adonner tranquillement à leur sport favori : la pêche à la
ligne. Et pour les nostalgiques de cette ruisselante rivière, un
ancien du Lycée Gouraud5 né au Maroc en 1931, Pierre METEYER
m'écrivait, il y a peu de temps : "  en 1942, je suis tombé dans la
rivière qui est en aval de la piscine. Un lieu dit, je crois me
souvenir "  les cascades ". Il y avait des truites superbes, qui
sautaient pour gober les sauterelles que je leur présentais. Je
m'étais trop penché pour les regarder. "

  Et voici le clou de cette scène. Alors que nous marchions nous
fûmes " interpellés " par un petit groupe d'enfants de mon âge  qui
voulait me prendre en photographie sur l'un des ânes que l'on louait
aux visiteurs. De peur d'être contrariés par ces deux " aventuriers "
venus perturber cette chasse - trop longtemps- gardée, ce sont, et
sans aucune ombre de doute, leurs parents qui les ont envoyés.  Il ne
fallait donc que Mohand, le petit berbère, pour compléter le décor du
scénario. C'était peut être le dernier souvenir pour les uns, une
référence anthropologique pour d'autres ou tout simplement le
comportement innocent d'enfant pour d'autres encore. Le regard tantôt
luisant et tendre, tantôt aigu et sévère derrière une barbe courte
mais plutôt bien fournie, mon père laissait entendre qu'il ne
manifestait aucune opposition. Ce changement de  regard venait, d'une
façon intermittente, mettre à carreaux les enfants les plus tapageurs.

Soudain et d'un pas, pour le moins, nonchalant,  un homme s'avança
vers nous et demanda poliment à mon père s'il était possible de me
prendre en photographie d'abord seul, ensuite avec les enfants. Avec
un large sourire mon père  répliquait prestement qu'il n'y voyait
aucun inconvénient pourvu qu'il ne m'arrivât aucun mal. Ce monsieur
dont je me souviens, comme si c'était d'hier, avait cette allure
franche de l'oncle Jules, le remarquable personnage de Marcel
PAGNOL6. " Sa figure était vieux-rose, il avait une épaisse moustache
châtaine, des sourcils roux bien fournis, de gros yeux bleus, un peu
saillants. Sur ses tempes, quelques fils blancs... "

Et d'un geste audacieux mon père me déposa sur la selle, bien
incompatible au dos, du jeune baudet. Le soleil du contre-jour me
frappait droit aux yeux et en courageux, je ne dus que me résigner
aux exigences de la circonstance. Les enfants, dans leurs habits du
dimanche, quelque peu débraillés, se bousculaient dans un vacarme de
cour d'école. Chacun voulait se photographier  à côté du petit
marocain. Cette scène, typique par son état, épouse parfaitement
l'anecdote amazigh "  n'tcha, n'ssoua, n'kess azzar ha noukni ar
n'ssara . " (Littéralement : Nous avons mangé, nous avons bu, nous
nous sommes rasés et voilà que nous sommes en train de nous
promener). Les enfants riaient de plus en plus fort et " on ne rit
pas pour le plaisir, mais pour considérer son état " comme l'a si
bien dit Molière. Supplice ou extase, je ne peux exprimer dans quel
état j'étais. Tout ce que je sais c'est que ce Monsieur n'a pas tenu
sa promesse. Il ne nous a jamais envoyés de tirage de ces prises de
vue. Qui sait ? Il se peut que j'aie été l'acteur principal d'une
illustration d'une carte postale, d'un livre de lecture ou de
géographie...

  Il se faisait déjà tard, nous nous empressâmes d'aller voir le
fameux lion de l'Atlas.


Une présence du passé : Le lion d'Ifrane.

  Le lion d'Ifrane, c'est cette sculpture, finement taillée sur du
granite, qui a fait rêver et fait encore rêver tous ceux qui l'ont
vue, et surtout admirée dans sa splendeur. Cette sculpture érigée en
plein pays d'Islam où la représentation figurée est strictement
interdite, mesure dans sa posture au repos environ  7 mètres de long,
1.50 m. de large et 2.00 m. de hauteur. Bien qu' il soit un
redoutable prédateur, ce lion vous donne l'impression de sortir non
pas d'une forêt vierge mais d'une cage de cirque : Un jeune lion bien
dressé voir docile mais surtout bien " apprivoisé ". C'est peut être,
ce que l'artiste voulait faire  du jeune lion du Moyen Atlas :
Education de missionnaires ( ?) ou tout simplement influence d'une
conjoncture. Nos professeurs de littérature arabe nous ont toujours
dit  et redit que le poète, et par extension l'artiste, subit
toujours les influences de son environnement. L'artiste voulait, peut
être, encore rendre perpétuel le lion l'Atlas. Ce lion qui fut dix
huit fois cité, au XVI ème siècle, par Léon l'Africain 7.

Principal ornement des armoiries de la ville, le lion d'Ifrane est
présent dans le passé de toute une génération. Mon ami d'enfance
Henri GIORGI, un français natif d'Ifrane et que je me permets, avec
son autorisation de nommer ainsi, de citer le nom, m'écrivait ces
derniers jours : " Je me rappelle l'impression qu'il me faisait
lorsque avec mon grand-père nous allions nous asseoir à ses côtés. De
plus, chaque fois que je rencontre une personne qui est allée à
Ifrane, je demande de ses nouvelles comme s'il s'agissait d'un vieil
ami. "8








Jusque là, l'histoire du Lion d'Ifrane s'est toujours cantonnée
derrière une énigme que j'essaie aujourd'hui de vous livrer quelques
secrets.


Le choix du site d'Ifrane

  Deux projets de création d'une station d'estivage furent proposés à
Eirik LABONNE9, alors Secrétaire Général du Protectorat. Le premier
était celui de l'actuelle ville d'Ifrane et le second était celui de
la ville de Ksiba Moha ou Saïd. Ce qui caractérisait les deux sites
c'était  leur situation au nord dans les confins du Moyen Atlas dans
un site verdoyant dominé par des cèdres et des chênes verts ou
pédonculés, à une altitude quasi identique aux environs des 1600
mètres.

  Le haut fonctionnaire français fut plutôt tenté par Ifrane. D'abord
parce que cette dernière est à égale distance de deux villes
impériales, Fez et Méknès. Ensuite parce que Fez s'imposait comme
capitale intellectuelle et Méknès, comme l'un des fiefs les plus "
florissants " de colons terriens.

Le choix se confirma par un Arrêté Viziriel de 1928.10 Le mérite de
ce choix revient donc à Eirik LABONNE11 qui posa la première pierre
et ordonna le lancement des travaux le 16 septembre 1929.

Lorsque les Français arrivèrent à Ifrane, ce dernier n'était qu'un "
petit verger "d'où son vrai nom en tamazight " Tourtite ". Madame
Josette HENRY-GIORGI, avançait même que "  Déjà connue et appréciée,
sans doute, des Romains de Volubilis, il la nommèrent " Horti ", les
jardins. Le nom déformé devint " Tourtit " "12. Les anciens habitants
de la région l'appellent toujours ainsi. En effet, c'est à sept
kilomètres, allant vers la ville de Méknès du côté de la rivière, que
se trouve la vraie agglomération du nom d'Ifrane . Il s'agit de la
Zaouïa des Aït Sidi Abdeslam qui était au départ une suite de grottes
occupées par les " autochtones ", les fameux troglodytes. A notre
modeste connaissance, toutes les grandes familles de cette tribu
entretiennent avec beaucoup de respect ces legs du passé. Rappelons
au passage que le site de ce village est classé comme site naturel
par Arrêté Viziriel du 6 septembre 1947.

Le mot " Ifrane " en berbère local est le pluriel du mot " Ifri " qui
veut tout simplement dire grotte. Les Français, contrairement à
l'appellation  de " tourtite ", nous pensons pour le moins, qu'ils
avaient choisi le nom d'Ifrane non pas par un respect prononcé, de
vouloir  honorer les anciens habitants de la Zaouïa des Aït Sidi
Abdeslam mais parce qu'ils avaient trouvé plus facile la
prononciation du terme, compte tenu de l'harmonie de son accent.

Au départ Ifrane n'était qu'une suite de chalets qui, peu à peu, vont
laisser place à de jolies villas pour devenir aujourd'hui l'un des
centres d'estivage le plus fréquentés du pays. Chaque villa  porte en
elle un nombre non négligeable de caractéristiques. Des toitures, à
tuiles rouges, nous pouvons avancer certaines hypothèses notamment
celles qui concernent leurs pentes. En effet ces dernières varient de
l'angle obtus à l'angle aigu en passant par l'angle droit. Ces
inclinaisons rappellent ainsi l'évolution de l'architecture des
constructions en France du sud au nord, autrement dit de la Côte
d'Azur à la Manche. Nous pouvons même remarquer l'existence de
façades typiquement normandes ou bretonnes voire alsaciennes. Par un
sentiment manifeste de nostalgie, chaque Français voulait ainsi
transposer le mode d'habitation de son pays d'origine et mémoriser
par la même occasion son passage. Un français qui a vécu à Ifrane de
1936 à 1992 me confiait, alors que nous discutions de l'évolution du
tissu urbain de la ville , qu'en fait les décideurs de l'époque
voulaient faire d'Ifrane une ville où le Français ne se sentira à
aucun moment dépaysé.



Le lion d'Ifrane à travers une lorgnette.

Nous nous sommes retrouvés, mon père et moi, devant ce monument qui
me paraissait, à mon âge, d'un aspect massif et grandiose. Et je ne
peux franchement vous décrire quelle a été  cette angoisse qui
m'avait  subitement contracté la poitrine devant cette colossale
sculpture. Je m'accrochais de plus en plus à la main de mon père.
L'appréhension que me faisait sa vue s'était, peu à peu, dissipée en
voyant d'autres enfants de mon âge roder autour du fameux lion sans
aucune crainte d'être " dévorés ". Depuis cet instant, je m'étais
toujours posé une question bicéphale : qui a sculpté ce lion et
quand ?

A cette interrogation, les anciens vous diront, sans trop de
précision, que c'était un prisonnier de la Guerre Mondiale. S'agit-il
de la première ou la deuxième ?  Quant au prisonnier, il est tantôt
qualifié d'allemand tantôt d'italien. D'autres encore avanceront que
le sculpteur était un légionnaire. Il fallait donc résoudre cette
équation à plusieurs inconnues.

Le dépouillement de toutes les informations que j'ai pu recueillir
depuis de longues années ont suivi l'acheminement que j'essayerai de
vous tracer ci-dessous.

J'ai, peut être, eu la chance d'avoir occupé, pendant ma carrière
administrative un poste qui avait un rapport très étroit avec cette
recherche. Ce qui m'avait, à l'époque, permis d'inviter des anciens
de la ville pour essayer de rassembler le plus de points de repères.
Ainsi, j'ai pu découvrir que la sculpture en question était déjà en
place en 1936. La période, donc, délimitée va de 1929, date du début
des travaux d'aménagement du site choisi devenir plus tard "  la
perle du Moyen Atlas " à 1936, date de l'arrivée d'une grande famille
française qui a participé à l'évolution de la ville.

Quant au rapport de la sculpture avec la " légion française ", Pierre
METEYER, un natif du Maroc et  ancien du lycée Gouraud13,
m'écrivait : " j'ai été bercé dans l'idée que ce lion de l'Atlas fut
sculpté dans un rocher affleurant (Centre d'Ifrane) par un
légionnaire. Il aurait été du contingent ayant percé le tunnel dit "
du légionnaire " entre Kerrando et Er-Rachidia. "

Un autre point de repère vient élucider la situation. La période va
se rétrécir quand j'avais reçu un courrier du Conservateur du
Patrimoine chargé des Archives diplomatiques de Nantes (France) qui
me confirmait qu'à " aucun moment n'apparaît d'indication sur cette
sculpture ni sur le nom de son auteur. La seule certitude est que la
sculpture était déjà réalisée en 1932, puisqu'elle figure sur un plan
d'Ifrane daté le 12 août de cette même année. "14

Est-ce une inspiration de l'art andalou notamment " la cour des
lions "15 ou tout simplement comme le laissait supposer un autre
ancien du Maroc ?  Il s'agit de José Maria MORIDO CHACON  qui
m'écrivait : " J'ai entendu dire que ce lion de l'Atlas fut taillé
par les légionnaires français, sur une roche vive naturelle qui se
trouvait sur place, et qui au départ avait des allures rappelant un
lion. ". En effet la position dans laquelle se tient ce lion sculpté
rappelle plus ou moins la pose des lions de la cour du même nom  de
l'Alhambra de Grenade  en Espagne.

Et dans la foulée de cette recherche, une information me parvint en
fin de compte pour mettre un terme à cette sorte de boulimie qui
s'était emparée de moi. C'est mon ami d'enfance Henri Giorgi, dont la
mère était institutrice à l'école européenne d'Ifrane avait, il y a
peu de temps, écrit, un livre16, encore inédit,  intitulé " Les
Cytises de Jaba17 : Retour en mon pays berbère." sur certains aspects
de la vie à Ifrane de sa création, en tant que  Centre d'estivage, à
la veille de l'Indépendance du Maroc, m'informait que le lion fut
sculpté par un professeur de dessin du lycée Gouraud de Rabat durant
les années 1930 et 1931. " Je l'ai vu naître sous le ciseau de
Monsieur Moreau, professeur au lycée de Rabat...[...]. On était au
mois de juin. [...] Les enfants pouvaient témoigner que ce rocher,
depuis toujours, renfermait un corps de lion, car le ciseau, le burin
et la gouge, maniés par des mains expertes, dégageaient un mufle
débonnaire, la crêpelure d'une abondante crinière, une musculature au
repos, la courbe souple d'une queue terminée par un pinceau de poils
[...].  Monsieur Moreau disparut sans laisser sa signature. "
écrivait Madame Josette HENRY-GIORGI 18. En approfondissant la
recherche, je découvris qu'il s'agissait bien du sculpteur Henri
Moreau qui enseigna le dessin entre 1930 et 1944 au lycée cité plus
haut. Il est aussi l'auteur du monument aux morts des anciens du même
établissement

S'agissant de la question qui m'a préoccupé, des années durant, à
savoir quand et par qui a été sculpté le fameux lion d'Ifrane ? , je
pense avoir, en guise de conclusion, assouvi, personnellement, ma
faim. Et tout en rappelant que c'est au profit d'un autre âge qu'on
plante un arbre, je souhaite, à travers ce court essai, avoir stimulé
certains détenteurs d'informations historiques sur la ville d'Ifrane
et crée en eux, non pas une radicale réticence mais plutôt une saine
émulation.


Mohammed   EL AOUENE 19

1 Expression empruntée à Victor HUGO.

2  Le mot " ôud er-rih " correspond à vélo.
3 BORELY (Jules).- Le Maroc au pinceau.- Paris : Ed. Denoël, 1950.
p.88.

4  Expression empruntée à Jacques BREL.

5 L'actuel lycée Hassan II de Rabat portait en effet le nom du lycée
Gouraud, Général français qui fut adjoint de Lyautey en 1912.

6 PAGNOL (Marcel).- La gloire de mon père : extraits.- Paris :
Librairie Marcel DIDIER, 1964.- p.16.

  7  MONTEIL (Vincent).- Maroc,petite planète [...] p.6.

8 C'est grâce à l'Internet que nous avons, Giorgi et moi-même, pu
renouer contact.

9 Après avoir occupé le poste de Secrétaire Général du Protectorat,
Eirik LABONNE fut nommé Résident Général du Protectorat sur le Maroc.
Il fut par la suite renvoyé le 23 mai 1947 par le Gouvernement du
socialiste Paul RAMADIER pour avoir été trop libéral et laissé passé
le message contenu dans discours historique de Feu Mohammed V
prononcé à Tanger le 10 avril 1947.
10 PARJOU (Laïdi)..- Ifrane : Un plan provincial de développement in
Le Matin du Sahara
  du 4 février 2002.- p.5

11 Eirik LABONNE  qualifié par Abdallah STOUKY de "philo indigène"
dans " La vie économique du 4 au 10 avril 199 7 ".

12 HENRY-GIORGI (Josette) .- Les cytises de Jaba : Retour en mon pays
berbère. Magny-lesVillers : 24 juin 2000. p. 26. [Document inédit]
13  C'est Le lycée Hassan II de Rabat, actuellement.

14 Suite à un  courrier électronique que j'avais envoyé au  Centre
des Archives Diplomatiques de Nantes (France), Viviane MELAINE et
Damien HEURTEBISE, furent chargés par Annie-France RENAUDIN,
Conservateur en Chef du Centre cité plus haut, de mener des
recherches pour répondre à ma demande. Je les remercie infiniment.

15 L'Alhambra, fut, à partir du XIII siècle, la  résidence principale
des monarques nasrides de Grenade (Andalousie). C'est au nasride
Mohammed V que revient la construction de la cour des lions. Son nom
lui vient de sa fontaine dont la vasque repose sur douze lions de
pierre.

16  Le fait d'avoir appris l'existence de ce livre avait crée en moi
une sorte de commotion. Cette émotion violente, cette secousse
nerveuse s'est accentuée au moment où le vaguemestre me remettait une
copie du livre que Madame Josette HENRY-GIORGI a bien voulu m'envoyer.

17  Jaba désigne un lieu géographique situé à la lisière de la forêt
du même nom en venant de la ville d'El Hajeb vers celle Ifrane.
Prononcer Jaaba ou Jâba au lieu de Jaba.

18 HENRY-GIORGI (Josette). - Les cytises de Jaba : Retour en mon pays
berbère. Magny-lesVillers : 24  juin 2000. pp. 18 et 19. [Document
inédit]

19 Je tiens à remercier vivement toutes les personnes qui m'ont aidé
de près ou de loin à la réalisation de cet article. Je nommerai, en
plus de ceux cités dans le texte mesdames et messieurs, Claire BECHU,
Denise KAHN, Saïd MADANI, Jean-Claude AUTRAN, Vladimir TROUPLIN,
Khalifa EL AOUANE, Abdelaziz MESSAOUDI, Krzysztof SERDAKOWSKI et
Abdelaziz BENNOUNA..



8

#323 De: "elaouene" <elaouene@...>
Date: MER 9. OCT 2002  9:09
Sujet: Re : Re&nbsp;: IFRANE (Maroc)
elaouene
Messenger Messenger
Envoyer un message Envoyer un message
 
REPONSE :

Je viens par le présent courriel vous remercier pour l'intérêt que
vous aviez bien voulu réserver à ma recherche et je saisis cette
occasion pour vous envoyer un article que j'avais écrit il y a
quelques mois sur " la scuplture du lion d'Ifrane" et merci pour
votre attention.

Publié dans &#8220;AL BAYANE&#8221; N° 8464 et 8465 respectivement des 23 e=
t 24
avril 2002




Histoire d&#8217;une recherche :            La sculpture du lion d&#8217;If=
rane.

         Par
     Mohammed   EL AOUENE



&#8220;On ne revit jamais le même instant
et les paysages les plus familiers,
malgré leur apparente stabilité,
n&#8217;échappent jamais à la morsure
du vieillissement.. »
Maurice De GANDILLAC.


Pensées candides

Cela se passait quand je venais à peine d&#8217;avoir cinq ans et vous
imaginez bien la mémoire d&#8217;un enfant de cet âge. Mon père décida de
m&#8217;emmener en promenade en ville et découvrir ainsi pour la première
fois des coins merveilleux qui étaient jusque-là et en grande partie
réservés aux Européens.

Nous traversâmes à bicyclette de marque « gauloise » et de taille «
750 », si je ne me trompe, que mon père venait juste d&#8217;acheter à la
vente aux enchères lors du dernier souk. Protégé par les puissants
bras de mon père et installé en amazone sur le cadre du « ôud er-
rih » , je mémorisai les noms de  rues à travers les arbres qui les
bordaient. Erables, platanes, tilleuls, acacias, ormes, tous bien
taillés, défilaient devant mes yeux comme des soldats en faction.
Soudain le grincement des freins me fit signal de la fin de parcours.
Mon père dressa son vélo contre un poteau d&#8217;électricité, juste au
coin de la seule et unique patinoire du  village.

Du plus loin que je me souvienne,  je m&#8217;accrochais fièrement  à la
main de mon père. Et la sensation de cette  main franchement endurcie
par le travail de plongeur de cuisine me fait encore tressaillir
chaque fois que j&#8217;y pense alors qu&#8217;aujourd&#8217;hui j&#8217;ai=
  dépassé, il y a
belle lurette, la cinquantaine.

  C&#8217;était au lendemain d&#8217;un Maroc fraîchement indépendant que no=
us
allions en promenade dans le val d&#8217;Ifrane communément désigné par «la=

prairie » ou «  la piscine ». Sillonnée par la rivière aux multiples
méandres du nom de l&#8217;oued « Tizguit », cette prairie était le lieu le=

plus prisé des mordus du pique-nique.

  A travers une fierté mêlée surtout de nationalisme, mon père tenait
absolument à ce que je garde mes habits traditionnels : Un tchamir
blanc qui prenait fin au niveau des genoux, un saroual qandrissa bleu
et des sandales à semelles de pneu légèrement retroussées au niveau
de l&#8217;orteil. Ma petite tête, soigneusement rasée la veille, était
généreusement  garnie d&#8217;une belle et surtout longue tresse qui
pendait majestueusement du pariétal droit et qui allait se briser sur
une épaule hautaine à côté d&#8217;un père d&#8217;un grand gabarit qui s&#=
8217;était,
toujours, fait respecté. A ce moment là exactement, cette attitude
répondait parfaitement à Ernest RENAN qui écrivait : « Une nation ne
prend d&#8217;ordinaire la parfaite connaissance d&#8217;elle-même que sous=
  la
pression de l&#8217;étranger. ».

Nous arrivions au val, et longions progressivement la rivière au
courant tantôt tumultueux tantôt paresseux, que Jules BORELY a si
bien décrit à la fin de la décennie quarante du siècle dernier : « Un
ruisseau fait de creux tranquilles et de petites cascades en forme de
franges prises entre deux pierres moussues, coulait devant nous,
claire et transparente. [&#8230;] Penchés sur le bord, nous nous mîmes à
regarder curieusement les truites qui allaient et venaient dans une
eau pleine de jour. Ces jolis poissons, enjoués, agiles, les
nageoires pétillantes de lumière et d&#8217;esprit, vivaient là aussi
tranquille que des poissons rouges dans un bocal. »

Et je me trouvai subitement devant un spectacle extraordinaire. A
cette heure de l&#8217;après midi d&#8217;un samedi, je crois que nous étio=
ns,
mon père et moi, les seuls « indigènes » à « rôder » autour  de ces «
gens-là » . Les uns décontractés  et parfois vautrés sur de l&#8217;herbe
sauvage nous scrutaient avec des yeux exorbités sous de larges
chapeaux de paille ou de casquettes de diverses couleurs. Bien que
les yeux soient fixés sur le bouchon, les autres ne pouvaient
s&#8217;empêcher de jeter de temps à autre des regards furtifs vers ces
deux intrus que nous étions. Et comme si notre présence les empêchait
de s&#8217;adonner tranquillement à leur sport favori : la pêche à la
ligne. Et pour les nostalgiques de cette ruisselante rivière, un
ancien du Lycée Gouraud  né au Maroc en 1931, Pierre METEYER
m&#8217;écrivait, il y a peu de temps : «  en 1942, je suis tombé dans la
rivière qui est en aval de la piscine. Un lieu dit, je crois me
souvenir «  les cascades ». Il y avait des truites superbes, qui
sautaient pour gober les sauterelles que je leur présentais. Je
m&#8217;étais trop penché pour les regarder. »

  Et voici le clou de cette scène. Alors que nous marchions nous
fûmes « interpellés » par un petit groupe d&#8217;enfants de mon âge  qui
voulait me prendre en photographie sur l&#8217;un des ânes que l&#8217;on l=
ouait
aux visiteurs. De peur d&#8217;être contrariés par ces deux « aventuriers »=

venus perturber cette chasse - trop longtemps- gardée, ce sont, et
sans aucune ombre de doute, leurs parents qui les ont envoyés.  Il ne
fallait donc que Mohand, le petit berbère, pour compléter le décor du
scénario. C&#8217;était peut être le dernier souvenir pour les uns, une
référence anthropologique pour d&#8217;autres ou tout simplement le
comportement innocent d&#8217;enfant pour d&#8217;autres encore. Le regard =
tantôt
luisant et tendre, tantôt aigu et sévère derrière une barbe courte
mais plutôt bien fournie, mon père laissait entendre qu&#8217;il ne
manifestait aucune opposition. Ce changement de  regard venait, d&#8217;une=

façon intermittente, mettre à carreaux les enfants les plus tapageurs.

Soudain et d&#8217;un pas, pour le moins, nonchalant,  un homme s&#8217;ava=
nça
vers nous et demanda poliment à mon père s&#8217;il était possible de me
prendre en photographie d&#8217;abord seul, ensuite avec les enfants. Avec =

un large sourire mon père  répliquait prestement qu&#8217;il n&#8217;y voya=
it
aucun inconvénient pourvu qu&#8217;il ne m&#8217;arrivât aucun mal. Ce mons=
ieur
dont je me souviens, comme si c&#8217;était d&#8217;hier, avait cette allur=
e
franche de l&#8217;oncle Jules, le remarquable personnage de Marcel
PAGNOL . « Sa figure était vieux-rose, il avait une épaisse moustache
châtaine, des sourcils roux bien fournis, de gros yeux bleus, un peu
saillants. Sur ses tempes, quelques fils blancs&#8230; »

Et d&#8217;un geste audacieux mon père me déposa sur la selle, bien
incompatible au dos, du jeune baudet. Le soleil du contre-jour me
frappait droit aux yeux et en courageux, je ne dus que me résigner
aux exigences de la circonstance. Les enfants, dans leurs habits du
dimanche, quelque peu débraillés, se bousculaient dans un vacarme de
cour d&#8217;école. Chacun voulait se photographier  à côté du petit
marocain. Cette scène, typique par son état, épouse parfaitement
l&#8217;anecdote amazigh «  n&#8217;tcha, n&#8217;ssoua, n&#8217;kess azzar=
  ha noukni ar
n&#8217;ssara . » (Littéralement : Nous avons mangé, nous avons bu, nous
nous sommes rasés et voilà que nous sommes en train de nous
promener). Les enfants riaient de plus en plus fort et « on ne rit
pas pour le plaisir, mais pour considérer son état » comme l&#8217;a si
bien dit Molière. Supplice ou extase, je ne peux exprimer dans quel
état j&#8217;étais. Tout ce que je sais c&#8217;est que ce Monsieur n&#8217=
;a pas tenu
sa promesse. Il ne nous a jamais envoyés de tirage de ces prises de
vue. Qui sait ? Il se peut que j&#8217;aie été l&#8217;acteur principal d&#=
8217;une
illustration d&#8217;une carte postale, d&#8217;un livre de lecture ou de
géographie...

  Il se faisait déjà tard, nous nous empressâmes d&#8217;aller voir le
fameux lion de l&#8217;Atlas.


Une présence du passé : Le lion d&#8217;Ifrane.

  Le lion d&#8217;Ifrane, c&#8217;est cette sculpture, finement taillée sur =
du
granite, qui a fait rêver et fait encore rêver tous ceux qui l&#8217;ont
vue, et surtout admirée dans sa splendeur. Cette sculpture érigée en
plein pays d&#8217;Islam où la représentation figurée est strictement
interdite, mesure dans sa posture au repos environ  7 mètres de long,
1.50 m. de large et 2.00 m. de hauteur. Bien qu&#8217; il soit un
redoutable prédateur, ce lion vous donne l&#8217;impression de sortir non
pas d&#8217;une forêt vierge mais d&#8217;une cage de cirque : Un jeune lio=
n bien
dressé voir docile mais surtout bien « apprivoisé ». C&#8217;est peut être,=

ce que l&#8217;artiste voulait faire  du jeune lion du Moyen Atlas :
Education de missionnaires ( ?) ou tout simplement influence d&#8217;une
conjoncture. Nos professeurs de littérature arabe nous ont toujours
dit  et redit que le poète, et par extension l&#8217;artiste, subit
toujours les influences de son environnement. L&#8217;artiste voulait, peut=

être, encore rendre perpétuel le lion l&#8217;Atlas. Ce lion qui fut dix
huit fois cité, au XVI ème siècle, par Léon l&#8217;Africain  .

Principal ornement des armoiries de la ville, le lion d&#8217;Ifrane est
présent dans le passé de toute une génération. Mon ami d&#8217;enfance
Henri GIORGI, un français natif d&#8217;Ifrane et que je me permets, avec
son autorisation de nommer ainsi, de citer le nom, m&#8217;écrivait ces
derniers jours : « Je me rappelle l&#8217;impression qu&#8217;il me faisait=

lorsque avec mon grand-père nous allions nous asseoir à ses côtés. De
plus, chaque fois que je rencontre une personne qui est allée à
Ifrane, je demande de ses nouvelles comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#82=
17;un vieil
ami. »








Jusque là, l&#8217;histoire du Lion d&#8217;Ifrane s&#8217;est toujours can=
tonnée
derrière une énigme que j&#8217;essaie aujourd&#8217;hui de vous livrer que=
lques
secrets.


Le choix du site d&#8217;Ifrane

  Deux projets de création d&#8217;une station d&#8217;estivage furent propo=
sés à
Eirik LABONNE , alors Secrétaire Général du Protectorat. Le premier
était celui de l&#8217;actuelle ville d&#8217;Ifrane et le second était cel=
ui de
la ville de Ksiba Moha ou Saïd. Ce qui caractérisait les deux sites
c&#8217;était  leur situation au nord dans les confins du Moyen Atlas dans =

un site verdoyant dominé par des cèdres et des chênes verts ou
pédonculés, à une altitude quasi identique aux environs des 1600
mètres.

  Le haut fonctionnaire français fut plutôt tenté par Ifrane. D&#8217;abord =

parce que cette dernière est à égale distance de deux villes
impériales, Fez et Méknès. Ensuite parce que Fez s&#8217;imposait comme
capitale intellectuelle et Méknès, comme l&#8217;un des fiefs les plus «
florissants » de colons terriens.

Le choix se confirma par un Arrêté Viziriel de 1928.  Le mérite de ce
choix revient donc à Eirik LABONNE  qui posa la première pierre  et
ordonna le lancement des travaux le 16 septembre 1929.

Lorsque les Français arrivèrent à Ifrane, ce dernier n&#8217;était qu&#8217=
;un «
petit verger »d&#8217;où son vrai nom en tamazight « Tourtite ». Madame
Josette HENRY-GIORGI, avançait même que «  Déjà connue et appréciée,
sans doute, des Romains de Volubilis, il la nommèrent « Horti », les
jardins. Le nom déformé devint « Tourtit » » . Les anciens habitants
de la région l&#8217;appellent toujours ainsi. En effet, c&#8217;est à sept=

kilomètres, allant vers la ville de Méknès du côté de la rivière, que
se trouve la vraie agglomération du nom d&#8217;Ifrane . Il s&#8217;agit de=
  la
Zaouïa des Aït Sidi Abdeslam qui était au départ une suite de grottes
occupées par les « autochtones », les fameux troglodytes. A notre
modeste connaissance, toutes les grandes familles de cette tribu
entretiennent avec beaucoup de respect ces legs du passé. Rappelons
au passage que le site de ce village est classé comme site naturel
par Arrêté Viziriel du 6 septembre 1947.

Le mot « Ifrane » en berbère local est le pluriel du mot « Ifri » qui
veut tout simplement dire grotte. Les Français, contrairement à
l&#8217;appellation  de « tourtite », nous pensons pour le moins, qu&#8217;=
ils
avaient choisi le nom d&#8217;Ifrane non pas par un respect prononcé, de
vouloir  honorer les anciens habitants de la Zaouïa des Aït Sidi
Abdeslam mais parce qu&#8217;ils avaient trouvé plus facile la
prononciation du terme, compte tenu de l&#8217;harmonie de son accent.

Au départ Ifrane n&#8217;était qu&#8217;une suite de chalets qui, peu à peu=
, vont
laisser place à de jolies villas pour devenir aujourd&#8217;hui l&#8217;un =
des
centres d&#8217;estivage le plus fréquentés du pays. Chaque villa  porte en=

elle un nombre non négligeable de caractéristiques. Des toitures, à
tuiles rouges, nous pouvons avancer certaines hypothèses notamment
celles qui concernent leurs pentes. En effet ces dernières varient de
l&#8217;angle obtus à l&#8217;angle aigu en passant par l&#8217;angle droit=
. Ces
inclinaisons rappellent ainsi l&#8217;évolution de l&#8217;architecture des=

constructions en France du sud au nord, autrement dit de la Côte
d&#8217;Azur à la Manche. Nous pouvons même remarquer l&#8217;existence de =

façades typiquement normandes ou bretonnes voire alsaciennes. Par un
sentiment manifeste de nostalgie, chaque Français voulait ainsi
transposer le mode d&#8217;habitation de son pays d&#8217;origine et mémori=
ser
par la même occasion son passage. Un français qui a vécu à Ifrane de
1936 à 1992 me confiait, alors que nous discutions de l&#8217;évolution du =

tissu urbain de la ville , qu&#8217;en fait les décideurs de l&#8217;époque=

voulaient faire d&#8217;Ifrane une ville où le Français ne se sentira à
aucun moment dépaysé.



Le lion d&#8217;Ifrane à travers une lorgnette.

Nous nous sommes retrouvés, mon père et moi, devant ce monument qui
me paraissait, à mon âge, d&#8217;un aspect massif et grandiose. Et je ne
peux franchement vous décrire quelle a été  cette angoisse qui
m&#8217;avait  subitement contracté la poitrine devant cette colossale
sculpture. Je m&#8217;accrochais de plus en plus à la main de mon père.
L&#8217;appréhension que me faisait sa vue s&#8217;était, peu à peu, dissip=
ée en
voyant d&#8217;autres enfants de mon âge roder autour du fameux lion sans
aucune crainte d&#8217;être « dévorés ». Depuis cet instant, je m&#8217;éta=
is
toujours posé une question bicéphale : qui a sculpté ce lion et
quand ?

A cette interrogation, les anciens vous diront, sans trop de
précision, que c&#8217;était un prisonnier de la Guerre Mondiale. S&#8217;a=
git-il
de la première ou la deuxième ?  Quant au prisonnier, il est tantôt
qualifié d&#8217;allemand tantôt d&#8217;italien. D&#8217;autres encore ava=
nceront que
le sculpteur était un légionnaire. Il fallait donc résoudre cette
équation à plusieurs inconnues.

Le dépouillement de toutes les informations que j&#8217;ai pu recueillir
depuis de longues années ont suivi l&#8217;acheminement que j&#8217;essayer=
ai de
vous tracer ci-dessous.

J&#8217;ai, peut être, eu la chance d&#8217;avoir occupé, pendant ma carriè=
re
administrative un poste qui avait un rapport très étroit avec cette
recherche. Ce qui m&#8217;avait, à l&#8217;époque, permis d&#8217;inviter d=
es anciens
de la ville pour essayer de rassembler le plus de points de repères.
Ainsi, j&#8217;ai pu découvrir que la sculpture en question était déjà en
place en 1936. La période, donc, délimitée va de 1929, date du début
des travaux d&#8217;aménagement du site choisi devenir plus tard «  la
perle du Moyen Atlas » à 1936, date de l&#8217;arrivée d&#8217;une grande f=
amille
française qui a participé à l&#8217;évolution de la ville.

Quant au rapport de la sculpture avec la « légion française », Pierre
METEYER, un natif du Maroc et  ancien du lycée Gouraud ,
m&#8217;écrivait : « j&#8217;ai été bercé dans l&#8217;idée que ce lion de =
l&#8217;Atlas fut
sculpté dans un rocher affleurant (Centre d&#8217;Ifrane) par un
légionnaire. Il aurait été du contingent ayant percé le tunnel dit «
du légionnaire » entre Kerrando et Er-Rachidia. »

Un autre point de repère vient élucider la situation. La période va
se rétrécir quand j&#8217;avais reçu un courrier du Conservateur du
Patrimoine chargé des Archives diplomatiques de Nantes (France) qui
me confirmait qu&#8217;à « aucun moment n&#8217;apparaît d&#8217;indication=
  sur cette
sculpture ni sur le nom de son auteur. La seule certitude est que la
sculpture était déjà réalisée en 1932, puisqu&#8217;elle figure sur un plan=

d&#8217;Ifrane daté le 12 août de cette même année. »

Est-ce une inspiration de l&#8217;art andalou notamment « la cour des
lions »  ou tout simplement comme le laissait supposer un autre
ancien du Maroc ?  Il s&#8217;agit de José Maria MORIDO CHACON  qui
m&#8217;écrivait : « J&#8217;ai entendu dire que ce lion de l&#8217;Atlas f=
ut taillé
par les légionnaires français, sur une roche vive naturelle qui se
trouvait sur place, et qui au départ avait des allures rappelant un
lion. ». En effet la position dans laquelle se tient ce lion sculpté
rappelle plus ou moins la pose des lions de la cour du même nom  de
l&#8217;Alhambra de Grenade  en Espagne.

Et dans la foulée de cette recherche, une information me parvint en
fin de compte pour mettre un terme à cette sorte de boulimie qui
s&#8217;était emparée de moi. C&#8217;est mon ami d&#8217;enfance Henri Gio=
rgi, dont la
mère était institutrice à l&#8217;école européenne d&#8217;Ifrane avait, il=
  y a
peu de temps, écrit, un livre , encore inédit,  intitulé « Les
Cytises de Jaba  : Retour en mon pays berbère.» sur certains aspects
de la vie à Ifrane de sa création, en tant que  Centre d&#8217;estivage, à =

la veille de l&#8217;Indépendance du Maroc, m&#8217;informait que le lion f=
ut
sculpté par un professeur de dessin du lycée Gouraud de Rabat durant
les années 1930 et 1931. « Je l&#8217;ai vu naître sous le ciseau de
Monsieur Moreau, professeur au lycée de Rabat&#8230;[&#8230;]. On était au =
mois
de juin. [&#8230;] Les enfants pouvaient témoigner que ce rocher, depuis
toujours, renfermait un corps de lion, car le ciseau, le burin et la
gouge, maniés par des mains expertes, dégageaient un mufle
débonnaire, la crêpelure d&#8217;une abondante crinière, une musculature au=

repos, la courbe souple d&#8217;une queue terminée par un pinceau de poils
[&#8230;].  Monsieur Moreau disparut sans laisser sa signature. » écrivait =

Madame Josette HENRY-GIORGI  . En approfondissant la recherche, je
découvris qu&#8217;il s&#8217;agissait bien du sculpteur Henri Moreau qui
enseigna le dessin entre 1930 et 1944 au lycée cité plus haut. Il est
aussi l&#8217;auteur du monument aux morts des anciens du même établissemen=
t

S&#8217;agissant de la question qui m&#8217;a préoccupé, des années durant,=
  à
savoir quand et par qui a été sculpté le fameux lion d&#8217;Ifrane ? , je =

pense avoir, en guise de conclusion, assouvi, personnellement, ma
faim. Et tout en rappelant que c&#8217;est au profit d&#8217;un autre âge q=
u&#8217;on
plante un arbre, je souhaite, à travers ce court essai, avoir stimulé
certains détenteurs d&#8217;informations historiques sur la ville d&#8217;I=
frane
et crée en eux, non pas une radicale réticence mais plutôt une saine
émulation.


Mohammed   EL AOUENE



--- Dans herodote@g..., "formation_1999" <simardc@i...> a écrit
> Bonsoir Elaouene,
>
> J'ai voulu te répondre plus tôt, mais je crois que le message n'a
pas
> passé alors voici :
>
> 1) On pourrait peut-être t'aider à l'université d'Ifrane.  Voici
les
> coordonnées :
> http://www.alakhawayn.ma/Library/4-3.htm
>
> 2) Il n'y a pas grand chose dans Internet.  Tout ce que j'ai trouvé
> est une référence dans l'Encyclopédie Britanica. On y apprend que
> Ifrane a été fondée en 1929.
> http://www.britannica.com/eb/article?eu=42996&tocid=0&query=ifrane
>
> 3)Enfin, ces ressources pourraient t'aider si tu vas à la
> bibliothèque :
>
> The Journal of North African Studies
> http://www.history-journals.de/hjg-j00092.html
>
> En espérant ces informations utiles et bonne chance!
>
> Christine
>
> The Journal of the Society for Moroccan Studies
> http://www.history-journals.de/hjg-m00079.html
>
> --- Dans herodote@g..., "elaouene" <elaouene@y...> a écrit
> >     Je suis à la recherche de toute documentation, information ou
> > tout renseignement pouvant m'aider à écrire un article de presse
> sur
> > l'histoire d'Ifrane (Maroc), ma ville natale. Et merci.--- Dans
> herodote@g..., "elaouene" <elaouene@y...> a écrit
> >     Je suis à la recherche de toute documentation, information ou
> > tout renseignement pouvant m'aider à écrire un article de presse
> sur
> > l'histoire d'Ifrane (Maroc), ma ville natale. Et merci.

#322 De: Fernand Hébert <fernandhebert@...>
Date: LUN 30. SEP 2002  17:56
Sujet: Re: Un nouveau membre
fernandhebert@...
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Bienvenue àa la nouvelle membre

Sujet des plus intéressants. Vaste programme toutefois que celui que vous
prévoyez aborder. Toutefois il s'agit là d'une approche prometteuse bien
qu'elle reste à préciser.

Bien à vous
Fernand Hébert
Consultant en histoire

_________________________________________________________________
Discutez en ligne avec vos amis ! http://messenger.msn.fr

Bonjour,

 

Je m’appelle Nadia Levac, j'ai une formation en histoire et j’espère bien pouvoir commencer une maîtrise dans la même discipline l’an prochain.

 

J’ai comme projet une maîtrise en histoire du Québec. Je voudrais me pencher sur l’image de la femme et de la mère, autant mariée que célibataire, entre la promulgation du nouveau code civil en 1866, un code qui avait pour effet concret d’infantiliser la femme, et les modifications qu’on fut forcé d’apporter vers 1915 en raison de l’absence de plusieurs hommes partis pour la guerre (et parfois jamais revenus). Dans ce demi-siècle, l’ordre social établi se voit contesté de part et d’autre non seulement au Québec, mais à l’échelle occidentale. En plus du féminisme qui croît en importance et en influence, le syndicalisme, le socialisme et le scientisme (en Europe à tout le moins) sont aussi des forces en expansion.

 

C’est connu : la peur des changements et le sentiment concomitant de menace amènent parfois les gens à se radicaliser dans leurs croyances et leurs pratiques. Or les cinq ou six premières décennies de la Confédération, au Québec, sont très marquées par le conservatisme, et parfois même l’ultramontanisme. Conséquemment, l’objectif de ma recherche serait de réfléchir, par une analyse de discours, à l’image de la femme et de la mère dans ce contexte où le conservatisme se voit bruyamment contesté par les forces sociales que j’ai nommées plus haut. Ultimement, mon projet se trouverait à inscrire les revendications des femmes dans le contexte socio-politique large d’un bouillonnement idéologique.

 

Idéalement, je voudrais parvenir à saisir toute la complexité discursive, donc regarder au-delà de la production écrite et considérer aussi, par exemple, la caricature dans la presse à grand tirage, le théâtre, etc.

 

Il reste encore beaucoup de travail à faire avant de commencer. Mon projet doit être mieux défini, et peut-être davantage circonscrit. Je dois de plus me situer plus précisément par rapport aux travaux déjà existants sur ce thème. Enfin, je dois aussi décider si je vais m’inscrire à Québec ou à Montréal !

 

Nadia Levac



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#321 De: "Nadia Levac" <saskja47@...>
Date: DIM 22. SEP 2002  22:00
Sujet: Un nouveau membre
nadialevac
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Bonjour,

 

Je m’appelle Nadia Levac, j'ai une formation en histoire et j’espère bien pouvoir commencer une maîtrise dans la même discipline l’an prochain.

 

J’ai comme projet une maîtrise en histoire du Québec. Je voudrais me pencher sur l’image de la femme et de la mère, autant mariée que célibataire, entre la promulgation du nouveau code civil en 1866, un code qui avait pour effet concret d’infantiliser la femme, et les modifications qu’on fut forcé d’apporter vers 1915 en raison de l’absence de plusieurs hommes partis pour la guerre (et parfois jamais revenus). Dans ce demi-siècle, l’ordre social établi se voit contesté de part et d’autre non seulement au Québec, mais à l’échelle occidentale. En plus du féminisme qui croît en importance et en influence, le syndicalisme, le socialisme et le scientisme (en Europe à tout le moins) sont aussi des forces en expansion.

 

C’est connu : la peur des changements et le sentiment concomitant de menace amènent parfois les gens à se radicaliser dans leurs croyances et leurs pratiques. Or les cinq ou six premières décennies de la Confédération, au Québec, sont très marquées par le conservatisme, et parfois même l’ultramontanisme. Conséquemment, l’objectif de ma recherche serait de réfléchir, par une analyse de discours, à l’image de la femme et de la mère dans ce contexte où le conservatisme se voit bruyamment contesté par les forces sociales que j’ai nommées plus haut. Ultimement, mon projet se trouverait à inscrire les revendications des femmes dans le contexte socio-politique large d’un bouillonnement idéologique.

 

Idéalement, je voudrais parvenir à saisir toute la complexité discursive, donc regarder au-delà de la production écrite et considérer aussi, par exemple, la caricature dans la presse à grand tirage, le théâtre, etc.

 

Il reste encore beaucoup de travail à faire avant de commencer. Mon projet doit être mieux défini, et peut-être davantage circonscrit. Je dois de plus me situer plus précisément par rapport aux travaux déjà existants sur ce thème. Enfin, je dois aussi décider si je vais m’inscrire à Québec ou à Montréal !

 

Nadia Levac



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#320 De: "formation_1999" <simardc@...>
Date: JEU 19. SEP 2002  2:25
Sujet: Re&nbsp;: IFRANE (Maroc)
formation_1999
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Bonsoir Elaouene,

J'ai voulu te répondre plus tôt, mais je crois que le message n'a pas
passé alors voici :

1) On pourrait peut-être t'aider à l'université d'Ifrane.  Voici les
coordonnées :
http://www.alakhawayn.ma/Library/4-3.htm

2) Il n'y a pas grand chose dans Internet.  Tout ce que j'ai trouvé
est une référence dans l'Encyclopédie Britanica. On y apprend que
Ifrane a été fondée en 1929.
http://www.britannica.com/eb/article?eu=42996&tocid=0&query=ifrane

3)Enfin, ces ressources pourraient t'aider si tu vas à la
bibliothèque :

The Journal of North African Studies
http://www.history-journals.de/hjg-j00092.html

En espérant ces informations utiles et bonne chance!

Christine

The Journal of the Society for Moroccan Studies
http://www.history-journals.de/hjg-m00079.html

--- Dans herodote@g..., "elaouene" <elaouene@y...> a écrit
>     Je suis à la recherche de toute documentation, information ou
> tout renseignement pouvant m'aider à écrire un article de presse
sur
> l'histoire d'Ifrane (Maroc), ma ville natale. Et merci.--- Dans
herodote@g..., "elaouene" <elaouene@y...> a écrit
>     Je suis à la recherche de toute documentation, information ou
> tout renseignement pouvant m'aider à écrire un article de presse
sur
> l'histoire d'Ifrane (Maroc), ma ville natale. Et merci.

#317 De: "elaouene" <elaouene@...>
Date: VEN 13. SEP 2002  9:22
Sujet: IFRANE (Maroc)
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Je suis à la recherche de toute documentation, information ou
tout renseignement pouvant m'aider à écrire un article de presse sur
l'histoire d'Ifrane (Maroc), ma ville natale. Et merci.

#316 De: Marie-Eve Normandeau <marie_eve_n@...>
Date: MAR 9. JUL 2002  20:13
Sujet: nouveau membre
marie_eve_n
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Bonjour,

Comme je suis un nouveau membre d'Hérodote, permettez-moi de me présenter succintement. Je m'appelle Marie-Eve Normandeau et je suis étudiante à la maîtrise en histoire à l'Université Laval à Québec, sous la direction de Mme Johanne Daigle.  Le titre provisoire de mon mémoire est : La construction sociale de la maternité durant la première moitié du XXe siècle : ses effets sur les soins de santé offerts aux mères et aux enfants à Québec. Je m'intéresse donc, dans le cadre de mes études de maîtrise, à l'histoire sociale du Québec de la première moitié du XXe siècle, plus précisément à l'histoire des femmes, à l'histoire de la santé, à l'analyse de discours et à l'histoire culturelle.

L’objectif de cette recherche est, d’une part, de comprendre pourquoi la lutte à la mortalité infantile, à l’heure où environ un nourrisson sur quatre meurt avant l’âge d’un an au Québec, devient un enjeu majeur pour les élites politiques, économiques, religieuses et médicales de la province au tournant du siècle, en étudiant leurs discours, notamment. Le second volet de l’étude tentera de saisir, pour la ville de Québec durant l’entre-deux-guerres, quelles sont les orientations données à cette croisade contre la mortalité des jeunes enfants et quelles en ont été les modalités concrètes d’application (les programmes et services créés). Finalement, l'évolution de la perception des mères quant à leur rôle à jouer dans cette lutte à la mortalité infantile, mise en relation avec la campagne d'éducation et de semsibilisation élaborée durant l'entre-deux-guerres, sera également étudiée.

L’hypothèse soutenue est que la lutte aux maladies infantiles a été intentionnellement orientée vers l’éducation des mères, délaissant ainsi d’autres facteurs importants du problème (la pauvreté et les infrastructures socio-sanitaires déficientes, notamment). Le programme d’intervention élaboré pour rejoindre cette clientèle est global, avec des mesures qui vont de la propagande sanitaire de masse aux visites plus ciblées des mères à domicile.

Je travaille également comme assistante de recherche pour une équipe multidisciplinaire de chercheurs de l'Université Laval qui étudie les mutations et l'institutionnalisation de l'enfance à Québec, pour la période 1850-1950.

Je me suis inscrite à ce groupe de discussion par curiosité et intérêt; je n'ai donc pas, pour l'instant, de questions particulières à poser au groupe. Je souhaite simplement discuter avec des gens qui partagent la même passion que moi.

Au plaisir de vous lire et de discuter,

Marie-Eve Normandeau



Lèche-vitrine ou lèche-écran ? Yahoo! Magasinage.

#315 De: mathieu betton <mathieu.betton@...>
Date: SAM 22. JUN 2002  22:15
Sujet: ouverture du site
mathieu.betton@...
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salut à vous

j'ouvre à titre expérimental pour l'instant, le site suivant:
http://histoweb.levillage.org

il est consacré l'Internet l'histoire et les historiens. Internet comme
outil, source, objet d'histoire.

J'y ai déjà publié quelques articles pour vous en donner une idée de la
teneur

Je vous invite à le visiter et surtout, à y participer. Si vous voulez y
écrire un article ou participer à sa vie interne, n'hésitez pas à me
faire la demande d'une ouverture de compte

cordialement

mathieu

#314 De: mathieu betton <mathieu.betton@...>
Date: JEU 20. JUN 2002  12:09
Sujet: NTICs et histoire
mathieu.betton@...
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bonjour à vous

l'un de vous pourrait-il me faire un bref historique du rôle des NTICs
en histoire (enseignement, recherche) ou me donner une adresse où je
pourrais trouver ces infos ?

merci d'avance

@+

#313 De: "Fernand Hébert" <fernandhebert@...>
Date: VEN 31. MAI 2002  4:10
Sujet: Re : Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
fernandhebert@...
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Bonjour à vous
 
En fait, au Québec, (je pourrais même écrire au Canada) les concepts politiques de gauche et de droite n'ont pas la portée que leur attribue les Européens. Notre passé politique, syndical et social nous amène à appeler la gauche ce qui pour plusieurs serait de centre droite.
 
Nous devons donc aborder ces notions en regard de notre histore collective et non en relation avec les évènements de l'Europe. La difficulté tient au fait que nous cherchons à comparer, à situer un mouvement local en regard d'une réalité qui n'est pas la nôtre.
 
Par contre, malgré ces différences, il faut reconnaître que, depuis les années Reagan, le néo-libéralisme est de retrour et en progession. Il fait lentement son chemin et les adeptes se retrouvent non seulement dans le monde politique et financier, mais aussi auprès de gens issus des classes laborieuses.
 
Les réactions négatives que suscite ce retour n'est pas un refus au progrès, comme le laisse à penser le journaliste de LaPresse. Il s'agit plutôt d'une inquiétude envers une idéologie pour laquelle seul le profit est le signe tangible de la réussite. Or, celle-ci est souvent atteinte au détriment de l'apport social que pourrait apporter ce surplus financier. En somme, une attitude plus libérale pourrait écrire Smith.
----- Message d'origine -----
De : Sylvain Dufault
Envoyé : 30 mai, 2002 09:26
À : herodote@...
Objet : Re: [herodote] Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
 

Bonjour,

Je crois que les concepts "gauche" et "droite" en politiques n'ont jamais ete reellment clairs au Quebec et en Amerque du Nord ou nous avons evoues dans une logique ou, generalement, deux partis se font la lutte.  Jusqu'a tout recemment, ces partis oscillaient entre centre-gauche et centre-droite.

Les partis dits d'extreme gauche ou d"extreme droite, n'ont jamais et que d



 

>From: Christine Simard
>Reply-To: herodote@...
>To: herodote@...
>Subject: [herodote] Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
>Date: Thu, 30 May 2002 08:13:42 -0400
>
>Bonjour à toutes et à tous,
>
>Au cours des derniers mois, la tribune d'Hérodote a souvent abordé le sujet
>de l'histoire et des nouvelles technologies. J'espère que nous
>continuerons d'en parler, mais pendant ce temps, d'autres sujets sont
>également d'actualité et pourraient susciter l'intérêt des historiens.
>
>Dans cette veine, soulignons l'éditorial de Mario Roy dans la Presse de ce
>matin. Je partage aussi cette sensation que la société a perdu le sens des
>mots, des concepts.
>
>Lorsqu'on parle de la montée de la droite, parlons-nous réellement de la
>droite?
>Qu'en pensez-vous?
>
>Christine
>
>PS : En passant, bienvenue aux nouveaux de la liste Hérodote. Présentez-vous!
>
>
>
>Détournement de sens
>Mario Roy
>La Presse, jeudi 30 juin
>Les idées de l'Action démocratique du Québec «se rapprochent de celles de
>Le Pen», juge le député péquiste de Va chon, David Payne: Mario Dumont est
>d'extrême droite, à l'image du leader du Front national! Et le projet de
>loi 80 sur le lobbying créerait un pouvoir «stalinien», estiment, à Québec,
>des libéraux et des lobbyistes - un peu bousculés, il est vrai, par les
>temps qui courent...
>Voilà, pour ne prendre connaissance que de l'actualité immédiate, ce qui
>nous fait sombrer dans la confusion mentale, le détournement de sens, la
>malhonnêteté intellectuelle pure et simple.
>
>Car le parti de Mario Dumont n'est évidemment pas d'extrême droite. Pas
>davantage que l'Alliance canadienne, d'ailleurs, que le ministre de
>l'Immigration, Denis Coderre (figure de proue du progressisme éclairé,
>comme chacun sait), avait aussi rangée, en avril, du côté des lepénistes.
>Quant au projet de loi 80, il ne propose pas, à ce qu'on sache, la création
>d'un KGB québécois. Ni l'élimination physique ou la déportation vers des
>camps de travail - construits dans les steppes de l'Ungava? - de quelques
>millions de citoyens du pays.
>
>Le pire est que ce genre de propos ne provoque que des haussements
>d'épaules. Et alors?, se dit-on. Il est tellement courant, en effet, que
>les mots conçus à l'origine pour situer un homme ou un parti sur
>l'échiquier politique, ou une idée dans un courant de pensée, ou un
>événement dans l'Histoire, ne soient utilisés que comme insultes...
>
>Extrême droite, fascisme, nazisme, totalitarisme, néolibéralisme, droite et
>gauche même: sait-on encore de quoi on parle?
>
>Le fascisme, par exemple. Terme qui s'applique précisément au gouvernement
>ayant sévi en Italie de 1922 à 1945. Ou, par extension, à un régime fondé
>sur le parti unique, le corporatisme, le nationalisme exacerbé ainsi que la
>force brute jugée nécessaire pour le défendre. Or, à lire les journaux, ou
>les livres, ou les pancartes agitées dans les manifestations, on croirait
>que les fascistes courent les rues. L'État (québécois ou canadien) est
>fasciste. De même que la police de Montréal, la Loi 101, la chaîne
>McDonald's, la démocratie et la poupée Barbie. Tintin est une bédé
>fasciste. Le film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain est fasciste aussi...
>
>Ou encore le «néolibéralisme ambiant», comme on le lit infailliblement dans
>les essais à la mode et les lettres ouvertes songées. S'est-on déjà avisé
>du ridicule profond qu'il y a à parler de néolibéralisme dans des pays où
>l'État administre 40, ou 42, ou 46% du produit intérieur brut et exerce un
>monopole absolu sur les secteurs les plus vitaux de la société? Cependant,
>qualifier quelqu'un de «néolibéral», même si cela n'a aucun sens, est une
>forme de terrorisme du langage d'une extrême efficacité.
>
>Et pendant qu'on y est...
>
>...quelqu'un se souvient-il de cette époque où être «de gauche» signifiait:
>cheminer avec audace vers un avenir fait de plus de justice, de liberté,
>d'égalité des chances, de sécurité, de prospérité et de paix pour le plus
>grand nombre? Idéal assorti d'une certaine obligation de résultat dans le
>cas de ceux qui, venant de cette gauche, accédaient au pouvoir?
>
>Comment se fait-il alors qu'aujourd'hui, la «gauche» désigne plus souvent
>qu'autrement une attitude de repli vers le passé, de peur de l'avenir, de
>défense du statu quo ainsi que de quelques grands establishments, de
>codification toujours plus tatillonne de la vie en société, d'agitation
>violente et de haine féroce des sociétés à peu près ordonnées, relativement
>pacifiques, pas tout à fait miséreuses?
>
>Pourquoi, en somme, classe-t-on désormais «à droite» ceux qui appellent le
>changement, sinon pour les intimider?
>
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#312 De: "Dewael William" <william.dewael@...>
Date: JEU 30. MAI 2002  13:01
Sujet: Présentation
william.dewael@...
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Bonjour,
 
Je viens tout récemment de m'abonner à cette liste de diffusion. Conformément à ce qui semble être demandé par le modérateur à tout nouvel arrivant, je me présente donc succinctement.
 
Mon nom est William Dewaël, et je suis titulaire d'une maîtrise d'histoire moderne obtenue en 1998 à l'Université de Lille, sous la direction de M. Jean-François Labourdette.
 
Mon mémoire de maîtrise a été consacré à l'ambassadeur français Michel de Castelnau de la Mauvissière (ou Castelnau-Mauvissière), représentant du roi de France Henri III en Angleterre et dans une large mesure également en Ecosse de 1575 à 1585.
 
Le titre du mémoire est "L'ambassade de Michel de Castelnau de la Mauvissière en Angleterre d'après le registre de ses dépêches, 1578-1581".
 
Ne pouvant traiter dans un simple mémoire une si longue période, j'ai en effet restreint mon étude aux années 1578-1581, pour lesquelles nous disposons des dépêches d'ambassade de Michel de Castelnau adressées directement au roi, à la reine-mère, au duc d'Anjou, etc. (l'ère des ministres et secrétaires d'Etat recevant les correspondances des ambassadeurs était en effet encore dans les limbes). Ce registre des dépêches est conservé à la Bibliothèque Nationale de France, et est manuscrit, dans la belle écriture de chancellerie du temps. Quelques rares lettres ont cependant été publiées dans des recueils de correspondance du temps (de Henri III, de Catherine de Médicis, ...).
 
Le personnage de Michel de Castelnau est connu des historiens s'intéressant à l'histoire politique du XVIe siècle en raison de ses Mémoires, qui traitent des premières années des guerres religieuses en France avec un rare esprit de tolérance : Castelnau, catholique, se veut simplement serviteur du roi, sans haine religieuse aucune envers les protestants. On retrouve dans ses dépêches ce même esprit de concorde nationale, une haute idée du rôle de la France en Europe malgré l'affaiblissement des guerres civiles, et une grande méfiance vis-à-vis de l'Espagne mais sans a priori... un humaniste en diplomatie, qui se reconnaissait peut-être dans ce "parti" aux limites floues regroupant ceux que l'on appelait alors les "politiques".
 
Mon mémoire essaye de ne pas se limiter à l'actualité diplomatique à laquelle est confronté Castelnau : après avoir tracé un portrait aussi complet et critique que possible du personnage et de sa vie avant d'être nommé ambassadeur résident (il a notamment servi dans les armées du roi en Italie puis lors des premières guerres religieuses), je me suis intéressé à la résidence de l'ambassadeur à Londres, à ses importants problèmes financiers, à sa famille qui vit auprès de lui dès 1575-6, à sa parentèle, à ses relations avec la cour d'Elisabeth et avec la reine elle-même, à ses capacités diplomatiques propres, etc., etc.
 
Puis la troisième partie du mémoire traite des événements et enjeux auxquels doit faire face Michel de Castelnau durant les années 1575-1581. Les troubles relations franco-hispano-anglaises occupent le devant de la scène. Mais pour être plus précis citons, dans un ordre aléatoire : le projet de mariage de la reine Elisabeth avec le duc d'Anjou frère du roi de France, les menées des protestants français et des princes allemands, la captivité de Marie Stuart, marraine de l'un des enfants de Michel de Castelnau, l'invasion du Portugal par l'Espagne, le débarquement espagnol en Irlande, l'expédition maritime de Frobisher à la recherche du passage du Nord-Ouest, le retour en Angleterre du navigateur et corsaire Francis Drake après son tour du monde, etc., etc...
 
Pour l'anecdote, notons que le célèbre Francis Drake fut à son retour fait chevalier par la reine sur son propre navire, avec l'épée de Michel de Castelnau-Mauvissière, pour honorer la France mais aussi accroître le défi à l'Espagne dont Drake avait pillé quelques villes américaines au passage...
 
En annexe figurent quelques cartes et illustrations, ainsi que des fac-similés de quelques-une des dépêches les plus intéressantes de Michel de Castelnau. J'ai par ailleurs complètement retranscrit ces dépêches de 1578-1581, qui sont toujours inédites à ce jour.
 
Cordialement,
 
William Dewaël,
 
 
 

#311 De: "Sylvain Dufault" <dufauls@...>
Date: JEU 30. MAI 2002  14:04
Sujet: Re: Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
dufauls@...
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(Desole pour le message precedent incomplet, mais j'ai appuye sur "send" un peu trop rapidement)

Bonjour,

Je crois que les concepts "gauche" et "droite" en politique n'ont jamais ete vraiment clairs au Quebec et en Amerique du Nord en general. Nous avons evolue dans une logique ou, generalement, deux partis se font la lutte pour le pouvoir.  Jusqu'a tout recemment, ces partis oscillaient entre une ideologie de centre-gauche et  centre-droite.

Les partis dits d'extreme gauche ou d"extreme droite, n'ont jamais ete que des tiers-partis. A l'instar de Mario Roy, je ne crois pas que l'Alliance Canadienne ou encore l'Action Democratique soient des partis d'extreme-droite. Ils sont peut-etre moins frileux dans leurs choix ideologiques, mais certainement pas extremistes.

Pour en avoir le coeur net, je suis alle consulter le site web du Front National de M.Le Pen.  Cela ne ressemble en rien au programme de l'Alliance Canadienne ou de l'Action Democratique. Cette petite visite m'a donne des frissons dans le dos et je vois mal M.Dumont deporter vers leur pays d'origine tous ceux qui ne sont pas des "pure laine."

Je  crois qu'il faut etre prudent lorsqu'on compare le paysage politique Europeen au notre. Les courants politiques y sont nettement mieux definis qu'ici et les partis dits "extremes"  sont dans bien des cas beaucoup plus que des tiers-partis.

 

 



 

>From: Christine Simard
>Reply-To: herodote@...
>To: herodote@...
>Subject: [herodote] Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
>Date: Thu, 30 May 2002 08:13:42 -0400
>
>Bonjour à toutes et à tous,
>
>Au cours des derniers mois, la tribune d'Hérodote a souvent abordé le sujet
>de l'histoire et des nouvelles technologies. J'espère que nous
>continuerons d'en parler, mais pendant ce temps, d'autres sujets sont
>également d'actualité et pourraient susciter l'intérêt des historiens.
>
>Dans cette veine, soulignons l'éditorial de Mario Roy dans la Presse de ce
>matin. Je partage aussi cette sensation que la société a perdu le sens des
>mots, des concepts.
>
>Lorsqu'on parle de la montée de la droite, parlons-nous réellement de la
>droite?
>Qu'en pensez-vous?
>
>Christine
>
>PS : En passant, bienvenue aux nouveaux de la liste Hérodote. Présentez-vous!
>
>
>
>Détournement de sens
>Mario Roy
>La Presse, jeudi 30 juin
>Les idées de l'Action démocratique du Québec «se rapprochent de celles de
>Le Pen», juge le député péquiste de Va chon, David Payne: Mario Dumont est
>d'extrême droite, à l'image du leader du Front national! Et le projet de
>loi 80 sur le lobbying créerait un pouvoir «stalinien», estiment, à Québec,
>des libéraux et des lobbyistes - un peu bousculés, il est vrai, par les
>temps qui courent...
>Voilà, pour ne prendre connaissance que de l'actualité immédiate, ce qui
>nous fait sombrer dans la confusion mentale, le détournement de sens, la
>malhonnêteté intellectuelle pure et simple.
>
>Car le parti de Mario Dumont n'est évidemment pas d'extrême droite. Pas
>davantage que l'Alliance canadienne, d'ailleurs, que le ministre de
>l'Immigration, Denis Coderre (figure de proue du progressisme éclairé,
>comme chacun sait), avait aussi rangée, en avril, du côté des lepénistes.
>Quant au projet de loi 80, il ne propose pas, à ce qu'on sache, la création
>d'un KGB québécois. Ni l'élimination physique ou la déportation vers des
>camps de travail - construits dans les steppes de l'Ungava? - de quelques
>millions de citoyens du pays.
>
>Le pire est que ce genre de propos ne provoque que des haussements
>d'épaules. Et alors?, se dit-on. Il est tellement courant, en effet, que
>les mots conçus à l'origine pour situer un homme ou un parti sur
>l'échiquier politique, ou une idée dans un courant de pensée, ou un
>événement dans l'Histoire, ne soient utilisés que comme insultes...
>
>Extrême droite, fascisme, nazisme, totalitarisme, néolibéralisme, droite et
>gauche même: sait-on encore de quoi on parle?
>
>Le fascisme, par exemple. Terme qui s'applique précisément au gouvernement
>ayant sévi en Italie de 1922 à 1945. Ou, par extension, à un régime fondé
>sur le parti unique, le corporatisme, le nationalisme exacerbé ainsi que la
>force brute jugée nécessaire pour le défendre. Or, à lire les journaux, ou
>les livres, ou les pancartes agitées dans les manifestations, on croirait
>que les fascistes courent les rues. L'État (québécois ou canadien) est
>fasciste. De même que la police de Montréal, la Loi 101, la chaîne
>McDonald's, la démocratie et la poupée Barbie. Tintin est une bédé
>fasciste. Le film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain est fasciste aussi...
>
>Ou encore le «néolibéralisme ambiant», comme on le lit infailliblement dans
>les essais à la mode et les lettres ouvertes songées. S'est-on déjà avisé
>du ridicule profond qu'il y a à parler de néolibéralisme dans des pays où
>l'État administre 40, ou 42, ou 46% du produit intérieur brut et exerce un
>monopole absolu sur les secteurs les plus vitaux de la société? Cependant,
>qualifier quelqu'un de «néolibéral», même si cela n'a aucun sens, est une
>forme de terrorisme du langage d'une extrême efficacité.
>
>Et pendant qu'on y est...
>
>...quelqu'un se souvient-il de cette époque où être «de gauche» signifiait:
>cheminer avec audace vers un avenir fait de plus de justice, de liberté,
>d'égalité des chances, de sécurité, de prospérité et de paix pour le plus
>grand nombre? Idéal assorti d'une certaine obligation de résultat dans le
>cas de ceux qui, venant de cette gauche, accédaient au pouvoir?
>
>Comment se fait-il alors qu'aujourd'hui, la «gauche» désigne plus souvent
>qu'autrement une attitude de repli vers le passé, de peur de l'avenir, de
>défense du statu quo ainsi que de quelques grands establishments, de
>codification toujours plus tatillonne de la vie en société, d'agitation
>violente et de haine féroce des sociétés à peu près ordonnées, relativement
>pacifiques, pas tout à fait miséreuses?
>
>Pourquoi, en somme, classe-t-on désormais «à droite» ceux qui appellent le
>changement, sinon pour les intimider?
>
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#310 De: "Sylvain Dufault" <dufauls@...>
Date: JEU 30. MAI 2002  13:24
Sujet: Re: Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
dufauls@...
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Bonjour,

Je crois que les concepts "gauche" et "droite" en politiques n'ont jamais ete reellment clairs au Quebec et en Amerque du Nord ou nous avons evoues dans une logique ou, generalement, deux partis se font la lutte.  Jusqu'a tout recemment, ces partis oscillaient entre centre-gauche et centre-droite.

Les partis dits d'extreme gauche ou d"extreme droite, n'ont jamais et que d



 

>From: Christine Simard
>Reply-To: herodote@...
>To: herodote@...
>Subject: [herodote] Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
>Date: Thu, 30 May 2002 08:13:42 -0400
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>Bonjour à toutes et à tous,
>
>Au cours des derniers mois, la tribune d'Hérodote a souvent abordé le sujet
>de l'histoire et des nouvelles technologies. J'espère que nous
>continuerons d'en parler, mais pendant ce temps, d'autres sujets sont
>également d'actualité et pourraient susciter l'intérêt des historiens.
>
>Dans cette veine, soulignons l'éditorial de Mario Roy dans la Presse de ce
>matin. Je partage aussi cette sensation que la société a perdu le sens des
>mots, des concepts.
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>Le Pen», juge le député péquiste de Va chon, David Payne: Mario Dumont est
>d'extrême droite, à l'image du leader du Front national! Et le projet de
>loi 80 sur le lobbying créerait un pouvoir «stalinien», estiment, à Québec,
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>temps qui courent...
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>Car le parti de Mario Dumont n'est évidemment pas d'extrême droite. Pas
>davantage que l'Alliance canadienne, d'ailleurs, que le ministre de
>l'Immigration, Denis Coderre (figure de proue du progressisme éclairé,
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>Le pire est que ce genre de propos ne provoque que des haussements
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>l'échiquier politique, ou une idée dans un courant de pensée, ou un
>événement dans l'Histoire, ne soient utilisés que comme insultes...
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>Extrême droite, fascisme, nazisme, totalitarisme, néolibéralisme, droite et
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>force brute jugée nécessaire pour le défendre. Or, à lire les journaux, ou
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>que les fascistes courent les rues. L'État (québécois ou canadien) est
>fasciste. De même que la police de Montréal, la Loi 101, la chaîne
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>fasciste. Le film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain est fasciste aussi...
>
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>les essais à la mode et les lettres ouvertes songées. S'est-on déjà avisé
>du ridicule profond qu'il y a à parler de néolibéralisme dans des pays où
>l'État administre 40, ou 42, ou 46% du produit intérieur brut et exerce un
>monopole absolu sur les secteurs les plus vitaux de la société? Cependant,
>qualifier quelqu'un de «néolibéral», même si cela n'a aucun sens, est une
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>Et pendant qu'on y est...
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>...quelqu'un se souvient-il de cette époque où être «de gauche» signifiait:
>cheminer avec audace vers un avenir fait de plus de justice, de liberté,
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>Comment se fait-il alors qu'aujourd'hui, la «gauche» désigne plus souvent
>qu'autrement une attitude de repli vers le passé, de peur de l'avenir, de
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#309 De: "Sylvain Dufault" <dufauls@...>
Date: JEU 30. MAI 2002  13:24
Sujet: Re: Nazisme, facisme, néolibéralisme, gauche , droite
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Bonjour,

Je crois que les concepts "gauche" et "droite" en politiques n'ont jamais ete reellment clairs au Quebec et en Amerque du Nord ou nous avons evoues dans une logique ou, generalement, deux partis se font la lutte.  Jusqu'a tout recemment, ces partis oscillaient entre centre-gauche et centre-droite.

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>loi 80 sur le lobbying créerait un pouvoir «stalinien», estiment, à Québec,
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>temps qui courent...
>Voilà, pour ne prendre connaissance que de l'actualité immédiate, ce qui
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>Quant au projet de loi 80, il ne propose pas, à ce qu'on sache, la création
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>Le pire est que ce genre de propos ne provoque que des haussements
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>Extrême droite, fascisme, nazisme, totalitarisme, néolibéralisme, droite et
>gauche même: sait-on encore de quoi on parle?
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>Le fascisme, par exemple. Terme qui s'applique précisément au gouvernement
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>sur le parti unique, le corporatisme, le nationalisme exacerbé ainsi que la
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>que les fascistes courent les rues. L'État (québécois ou canadien) est
>fasciste. De même que la police de Montréal, la Loi 101, la chaîne
>McDonald's, la démocratie et la poupée Barbie. Tintin est une bédé
>fasciste. Le film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain est fasciste aussi...
>
>Ou encore le «néolibéralisme ambiant», comme on le lit infailliblement dans
>les essais à la mode et les lettres ouvertes songées. S'est-on déjà avisé
>du ridicule profond qu'il y a à parler de néolibéralisme dans des pays où
>l'État administre 40, ou 42, ou 46% du produit intérieur brut et exerce un
>monopole absolu sur les secteurs les plus vitaux de la société? Cependant,
>qualifier quelqu'un de «néolibéral», même si cela n'a aucun sens, est une
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>
>Et pendant qu'on y est...
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>...quelqu'un se souvient-il de cette époque où être «de gauche» signifiait:
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#308 De: Christine Simard <simardc@...>
Date: JEU 30. MAI 2002  12:13
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Bonjour à toutes et à tous,

Au cours des derniers mois, la tribune d'Hérodote a souvent abordé le sujet
de l'histoire et des nouvelles technologies.  J'espère que nous
continuerons d'en parler, mais pendant ce temps, d'autres sujets sont
également d'actualité et pourraient susciter l'intérêt des historiens.

Dans cette veine, soulignons l'éditorial de Mario Roy dans la Presse de ce
matin.  Je partage aussi cette sensation que la société a perdu le sens des
mots, des concepts.

Lorsqu'on parle de la montée de la droite, parlons-nous réellement de la
droite?
Qu'en pensez-vous?

Christine

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Détournement de sens
Mario Roy
La Presse, jeudi 30 juin
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d'extrême droite, à l'image du leader du Front national! Et le projet de
loi 80 sur le lobbying créerait un pouvoir «stalinien», estiment, à Québec,
des libéraux et des lobbyistes - un peu bousculés, il est vrai, par les
temps qui courent...
Voilà, pour ne prendre connaissance que de l'actualité immédiate, ce qui
nous fait sombrer dans la confusion mentale, le détournement de sens, la
malhonnêteté intellectuelle pure et simple.

Car le parti de Mario Dumont n'est évidemment pas d'extrême droite. Pas
davantage que l'Alliance canadienne, d'ailleurs, que le ministre de
l'Immigration, Denis Coderre (figure de proue du progressisme éclairé,
comme chacun sait), avait aussi rangée, en avril, du côté des lepénistes.
Quant au projet de loi 80, il ne propose pas, à ce qu'on sache, la création
d'un KGB québécois. Ni l'élimination physique ou la déportation vers des
camps de travail - construits dans les steppes de l'Ungava? - de quelques
millions de citoyens du pays.

Le pire est que ce genre de propos ne provoque que des haussements
d'épaules. Et alors?, se dit-on. Il est tellement courant, en effet, que
les mots conçus à l'origine pour situer un homme ou un parti sur
l'échiquier politique, ou une idée dans un courant de pensée, ou un
événement dans l'Histoire, ne soient utilisés que comme insultes...

Extrême droite, fascisme, nazisme, totalitarisme, néolibéralisme, droite et
gauche même: sait-on encore de quoi on parle?

Le fascisme, par exemple. Terme qui s'applique précisément au gouvernement
ayant sévi en Italie de 1922 à 1945. Ou, par extension, à un régime fondé
sur le parti unique, le corporatisme, le nationalisme exacerbé ainsi que la
force brute jugée nécessaire pour le défendre. Or, à lire les journaux, ou
les livres, ou les pancartes agitées dans les manifestations, on croirait
que les fascistes courent les rues. L'État (québécois ou canadien) est
fasciste. De même que la police de Montréal, la Loi 101, la chaîne
McDonald's, la démocratie et la poupée Barbie. Tintin est une bédé
fasciste. Le film Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain est fasciste aussi...

Ou encore le «néolibéralisme ambiant», comme on le lit infailliblement dans
les essais à la mode et les lettres ouvertes songées. S'est-on déjà avisé
du ridicule profond qu'il y a à parler de néolibéralisme dans des pays où
l'État administre 40, ou 42, ou 46% du produit intérieur brut et exerce un
monopole absolu sur les secteurs les plus vitaux de la société? Cependant,
qualifier quelqu'un de «néolibéral», même si cela n'a aucun sens, est une
forme de terrorisme du langage d'une extrême efficacité.

Et pendant qu'on y est...

...quelqu'un se souvient-il de cette époque où être «de gauche» signifiait:
cheminer avec audace vers un avenir fait de plus de justice, de liberté,
d'égalité des chances, de sécurité, de prospérité et de paix pour le plus
grand nombre? Idéal assorti d'une certaine obligation de résultat dans le
cas de ceux qui, venant de cette gauche, accédaient au pouvoir?

Comment se fait-il alors qu'aujourd'hui, la «gauche» désigne plus souvent
qu'autrement une attitude de repli vers le passé, de peur de l'avenir, de
défense du statu quo ainsi que de quelques grands establishments, de
codification toujours plus tatillonne de la vie en société, d'agitation
violente et de haine féroce des sociétés à peu près ordonnées, relativement
pacifiques, pas tout à fait miséreuses?

Pourquoi, en somme, classe-t-on désormais «à droite» ceux qui appellent le
changement, sinon pour les intimider?



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