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[A-g.Qc] La tentation fasciste est là!

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  • bfrappier@videotron.ca
    La tentation fasciste est là! ... John Saul, le mari actuel de la gouverneuse-générale du Canada, nous avait bien prévenu: le Canada, c est le pays de la
    Message 1 sur 1 , 14 déc. 1999
      La tentation fasciste est là!

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      John Saul, le mari actuel de la gouverneuse-générale du Canada, nous
      avait bien prévenu: le Canada, c'est le pays de la «complexité»!
      Et quelle complexité! Surtout quand on veut faire dans la clarté!


      Car c'est bien au nom de la «clarté», vertu démocratique par
      excellence, que le gouvernement Chrétien-Dion entend «encadrer» le
      prochain référendum québécois portant sur le projet de souveraineté.
      «Encadrer», comme «emprisonner»...


      De quoi s'agit-il en fait ? De bien peu de choses - mais quelles
      choses!


      Au nom de la clarté, Ottawa-la-rouge entend écarter de la «question» la
      simple allusion à une «offre de partenariat», élément qui, de l'avis du
      Robespierre canadian, grand défenseur des vertus démocratiques et
      monarchistes... (je vous le dis, le Canada, c'est le pays de la
      complexité...), comporterait une zone d'ombre intolérable. Intolérable,
      en effet, parce qu'il augmente l'appui au OUI... Ce qui est clair,
      c'est qu'Ottawa-la-cynique entend utiliser toujours son arme de la peur
      économique : le Québec hors-Canada est promis au chaos et à la
      misère.... Ce qui est clair, c'est qu'Ottawa refuse aux Québécois la
      défense qu'ils y ont trouvé: le Québec souverain-et-partenaire du
      Canada promis à la prospérité et à la stabilité...


      Au nom de la clarté toujours, Ottawa-la-rouge entend également se
      réserver le droit d'apprécier la «valeur démocratique» d'un OUI gagnant
      sur la base d'un critère «qualitatif»... Entendez: un critère «pas
      clair du tout»... Ottawa-la-cynique se propose d'apprécier la victoire
      du OUI - et l'obligation de négocier la sécession qui s'y rattache - en
      fonction de l'opinion des provinces, des partis, en fonction surtout du
      PLQ, véritable «valet-sapeur» (si l'on en croit le refus de Jean
      Charest d'appuyer le projet de loi à Québec en réponse à l'agression
      fédérale) de la dignité des institutions québécoises et dont le refus
      de la «valeur de la question» suffira à Ottawa-la-futée à tenter de
      refuser le processus référendaire lui-même, et en fonction, pourquoi
      pas, de la couleur du temps...


      Partis de l'idée, martelée pendant des mois et des mois, que la «règle
      de droit», la «primauté du droit» allait fixer le cadre référendaire,
      voilà que les mentors bytowniens de l'État de droit glissent vers la
      «primauté du politique»... Il faudra au OUI une «majorité
      qualitative»... qu'Ottawa-la-sage appréciera à sa manière... Quelle
      clarté!


      Pour rendre les choses encore plus claires, le ministre responsable du
      dossier promet que le processus de sécession sera quelque chose de très
      compliqué... Tellement compliqué qu'il serait imprudent de s'y engager
      sans une «majorité très qualifiée»... Voyez la chose! Un
      «Québec-coupé-en-deux» ne pourrait pas s'y engager d'une manière
      responsable... Le ministre promet, sur cet élan, de protéger les
      Québécois contre une telle aventure irréfléchie...


      En fait, ce que fait Ottawa-la-légère, c'est de mettre au service du
      NON tout le poids de l'État canadian, que ce soit démocratique ou non,
      c'est le dernier de ses soucis. Ce gouvernement fédéral, élu par
      l'Ontario (101 sièges sur 103), sert les intérêts de l'Ontario, les
      intérêts de la classe financière de Toronto-la-puissante. Ce
      gouvernement, élu par une minorité, jouit d'une conjoncture politique
      «optimale», marquée par l'absence de toute alternative crédible au
      pouvoir, les partis fédéraux étant, comme le parti au pouvoir, des
      partis régionalistes. Cette fragmentation, balkanisation symbolique,
      fait bien évidemment l'affaire du pouvoir. Le Canada est une démocratie
      rêvée... mais une démocratie tronquée. À la manière d'une pyramique
      inversée... 38% des électeurs canadians élisent un parti régional,
      dominé par un chef muni de pouvoirs exhorbitants, sans contrôle, et peu
      enclin à respecter la parole donnée... Quel rêve..., pour les élites,
      que de mettre sous influence un tel pouvoir si peu responsable... La
      «clarté», c'est là qu'il faut la chercher!


      Qui se surprendra de l'attachement des élites canadians à de telles
      institutions politiques canadians?... Qui se surprendra de leur
      détermination à défendre les positions acquises? Qui se surprendra de
      leur hostilité envers tout projet de changement de cet état des choses?
      Toronto-la-riche a réussi depuis vingt ans à drainer la puissance
      financière canadian, québécoise comprise (re: les études de Rosaire
      Morin sur la déportation du capital), et elle a besoin d'un État
      central fort pour «légi-gérer» ses desseins. Un État central fort...
      sous son contrôle. Sous des apparences démocratiques, autant que
      possible... Et sans contrôle démocratique, autant que possible!... Le
      Canada d'aujourd'hui, ce «pays de la complexité», c'est exactement
      cela! N'est-elle pas comblée, Toronto-la-superbe! Mais, sous la
      «complexité» se cache la «duplicité». La «clarté», c'est là qu'il faut
      la chercher!


      C'est ce Canada-là que défend avec hargne Dion-le-Terrible. «Plus ça
      fera mal économiquement, plus l'appui à la souveraineté baissera»,
      disait-il. paradoxe! Plus le Canada devient ce qu'il est, plus ça fait
      mal économiquement et... plus l'appui à la souveraineté augmente! Plus
      le gouvernement central coupe dans les transferts sociaux, plus il
      draine les ressources fiscales, plus il laisse les provinces dans des
      contraintes financières insupportables, et plus il s'enrichit et
      augmente son pouvoir de dépenser... au profit de ceux qui le
      contrôlent, vous imaginez bien..., plus il devient insupportable aux
      Québécois. La «clarté», c'est là qu'il faut la chercher!


      Le reste n'est que plomberie et théâtre.


      La plomberie du projet de loi fédéral, c'est la mise en place d'une
      contrainte juridique dont on attend la justification de droit d'une
      mauvaise foi de fait. C'est, ô re-paradoxe, donner un semblant de
      rationalité juridique à l'arbitraire politique. La tentation fasciste
      est là! Pas le fascisme brutal des chemises brunes hitlériennes ou
      mussoliniennes. Celui des chemises dorées canadians.


      Le théâtre fédéral, c'est la mise en place d'un discours agressif dont
      l'objectif est de délégitimer le nationalisme québécois en
      l'ethnicisant. Il n'y a qu'à lire les délires («de-lire»: sans lien,
      discours coupé de la réalité du "peuple québécois", qu'on a réduit à sa
      portion "descendants des 60,000 français de 1760"...) de Cité libre ou
      d'Alliance-Quebec pour s'en faire une idée. C'est la valorisation
      artificielle - par ti-drapeaux interposés, par tites-affiches «Canada»
      sur les édifices fédéraux, les ponts, interposées, par les
      tites-«Minutes du patrimoine» interposées, par les ti-sourires
      insinuants et insignifiants des présentateurs et journalistes SRCéistes
      interposés, etc... - d'une identité "nationale" canadian, sûre et
      pure... pour les élites canadians, une identité-en-construction réputée
      être fondée sur la «rationalité citoyenne de droit», lavée de tout
      soupçon d'irrationalité émotionnelle nationaliste... mais capable de
      love-in et de tough-love... La «clarté», c'est là qu'il faut la
      chercher!


      Le fascisme, c'est la conjonction des corporations et de la puissance
      étatique. C'est le régime des intérêts particuliers dominants qui
      s'imposent par la violence d'État. C'est un mot grave. Comme la chose
      hideuse qu'il signifie. Ne l'employons pas à la légère. La tentation
      fasciste, c'est la pente qui guette ces élites qui ont conquis l'État
      et qui hésitent encore à utiliser ouvertement son poids pour imposer
      leurs intérêts. C'est une expression tout aussi grave, comme la
      dynamique hideuse qu'elle montre. Mais devant la chose, n'hésitons pas
      à dire les mots.


      Et la chose est là! Sous nos yeux! En utilisant la Chambre des
      communes, comme autorité décidant du "sens" d'un OUI gagnant, en
      disséminant cette autorité aux quatre coins des provinces canadians, en
      émiettant cette autorité aux innombrables "groupes" qu'il entend
      consulter sur l'issue référendaire, le gouvernement Chrétien-Dion met
      en place l'arbitraire politique sous forme de droit... Il utilise, pour
      le moment, le poids légal de l'institution étatique, son autorité
      morale, pour se porter à la défense des intérêts dominants qui le
      contrôlent. L'institution parlementaire exerce le plus dangereux de ses
      pouvoirs, celui de maquiller les intérêts qu'elle sert, et de justifier
      les plomberies et le théâtre qu'elles utilisent pour les voiler. La
      «clarté», c'est là qu'il faut la chercher!


      Alors quand Dion-le-Terrible s'enflamme pour la cause canadian, quand
      il se porte à la défense des fédéralistes québécois, quand ti-Jean
      Chrétien, premier ministre du Canada, essaye d'élever son discours à
      l'intelligence moyenne, c'est pour ce Canada-là qu'il se bat. Leur
      discours doré et menaçant n'a rien de vertueux... ni d'honorable! Bien
      au contraire. Il montre jusqu'où peut aller un gouvernement sous
      influence. Et je crois bien qu'on n'a pas encore tout vu!



      Bernard Frappier
      Vigile
      14.12.99
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