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[ATTAC] INFO 232 - Québec. Un bilan.

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  • Le Grain de Sable by way of cyrano@aqua
    COURRIEL D INFORMATION ATTAC (n°232) Mardi 01/05/01 Merci de faire circuler et de diffuser largement. Le Courriel est reçu aujourd hui par 32 185 abonnés
    Message 1 sur 1 , 30 avr. 2001
      COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°232)
      Mardi 01/05/01

      Merci de faire circuler et de diffuser largement.
      Le Courriel est reçu aujourd'hui par 32 185 abonnés
      ______________________________

      Ce courriel d'information a été mis au point par l'équipe de
      bénévoles du Grain de sable. <journal@...> <http://attac.org>

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      mars - http://attac.org/attacinfo/attacourriel6.pdf

      >> Trimestriels thématiques:
      Commerce international & OMC - 1
      http://attac.org/attacinfo/commerce1.pdf
      Finance & Economie - 1
      http://attac.org/attacinfo/finance1.pdf
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      Dans ce numéro. En bref...

      1- Québec. Un bilan.
      Les manifestations de Québec marquent à la fois une prolongation et un
      tournant dans la qualité de l'organisation des résistances contre les
      politiques libérales. Elles sont riches d'enseignements pour les
      rendez-vous à venir tant dans l'organisation que dans l'évolution du
      front que nous commençons à constituer de manière de plus en plus
      visible.

      2- Brèves d'OMC.
      A Pretoria demie victoire sur les multinationales qui ont abandonné le
      procès contre le gouvernement d'Afrique du Sud pendant que le Brésil
      doit toujours les affronter dans l'enceinte de l'OMC. Des rapports d'
      organismes des Nations Unies commencent à pointer les difficultés qui
      s'amoncèlent pour certains pays qui dépendent un peu trop du commerce
      avec les Etats Unis.

      3- AGCS - Les Assises des services publics.
      A la veille de la prochaine réunion ministérielle au Qatar de l'OMC,
      un grand rendez-vous à la fois militant et « savant » s'organise
      durant une semaine à Lyon. Il s'agit non seulement de faire le point
      ensemble, mais plus encore de passer à l'offensive.

      4- Halte au démantèlement du service public.
      Les Suisses se mobilisent face au démantèlement généralisé des
      services publics, en particulier des Postes. Nous sommes toutes et
      tous concernés et ne croyez pas qu'une frontière fera exception. Notre
      offensive se déroulera le 18 mai partout en Suisse. Merci d'y
      participer non seulement par solidarité mais parce que la fermeture
      des Postes, en France par exemple aussi et ailleurs, a déjà commencé.

      5- Une perspective sur le commerce équitable.
      Le commerce équitable n'est pas un gadget, il est une véritable
      proposition politique pour la promotion d'une autre mondialisation qui
      ne serait plus aux seules mains des multinationales.

      6- Le Clearing, une réalité financière.
      Trois sociétés centralisent les traces de toutes les transactions
      financières internationales. Plus que les banques centrales, elles
      sont le véritable système nerveux central des spéculations sur les
      monnaies et autres transactions. Pour la taxe Tobin, elles sont la
      réponse aux différentes dénégations officielles.

      7- Vous avez rendez-vous avec ATTAC



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      1- Québec. Un bilan
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      Les mobilisations de Québec des 20 et 21 avril 2001 à l'occasion du
      sommet des Amériques

      Une impression d'ensemble

      "Québec marque un réel pas en avant si on le compare à Seattle, par le
      nombre global des manifestants, mais aussi par une participation
      beaucoup plus massive aux actions directes" estimait Russ Daviss,
      président de "Jobs with Justice" du Massachuset, juste après les
      manifestations. La manifestation était "politiquement" plus homogène
      qu'à Seattle; si les participants étaient aussi divers, leurs
      approches étaient moins "contournées", plus direct. Les militant(e)s
      du Sierra Club, la principale organisation écologiste américaine
      n'étaient pas, par exemple, déguisés en tortue.

      Si on compare Québec à deux autres de ces dates qui ont marqué l'année
      2000, Washington D.C. en avril et Prague en septembre, la même
      conclusion s'impose. Avant d'entrer un peu dans le détail, une
      première impression d'ensemble : les manifestations faisaient
      incroyablement penser aux journées de mai 1968 à Paris, au tout du
      moins à l'idée que l'on peut s'en faire.

      Pendant deux jours des milliers de personnes - probablement plus de 10
      000 - ont entouré le mur qui protégeait les chefs d'États et ont
      participé peu ou prou à la "bataille de Québec". La ville ne compte
      que 300 000 habitants et, même si de nombreux manifestants venaient
      des Etats-Unis et du reste du Canada, le français était la langue de
      loin la plus parlée dans les attroupements qui entouraient le mur. Une
      réelle solidarité unissait les habitants de la vieille ville, les
      étudiants - près de 15 universités étaient en grève - et les
      participants - des syndicalistes pour l'essentiel - à la grande
      manifestation autorisée qui se déroulait dans une autre partie de
      l'agglomération. On voyait des morceaux de cortèges syndicaux ou de
      petits groupe de participants au sommet parallèle "officiel" monter au
      mur et en redescendre, très fier d'avoir, eux aussi, été victimes des
      tirs de gaz lacrymogènes. Les reportages de la radio québécoise eux
      aussi participaient de ce climat : extrêmement hostiles aux
      manifestants avant le jour j (les "casseurs" étaient supposés venir
      des Etats-Unis), les journalistes, peut-être enivrés par la présence
      massive de jeunes issus de la Belle Province, faisaient monter le
      suspense en direct lors de la chute du mur et des longs affrontements
      qui s'en sont suivis.

      De ce point de vue, on peut dire, comme le fait le "Financial Times"
      du 24 avril, que les manifestants de Québec ont gagné la guerre de
      l'opinion, même s'ils n'ont pas pu s'opposer au déroulement du sommet
      qui n'a été retardé que d'une heure. La symbolique du "mur de la
      honte", derrière lequel sont obligés de se réfugier les chefs d'États,
      a joué un rôle important dans la conquête de l'opinion. Les résultats
      du sommet lui-même renforcent cette logique. Rien de neuf (la date de
      2005 est confirmée pour l'entrée en vigueur de la ZLEA, la Zone de
      Libre Echange des Amériques), si ce n'est une proclamation formelle en
      faveur de la démocratie : un État qui dérogerait à ses principes
      serait exclu de la zone de libre échange, mais sans qu'aucun
      mécanisme, ni aucune normes ou instances ne soient prévus.

      Les débats et clivages chez les manifestants

      Deux lignes de clivage étaient clairement identifiables : aux débats
      traditionnels entre radicaux et modérés, il fallait rajouter les
      différences de sensibilité entre francophones et anglophones.

      La question québécoise se manifeste d'abord par une méconnaissance
      réciproque. Les réseaux militants sont tous différents (il n'existe
      aucune organisation qui soit réellement "canadienne"), ils se
      fréquentent peu et beaucoup ne se connaissent même pas.

      A Québec, trois coalitions se sont formées et ont joué un rôle actif
      dans les mobilisations.

      Il y avait tout d'abord ceux qui organisaient le "Sommet des peuples
      des Amériques", le contre sommet "officiel" (il a été ouvert par le
      Premier Ministre), dans lequel les syndicats étaient très présents. Ce
      "Sommet des peuples" était lié à "l'alliance sociale continentale" -
      ou hémisphérique - dans laquelle on retrouve toutes les forces
      opposées à la mondialisation libérale dans les Amériques, de l'ORIT
      (qui regroupe les principaux syndicats) au CLOC, la coordination des
      organisations rurales dans laquelle on trouve Via Campesina ou la
      CONAIE d'Equateur. Dans le "Sommet des peuples", qui a organisé la
      grande manifestation pacifique du samedi 21, on retrouvait à peu près
      tout le monde, de la "Marche mondiale des femmes" aux forces qui
      organisaient en parallèle d'autres activités. Mais ce "Sommet des
      peuples" était dominé par les syndicats québécois, très nombreux dans
      la rue le 21 avril, mais qui, à la différence des syndicats
      anglophones, étaient soucieux d'éloigner les manifestants le plus loin
      possible du mur et refusaient le mot d'ordre "non à la ZLEA".

      La deuxième coalition s'est formée sous le double nom de OQP 2001,
      "Opération Québec Printemps 2001" ou de GOMM, "Groupe Opposé à la
      Mondialisation des Marchés". OQP 2001 a organisé une série d'ateliers
      et de conférence pendant que le GOMM préparait une manifestation dès
      le vendredi 20 en direction du mur. On retrouvait dans ces coalitions
      des réseaux jeunes, et de nombreuses associations dont ATTAC Québec
      qui, comme les autres associations opposées à la mondialisation
      libérale, est en phase de croissance rapide. Sur le plan politique,
      cette coalition affirmait clairement le mot d'ordre "non à la ZLEA".

      La troisième coalition regroupait deux associations de sensibilité
      anarchiste : le CLAC, "Convergence des Luttes AntiCapitalistes",
      présent à Montréal et le CASA, "Comité d'Accueil du Sommet des
      Amériques", à Québec. Ce sont eux qui ont organisé les manifestations
      les plus déterminées et qui ont fait tomber le mur le 20 et le 21.

      La question de la violence

      Le problème mérite qu'on s'y arrête, car il a toutes les chances de se
      poser à nouveau dans de prochaines initiatives.

      La première remarque porte sur la liberté de choix des manifestants.

      A Québec, comme à Prague en septembre dernier, des parcours identifiés
      par des couleurs ont été mis au point, chacune d'entre elles indiquant
      un degré de risque et d'engagement. Le groupe vert était le plus
      pacifique, tant par le parcours choisi que par les formes d'actions
      (des rouleaux de papiers hygiéniques envoyés de l'autre côté du mur).
      Le groupe jaune, organisé par le GOMM, se dirigeait, là aussi avec des
      méthodes pacifiques, vers la partie du mur la plus proche du centre de
      conférence. D'où la crainte d'une intervention policière : le GOMM
      avait prévu, en tête de cortège, des porteurs de ballons gonflés à
      l'hélium qui pouvaient être lâché et indiquer ainsi la nécessité de se
      disperser. Le groupe rouge, enfin, formé par le CLAC et le CASA,
      était le plus déterminé : mais les choses étaient claires, une sono
      répétait régulièrement aux manifestants présents dans ce cortège qu'il
      présentait des risques et que d'autres choix étaient possibles.

      La deuxième remarque porte sur le degré des violences à Québec.
      Dans leur écrasante majorité, les manifestants étaient non-violents,
      utilisant tout au plus des moyens symboliques (une catapulte lançant
      des ours en peluche sur les policiers était particulièrement visible),
      ou renvoyant les munitions employées par la police (la photo d'un
      manifestant utilisant sa canne de hockey sur glace pour renvoyer les
      grenades lacrymogènes a été publiée dans de nombreux journaux
      canadiens). Et même ceux qui ont été plus loin, en participant à la
      mise à bas du mur, semblaient s'être fixé des bornes assez précises :
      les manifestants ne pénétraient dans l'enceinte interdite que de
      quelques mètres et reculaient dès que les policiers avançaient.

      Cette combinaison entre la clarté dans les choix laissés à chacun et
      le caractère symbolique - ou en tout cas d'une violence limitée - des
      actions menées facilitait la symbiose entre les différents groupes de
      manifestants et le caractère populaire des initiatives, y compris
      celles qui se déroulaient autour du mur.

      Beaucoup d'autres choses pourraient êtres dits à propos des
      mobilisations de Québec : sur l'importance des alliances et
      coalitions, à l'échelle nationale et internationale, sur l'ampleur du
      mouvement de la jeunesse ou sur l'organisation en groupe d'affinité,
      un type d'organisation qui, à Québec, a été mis en oeuvre plus
      efficacement par les Américains que par les Québécois. Mais cela a
      déjà été décrit à propos de Seattle ou de Prague. Québec, à cet égard,
      se situe dans la continuité des mobilisations précédentes.

      Paris, le 26 avril.
      Christophe Aguiton attacint@...
      Photos des manifestations :
      http://attac.org/fra/asso/doc/doc56.htm


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      2- Brèves d'OMC
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      A- L'accès aux médicaments essentiels demeure incertain en Afrique du
      Sud

      Après que les laboratoires ont préféré abandonner les poursuites
      engagées contre l'Afrique du Sud, la ministre de la santé juge que les
      médicaments demeurent encore trop chers. Son gouvernement reste
      préoccupé par la résistance aux anti-retroviraux. L'établissement d'
      une infrastructure demeure sa priorité. "Il est nécessaire de se doter
      de la capacité de distribuer les médicaments de façon adéquate et
      efficace." Ces remarques ont été qualifiées de "désappointant" par
      une ONG locale.

      Si Mike Moore s'est félicité de l'accord intervenu qui, selon lui,
      montre que le TRIPs (Accord sur la propriété intellectuelle à l'OMC)
      dispose de la souplesse nécessaire pour s'adapter aux besoins des PVD
      (pays en voie de développement), [pourquoi, dans ce cas, les
      laboratoires n'ont-ils pas porté l'affaire devant l'ORD (Organe de
      règlement des différends de l'OMC ?] les ONG sont déterminées à
      continuer leur campagne pour la révision du TRIPs.

      La pression de cette campagne va maintenant se porter sur le Brésil,
      dont la législation sur les brevets a été contestée par les USA devant
      l'OMC.

      La Commission des Droits Humains des Nations-Unies a apporté son
      soutien au Brésil dans cette lutte. 52 des 53 pays de la Commission
      ont appuyé une résolution brésilienne appelant tous les Etats à
      promouvoir l'accès aux médicaments contre le sida. Le 53ième, les USA,
      se sont abstenus, estimant qu'il s'agissait d'un "document contestable
      sur la santé" qui n'avait rien à voir avec les droits humains.

      B- Il n'est pas facile à un PVD de poursuivre un pays riche devant l'
      ORD

      L'Equateur hésite encore à affronter l'UE dans une action contre le
      nouveau système d'importation des bananes de l'UE qui le désavantage.
      : "Il est difficile à un petit pays connaissant de graves problèmes
      économiques de résister à l'importante pression exercée sur lui par l'
      UE et les USA dans cette affaire" a déclaré une source équatorienne.

      C- Un rapport de la CNUCED souligne les dangers produits par la
      libéralisation en cas d'économies stagnantes

      Analysant les effets d'un ralentissement de l'économie US sur les
      autres pays, la CNUCED indique que ceux qui sont le plus tournés vers
      l'exportation de leurs produits vers les USA (Asie de l'Est, Chine et
      Mexique) vont connaître les plus grandes difficultés, particulièrement
      en termes d'échanges et de baisse de leurs recettes d'exportation.

      Du fait de l'intégration croissante de l'économie globalisée "les
      chocs financiers se transmettent plus rapidement à travers les
      régions, les pays et les secteurs. En même temps, du fait de l'
      intrication de la finance et de la production, de tels chocs peuvent
      avoir des conséquences inattendues"

      La libéralisation financière excessive crée "un monde d'instabilité
      systémique et de crises récurrentes". Il serait temps de faire subir
      une réforme efficace aux arrangements de Bretton Woods. La CNUCED se
      déclare en faveur d'une amélioration de la transparence et d'une
      régulation des opérations financières transfrontalières lui échappant
      jusqu'ici.

      Ce sont les PVD qui doivent ouvrir la voie à cette réforme.

      D- Les discussions pour le renouvellement des droits de pêche de l'UE
      par le Sénégal sont au point mort

      Les groupes écologistes, dont WWF International, craignent que la
      surexploitation des eaux au large du Sénégal affectent les stocks d'
      espèces menacées si la demande de l'UE pour une augmentation de son
      quota est accordée.

      L'UE a rejeté l'accusation et a affirmé qu'elle aidera le Sénégal à
      développer et à entretenir son industrie de pêche.

      E- Un rapport informel identifie les éléments de discussion pour une
      négociation sur les règles d'investissement

      Le document comprend 11 paragraphes portant entre autres sur le
      règlement des différends selon lequel le différend investisseur-Etat
      ne serait plus permis; ou sur la protection des investissements, basée
      sur les traités bilatéraux, qui acceptent la protection et la
      compensation des expropriations. Les pays d'Asie, à l'exception de l'
      Inde et de la Malaisie, ont indiqué qu'ils pourraient l'accepter.

      L'Afrique est plus divisée : l'Egypte, le Maroc, l'Afrique du Sud et
      probablement le Nigeria sont considérés comme étant en sa faveur,
      alors que la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe y sont opposés.

      Groupe de travail « Traités internationaux ». omc.marseille@...


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      3- AGCS - Les Assises des services publics
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      Le 9 novembre 2001, s'ouvrira à Doha au Qatar une conférence des
      ministres de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Michael Moore
      et la plupart des négociateurs, espèrent lancer à cette occasion le
      «round» qu'ils n'ont pas pu ouvrir à Seattle.

      Les services seront au coeur de cette négociation. Les appétits sont
      formidablement aiguisés vis-à-vis de ce secteur en plein
      développement, que les sociétés transnationales aimeraient voir
      totalement ouvert à la concurrence dans les plus brefs délais. Le «big
      deal»(1) se prépare dans les couloirs hermétiques de l'OMC à Genève
      depuis le 1er janvier 2000 dans le cadre de l'Accord Général sur le
      Commerce des Services (AGCS). Dans le collimateur de l'AGCS et des
      transnationales : nos services publics(2).

      Pour mettre en lumière et en débat les enjeux extrêmement importants
      qui vont se négocier à Doha pour l'avenir de nos sociétés, Attac Rhône
      lance les Assises des Services Publics Elles se tiendront à Lyon,
      avant l'ouverture de la conférence ministérielle de l'OMC du 19
      octobre au 26 octobre 2001

      Objectifs :
      - Comprendre l'AGCS, ses mécanismes, sa logique et ses enjeux,
      - Mettre en lumière les politiques de démantèlement des services
      publics déjà à l'oeuvre au niveau mondial, européen et local,
      - Définir ce que nous attendons des services publics,
      - Interpeller le gouvernement, la Commission européenne et le Conseil
      sur la préparation de ce nouveau round.

      Contenus :
      - Une conférence d'ouverture sur l'AGCS qui aura lieu le vendredi 19
      octobre
      - Une semaine d'initiatives publiques (du 22 au 26 octobre) sur les
      thèmes suivants :
      - L'eau
      - L'énergie
      - Les transports
      - La santé
      - L'éducation
      - Une journée de clôture qui restituera l'ensemble des débats et
      tracera les perspectives d'action immédiate.

      Pour plus d'informations : rhone@...
      http://www.local.attac.org/rhone/


      ______________________________

      4- Halte au démantèlement du service public
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      Contre les démantèlements et les privatisations: le Service public
      pour tou-te-s! Pour le retrait sans conditions du «plan Gygi»! Non à
      la fermeture des bureaux postaux

      Le 18 janvier dernier, Ulrich Gygi, Directeur de la Poste, a rendu
      public ses plans pour l'avenir du réseau postal, des plans qu'il
      peaufine depuis son entrée en fonction voici une année. A l'époque,
      beaucoup croyaient encore qu'il n'allait pas mettre à sac le réseau
      de bureaux postaux, contrairement à son prédécesseur Reto Braun
      (initiateur du Plan Optima), devenu l'ennemi publique n° 1. Quelle
      erreur!

      La Poste prévoit de fermer dans les 5 ans à venir, tous les petits
      bureaux de poste dans les régions de campagne (environ 1550). Environ
      la moitié de ceux-ci seront transformés en "guichets délocalisés" ou
      seront remplacés par des prestations postales minimales fournies aux
      guichets de gares, de communes ou dans des épiceries. Les autres
      seront remplacés par un "post-mobile" ou par un facteur qui passera à
      une heure fixe devant la maison. Pour 80 bureaux, même ces
      remplacements très précaires ne sont pas prévus: il s'agira de
      suppressions définitives. Comme si cela ne suffisait pas, Gygi a
      prévu de fermer définitivement dans les villes un bureau de poste sur
      quatre. Ainsi, dans 5 ans il n'y aurait plus que 2500 bureaux de
      poste en Suisse, dont à peine 2000 appartiendraient à la Poste.
      Aujourd'hui il y a encore 3400 bureaux postaux, alors que dans les
      années 1970 il y en avait 4500.

      Gygi prétend qu'il ne s'agit pas là d'un démantèlement: les
      Suiss-ess- es n'auraient qu'à apprendre à se passer du superflu. Mais
      avec l'exemple de la Poste, la "Modernisation du Service public"
      prônée par notre ministre des privatisations, Moritz Leuenberger,
      montre son vrai visage: salarié-e-s et usager-e-s doivent "se passer
      du superflu", afin que les entreprises publiques soient restructurées
      et même privatisées, si elles dégagent assez de profits. Les services
      postaux s'ajoutent ainsi à la longue liste des prestations publiques
      qui ont été sacrifiées à la soif de profits des actionnaires, des
      investisseurs et des multinationales transnationales:
      télécommunications, chemins de fer et transports publics municipaux,
      fournisseurs d'électricité, et de plus en plus les écoles et les
      hôpitaux.

      A la Poste, ce ne sont pas seulement des centaines de bureaux postaux
      qui sont fermés, les prix ont aussi considérablement augmenté et la
      qualité des prestations s'est dégradée. Il n'y a pas si longtemps, on
      avait encore un tarif de base de 50 centimes pour la poste aux
      lettres, qui était livrée deux fois par jour. Entre temps, non
      seulement ce prix a fortement augmenté, mais en plus il faut payer un
      supplément pour que lettres et colis arrivent à temps. Evidemment, on
      développe de cette façon un marché lucratif pour le service des
      express qui est convoité, en plus de la Poste, par des entreprises
      privées. En même temps, on cherche ainsi à casser la résistance
      populaire à la privatisation: plus les prestations se dégradent et
      plus la Poste se comporte comme une entreprise privée recherchant à
      tout prix le profit, plus la résistance ira en s'affaiblissant, se
      disent Gygi, Leuenberger et consorts.

      Mais la facture de cette évolution est aussi payée par les
      salarié-e-s de la Poste. Leurs conditions de travail se sont
      clairement détériorées ces dernières années: la charge de travail et
      l'accélération des rythmes se sont accrues, de même que le pouvoir et
      l'arbitraire des supérieurs hiérarchiques, en particulier avec
      l'introduction du salaire au mérite. Pour les classes de salaire
      moyennes et basses, les salaires ont été bloqués et ont donc diminué
      en termes réels. Alors que dans le même temps ceux des managers ont
      atteints des sommets vertigineux...

      La garantie d'emploi est supprimée et la Poste engage toujours plus
      de personnel à des conditions de travail précaires et pour des durées
      limitées dans le temps. Grâce à la nouvelle Loi sur le Personnel
      Fédéral, le personnel peut être licencié sans autres formes de procès
      par exemple, lorsqu'il s'agit de fermer des centaines de bureaux de
      poste! Mais le plus grave, c'est que la dégradation des conditions
      cadres pour les salarié-e-s les empêche de faire correctement leur
      travail et de satisfaire les besoins des usager-e-s, ce qui les
      blesse dans leur dignité et leur identité professionnelle.

      Dans de nombreuses villes et régions de Suisse, les salarié-e-s et
      les usager-e-s de la Poste ont commencé à s'organiser, pour combattre
      cette "modernisation" de la Poste qui est avant tout un recul social
      majeur. Mais pour empêcher le démantèlement du réseau postal, nous
      devons nous organiser à l'échelle nationale: sinon il sera par trop
      facile pour la direction de la Poste de monter les uns contre les
      autres villes, villlages et quartiers isolés. Seule une mobilisation
      commune des salarié-e-s et des usager-e-s de la Poste - que nous
      sommes tou-te-s! - peut empêcher le démantèlement et la privatisation.

      Vendredi 18 mai 2001, à Lausanne: manifestons, ensemble, devant un
      bureau de poste, rendez-vous, dès 16h45, Place Chauderon.

      Diverses actions sont prévues le vendredi 18 mai dans toute la
      Suisse, contactez votre groupe attac local pour en savoir plus
      http://attac.org/contact

      ... et Samedi 16 juin 2001, à Berne: Assises Nationales des
      salarié-e-s et des usager-e-s de la Poste

      Luca Pellegrini attac Suisse suisse@...

      Tract disponible ici:
      http://www.local.attac.org/vaud/documents/tractPoste=1ermai.pdf
      Plus d'informations vaud@...
      http://www.local.attac.org/vaud/


      ______________________________

      5- Une perspective sur le commerce équitable
      ____________________________________________________________

      Contrairement au commerce actuel, le commerce équitable offre des
      perspectives d'un autre type d'ouverture internationale, dans le
      respect des normes sociales et environnementales.

      Notre association est fréquemment taxée "d'anti-mondialisation". Elle
      est par là même affublée d'une image archaïque, réactionnaire et
      protectionniste. Cet amalgame reflète la pauvreté du débat économique:
      taxer Attac d'organisation protectionniste, c'est en fait réduire le
      débat aux deux seules alternatives suivantes : soit se plier aux
      contraintes de l'OMC; soit renier l'ouverture sur l'international et
      militer en faveur du protectionnisme.

      Or, rien n'est moins faux. L'opposition aux formes du commerce
      international actuel peut justement passer par la défense d'échanges
      commerciaux plus justes. En effet, comme l'a montré Kevin Wakkins dans
      le Grain de sable n°214, l'organisation actuelle de la mondialisation,
      structurée par et pour les pays du Nord, se caractérise avant tout par
      une ouverture inégale des économies nationales : « alors que les pays
      pauvres se sont vus obligés de libéraliser leur marché, les pays
      riches ont maintenu leur protectionnisme, en particulier dans les
      secteurs comme le textile et l'agriculture. ».

      Inégalité dans l'échange par les barrières protectionnistes, mais
      aussi inégalité dans la production : alors que « les négociateurs
      nord-américains chantent les louanges du "terrain de jeu équilibré"
      pour les produits agricoles, les pays industrialisés ont dépensé plus
      de 240 milliards de dollars de subventions pour l'agriculture
      intensive ».

      Barrières douanières, obligation d'ouverture du marché national aux
      produits agricoles du Nord subventionnés au frais des contribuables :
      « Ce n'est pas du libre-échange, mais du commerce organisé par et pour
      les multinationales [...] c'est du protectionnisme pour les grandes
      entreprises. » (Lori Wallach ).

      Face à cette organisation inégale du commerce international, ce jeu
      truqué qui contredit les fondements même de la théorie libérale, s'est
      développé depuis une trentaine d'années un autre type d'échanges
      internationaux : le commerce équitable. Celui-ci s'est progressivement
      structuré : depuis 1985, la centrale d'achat Solidar'Monde importe des
      produits équitables, notamment pour les boutiques de commerce
      équitable (3 000 en Europe réunies depuis 1994 dans le réseau NEWS),
      et depuis 1997, FLO International coordonne tous les systèmes de
      labellisation nationaux, tel que Max Havelaar. Le commerce équitable
      européen fait travailler 550 groupements de producteurs dans 50 pays
      du Sud, dont profitent 800 000 familles, sans compter les retombées
      positives.

      En montrant que les échanges internationaux sont tout à fait
      souhaitables s'ils s'inscrivent dans le cadre de normes sociales et
      environnementales, le commerce équitable est la preuve qu'une
      ouverture économique juste et égale entre les pays du Nord et ceux du
      Sud est possible. Celle-ci sanctionne l'attachement de nos sociétés à
      un certain nombre de valeurs "éthiques" que le système économique
      actuel s'est efforcé de rendre caduques.

      Aussi le commerce équitable s'organise-t-il autour d'un certain nombre
      de normes éthiques strictes: tout d'abord, une rémunération juste et
      stable des producteurs des pays pauvres du Sud, payée à l'avance si
      possible, correspondant non seulement à leurs frais de production mais
      aussi à leurs besoins élémentaires. Ensuite, le respect de normes
      environnementales et sociales : liberté syndicale, interdiction de
      l'exploitation du travail des enfants, temps de travail décent, santé
      et sécurité au travail, absence de discrimination. Enfin, les
      traditions des producteurs doivent être respectées, évitant ainsi la
      standardisation des produits (l'artisanat africain made in Taiwan) et
      permettant d'authentiques échanges culturels liés aux échanges
      marchands, qui valorisent le savoir-faire des producteurs du Sud.

      L'éthique du commerce équitable passe donc avant tout par un prix
      juste, condition du respect des normes environnementales et sociales.
      Comment celui-ci est-il établi? Pour les produits alimentaires cotés
      en bourse, comme le café ou le cacao, il existe un prix mondial à
      l'achat de référence, calculé par et pour les transnationales du Nord,
      qui peut parfois être divisé par deux en un an. C'est cette
      incertitude qui maintient les producteurs dans la précarité. Le prix
      équitable, lui, garantit un prix minimum stable, et est fixé par
      rapport au prix du marché, plus une prime. Pour les produits non
      cotés, c'est le groupe de producteurs qui propose un prix d'achat, et
      le prix est conclu d'un commun accord.

      Pourquoi les prix à la consommation sont-ils plus chers? Prenons
      l'exemple d'un paquet de 250g de café équitable Max Havelaar qui est
      de 2 à 3 francs plus cher que la moyenne. Tout d'abord, les petits
      producteurs reçoivent 3,50 francs de plus, soit, au final, 40% de
      revenu supplémentaire. Puis, la filière équitable paie 60 centimes de
      plus en frais de gestion des coopératives de producteurs, ainsi que 30
      centimes pour financer le système de labellisation. En contrepartie,
      elle économise les 80 centimes perçus habituellement par différents
      intermédiaires, ainsi que de 0 à 90 centimes en coût d'importation, de
      torréfaction et de distribution. Le consom'acteur accepte donc de
      payer dignement le producteur, plus la démocratie à l'intérieur de sa
      coopérative et les frais de contrôle sans lesquels ces engagements
      éthiques ne seraient qu'une hypocrite et inconséquente bonne
      conscience. En contrepartie, le consom'acteur refuse les profits
      injustifiés réalisés par des intermédiaires inutiles. Voilà le prix de
      "l'éthique sur l'étiquette" : un prix supérieur, mais raisonnable et
      justifié.

      Le commerce équitable est pour l'instant très marginal (0,0001 % du
      commerce international). Mais il dispose d'une marge de progression
      très importante (un français sur dix le connaît). Deux paramètres
      détermineront son expansion : la capacité de ses acteurs à informer le
      grand public de l'existence d'une consommation alternative d'une part,
      et celle d'augmenter rapidement leurs ventes d'autre part, afin de
      réaliser les économies d'échelle permettant soit de baisser les prix à
      la vente, soit d'augmenter à nouveau la rémunération des producteurs.

      Pour ce qui concerne l'information du grand public, les acteurs du
      commerce équitable ont mis en avant que la consommation peut devenir
      un acte d'engagement politique. Ils parviennent à ne pas tomber dans
      la vulgaire réclame, et lancent de véritables campagnes politiques et
      pédagogiques, de manière souvent interactive, à travers des petits
      déjeuners solidaires ou des interventions en classe. La quinzaine
      dédiée au commerce équitable (du 27 avril au 13 mai), en
      collaboration avec la RATP, est dans ce sens une grande avancée.

      Augmenter rapidement les ventes est une nécessité afin de pénétrer
      profondément l'échange économique "concurrentiel". Pour l'instant, les
      boutiques exclusivement dédiées au commerce équitable sont le premier
      et le plus important vecteur de ce mode d'échange et des idées qui le
      sous-tendent. L'action de leurs bénévoles et salariés est remarquable
      et doit être sous lignée. Par ailleurs, d'autres modes de distribution
      se révèlent particulièrement intéressants. L'accès au grand public par
      les canaux actuels de la grande distribution est une pratique qui
      prend un certain essor. D'ores et déjà, Max Havelaar labellise des
      cafés qui sont vendus en supermarché (Monoprix). Certes, les
      motivations de Monoprix diffèrent radicalement de celle des militants,
      et le commerce équitable participe à la logique de profit qu'il
      combat. Mais tant que les contrôles sont stricts, cette massification
      ne peut qu'être bénéfique aux producteurs du Sud. Et elle prouve que
      le modèle "équitable" est dès à présent viable au sein du modèle
      "concurrentiel".

      La stratégie d'accès au grand public gagnerait aussi à mettre en place
      un partenariat avec les services publics le plus large possible.
      Certaines institutions publiques sont déjà d'importantes clientes,
      comme le Parlement européen, l'Assemblée nationale, certains CROUS
      etc... Une politique publique de développement de la filière équitable
      pourrait être de financer les campagnes de promotion, ou au moins
      d'avancer cet argent, ainsi que de contrôler les abus du logo
      "équitable".

      La viabilité du modèle équitable dans les pays du Nord ne fait à notre
      avis guère de doute. La conscience éthique qui s'y développe et se
      nourrit chaque jour des défaillances lamentables de nos modes de
      production. Ce besoin d'éthique trouvera un système de distribution,
      nous n'en doutons pas. Mais le commerce équitable ne perdurera et ne
      s'imposera que s'il continue à se penser comme un modèle global. Le
      "besoin d'éthique" qui créé la demande du Nord n'est qu'une face du
      modèle. L'autre, tout aussi importante, est qu'il permet
      l'affranchissement progressif des petits producteurs, rassemblés en
      coopératives, à l'égard de leurs fournisseurs, des usuriers (caisses
      de crédit en Colombie) et de leurs clients. Des prix stables et plus
      élevés leur permettent d'investir pour ouvrir leur propre usine de
      torréfaction du café (Mexique et Guatemala), pour éduquer et informer
      la population (Ouganda et Tanzanie), permettre un développement
      durable qui ne porte pas atteinte aux terres exploitables (Haïti) et
      se passer de la culture de la coca (Bolivie), désormais moins
      rentable.

      Si ces différents paris sont tenus, on peut se demander si, à long
      terme, le commerce équitable ne pourrait pas aller jusqu'à
      concurrencer le commerce international actuel et peut-être le
      phagocyter, du moins partiellement. Il n'est pas facile de répondre à
      une telle question. Mais peut-être ne reflète-t-elle pas l'essentiel
      du commerce équitable: montrer que des règles éthiques, sociales et
      environnementales peuvent s'appliquer aux échanges internationaux (la
      clause sociale et environnementale des accords de l'OMC est pour
      l'instant restée lettre morte...). Par là même, il laisse entrevoir
      qu'un autre type de commerce international est possible, où les
      échanges internationaux seraient réglementés par la loi pour le
      respect des producteurs et des consommateurs du Nord comme du Sud. Il
      montre ainsi que la question n'est pas "pour ou contre la
      mondialisation", mais "quelle mondialisation voulons-nous".

      Manuel Domergue Attac Sciences Po, Lionel Page Attac ENS Cachan,
      Bastien Sibille Attac Sciences Po. Contact : ens.cachan@...


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      6- Le Clearing, une réalité financière.
      ____________________________________________________________

      Par où passe l'argent des transferts internationaux ?

      Tous les transferts bancaires réalisés en Europe passent, en principe,
      dans des agences de clearing, espèces de compte-chèques postaux par où
      transitent tous les capitaux et valeurs mobilières, actions et
      obligations des banques coopératrices de ces agences. Ces organismes
      comptent comme clients des banques et des sociétés commerciales ou
      industrielles qui lui confient le soin d'équilibrer le solde des
      opérations de transfert.

      Ces opérations, quoique « immatérielles », du moins électroniques, ont
      un caractère contractuel puisqu'elles finalisent, sur des comptes
      parfaitement identifiables, de l'argent et des valeurs qui sont le
      produit d'engagements mutuels entre banques, de placements, d'achats,
      de ventes, d'opérations commerciales. C'est ce qu'on appelle le
      dénouement.

      Les sociétés de clearing publient intégralement la liste de leurs
      opérations. Comme leur nom l'indique Elles se veulent parfaitement
      transparentes. Elles résultent d'un accord entre banques qui sont
      toutes en conformité avec les législations bancaires nationales.

      Le système de compensation ainsi mis en place joue évidemment un rôle
      important dans la stratégie de la finance internationale. Et est aussi
      un point de passage obligé de la collecte d'argent.

      Quel argent ?

      La publication des comptes ne permet évidemment pas de déterminer l'
      origine des fonds transférés, argent « licite », « anonyme » ou argent
      sale : blanchiment, fraude ou évasion fiscale, corruption, trafic d'
      influence. C'est en tous cas une étape dans le mécanisme régit par le
      principe « l'argent propre blanchit l'argent sale ».

      Quel contrôle ?

      Sous quelle autorité de contrôle sont placées les sociétés de clearing
      ? Nationale ou internationale ? Poser la question c'est y répondre.

      Leur raison sociale est celle de sociétés coopératives. Les
      coopérateurs sont les banques elles-mêmes. Mais, même si elles ne sont
      pas exactement comparables aux « centres de coordination » utilisés
      par les multinationales, elles se situent dans les pays auxquels les
      Etats-Unis accordent le statut de « pays étranger qualifié », dont la
      Belgique parmi 35 pays. Ce statut organise l'échange d'informations
      avec l'autorité fiscale nord-américaine. En réalité les sociétés de
      clearing jouissent d'un statut d'exterritorialité.

      Quelle transparence ?

      Dès 1990, le système s'est élargi à des sous-comptes appartenant ou
      non aux banques utilisatrices et à des comptes d'entreprises. Comme le
      déclare elle-même la société Clearstream, basée à Luxembourg, les
      clients peuvent choisir de ne pas rendre public l'intitulé de leur
      compte.

      Variante de la pratique éprouvée de la double comptabilité.
      Clearstream est « auditée » par le réviseur d'entreprise KPMG pour la
      certification de ses comptes. Le rôle d'une société de révision d'
      entreprise n'est pas de vérifier la conformité de l'activité d'une
      entreprise avec ses statuts, avec la loi et moins encore avec la
      législation fiscale - luxembourgeoise, des pays du siège des banques ?
      Comme les Institutions financières internationales et les
      multinationales c'est l'auto-régulation qui est la loi.

      Présumées coupables donc innocentes

      Jusqu'ici, les magistrats signataires de l'Appel de Genève contre la
      délinquance financière se refusent à voir dans le fonctionnement d'
      Euroclear (1, Boulevard Albert II, 1000 Bruxelles ) et de Clearstream
      (3-5, pl. Winston Churchill, Luxembourg-ville) des pratiques
      illicites.

      Comme le dit le juge espagnol Baltazar Garzon les juges sont comme des
      mammouths aux prises avec des léopards : « Quand le mammouth arrive
      dans la cache du léopard, celui-ci est déjà loin et doit bien
      rigoler. »

      Le 14 mars, au Parlement européen de Strasbourg, a eu lieu l'audition
      des auteurs du livre « Révélation$ », Ernest Backes et Denis Robert,
      par des membres de l'intergroupe « Taxation du capital, fiscalité,
      mondialisation. »

      De son côté « Le Monde » rendait compte du livre dans un article
      sous-titré « Les faits que dénoncent les auteurs du livre Révélation$
      restent à prouver », cependant que Clearstream démentait toute
      pratique frauduleuse.

      D'ores et déjà, ces auteurs sont cités par Clearstream devant le
      tribunal de Luxembourg. La première audience aura lieu le lundi 30
      avril, à 9.00 H.

      C'est là qu'il faut percevoir la taxe Tobin

      La technique du clearing est née avec l'intensification logarithmique
      de la circulation internationale des capitaux. S'il s'agissait
      seulement de les « marquer », de déterminer le motif d'un mouvement,
      spéculation ou investissement productif, son origine, son point d'
      arrivée c'est dans les sociétés de clearing qu'il faut le faire.

      On touche au cour du système, d'un système. Là où se concentre le flux
      de capitaux, un « tuyau », un goulot, comme le définissent eux-même
      les dirigeants des sociétés de clearing.

      Un instant évoquées, ainsi que la société Swift, sise à La Hulpe,
      elles ont disparu, pour l'instant des multiples études de
      faisabilité » de la Taxe Tobin.

      « Il ne suffit pas au citoyen de savoir que la Taxe Tobin existe », il
      faut s'organiser pour l'imposer.

      ATTAC Bruxelles, 7 avril 2001
      bxl@...

      Communiqué du groupe " paradis fiscaux - finance hors la loi " du
      Conseil Scientifique d'ATTAC cs@...

      Denis Robert et Ernst Backes, " RÉVÉLATION$ ", Février 2001, Les
      Arènes, Paris, 455 pages, 138 F.

      Un livre qui vient de paraître, apporte des éléments nouveaux
      essentiels concernant la faisabilité de la taxe Tobin et les moyens de
      lutte contre la criminalité financière.

      C'est un voyage hallucinant au coeur de la finance mondiale. Il existe
      dans le monde trois sociétés, créées par les banques pour les banques
      et sous leur seul contrôle, par où passent maintenant toutes les
      transactions internationales concernant les devises (Swift) et les
      valeurs mobilières (Euroclear et Clearstream). Clearstream est au
      Luxembourg, les deux autres en Belgique. Le livre décrit en détail le
      fonctionnement de l'une de ces sociétés, et apportent la démonstration
      de la traçabilité et de l'archivage à long terme des opérations
      financières. Les deux autres sociétés opèrent selon les mêmes
      principes. Toute une argumentation concernant la non-faisabilité de la
      taxe Tobin se trouve de ce fait balayée. Les auteurs montrent aussi
      comment ce système peut être utilisés pour des opérations à grande
      échelle de blanchiment et autres pratiques criminelles, ce qui peut
      déboucher sur de nouveaux moyens de les combattre.

      De telles réalités dérangent. Le livre a été descendu en flammes, au
      prétexte d'une erreur mineure, par un journal des plus influents. A
      sa suite, presque toute la presse a fait silence. Son examen par notre
      groupe a permis au contraire de vérifier le sérieux de ses
      informations, et confirme qu'il constitue un événement majeur.


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      7- Vous avez rendez-vous avec ATTAC
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      D'ici au prochain numéro du Courriel d'information voici quelques
      rendez-vous d'ATTAC et de ses groupes locaux auxquels vous pouvez
      participer. Pour plus d'information, n'hésitez pas à consulter notre
      calendrier <http://attac.org/rdv/> (sélectionner le pays pour trouver
      les rendez-vous)

      Mardi: BE: BRUXELLES - LIEGE - FR: ANTIBES - WOIPPY - MARSEILLE

      Mercredi: ES : GRANADA - MADRID - FR : AVIGNON - LA ROCHELLE - DOUAI -
      PARIS 11 - VENDOME - PARIS 19

      Jeudi: BE : LIEGE - ES : SEVILLA - MADRID - FR : LILLE - RUEIL -
      MARSEILLE - SAVIGNY SUR ORGE - NANTES - PARIS 20 - LA FERTE SOUS
      JOUARRE

      Vendredi: BE : LIEGE - ES : MADRID - FR : CHINON - MARTIGUES -
      MONTREUIL - LAVAL
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